10 000 litres d’horreur pure de Thomas Gunzig

Ils sont cinq : Patrice, timide et pas débrouillard, JC, beau gosse et riche, Kathy, belle à se damner et pas très maligne, Marc, équilibre et cool, et Ivana, sensible et studieuse. Cinq étudiants totalement différents mais pourtant réunis pour une virée dans un bungalow appartenant à la tente de Patrice. Au fond, tout les oppose et ils vont bel et bien s’en rendre compte au cours de ce funeste week end qu’ils vont passer ensemble.

Et en face, il y a Ed et Tina, tous deux paumés et probablement un peu dérangés. Ils aiment bien les étrangers qui viennent s’installer près de chez eux, car ils ont toujours besoin de chair fraiche.

Avec ce roman, Thomas Gunzig annonce clairement ses intentions : contribuer modestement à une sous-culture. Sous-culture du slasher, de ces films tant répandus aux années quatre-vingt dans lesquels un groupe de jeune se fait massacrer par un psychopathe sadique, un bon vieux «massacre à la tronçonneuse quoi». Modeste aussi, bien que le sens que l’auteur attachait à ce mot ne soit pas celui que l’on peut interpréter, car modeste ici pourrait aussi signifier mauvais. Le roman n’est pas à la hauteur des promesses, ou alors, il ne voulait pas contribuer au slasher mais au roman de série Z, à ces gros nanars dont on se régale en fin de semaine dans des séances pas chères et très tardives ( les absurdes séances de Nantes par exemple).

Pourtant, dès le départ, Thomas Gunzig s’étale en détail sur la parodie qu’il nous livre. Parodie, puisqu’il démonte les mécanismes de ses films de prédilections pour les reconstituer sous forme de roman. C’est d’ailleurs là le problème, à trop croire que tout est transposable à partir d’un canevas, on finit par s’égarer dans le n’importe quoi avec références à foison et dérivations censées repousser les limites du genre. N’est pas apprenti sorcier qui veut, l’auteur l’a appris à ses dépens.

Nous nous retrouvons ainsi avec cinq jeunes gens, tous étudiants qui après leurs examens de fin d’année, n’aspirent qu’à se détendre le temps d’un week end, avec drogue, sexe, alcool et farniente au programme. L’un est un beau gosse à qui tout réussit, avec la belle bagnole et la confiance en soi au top. Il est bien entendu accompagnée de la copine assortie, une idiote magnifique et prétentieuse. A côté d’eux, on trouve le couple plus stable, avec l’étudiant sérieux, cool et écolo, sa copine qui a trimé dur pour faire ses études et sortit major de sa promo. Mais ils ne seraient rien sans le gars paumé, asocial et complètement geek. Bref, les beaux, les normaux et l’imbécile. Evidemment, le tout dans un cadre bucolique, une petite maison déglinguée et quasi abandonnée au bord d’un lac pollué où plus personne ne vient depuis des lustres. Un endroit désert, des adolescents, aucun voisin à des kilomètres à la ronde, un long week end, une campagne reculée. Comme le précise l’auteur, il est de tradition dans la sous culture qu’il honore que le sang coule, que les beaux rôles soient sauvagement assassinés et que l’idiot, se découvrant des capacités extraordinaires, survive voire sauve la situation.

Or, Thomas Gunzig a l’ambition de faire un roman à la manière de, tout en détournant les codes du slasher. Ce qui se voit bien dans certaines réflexions des héros, qui sont conscients du fait que leur situation ressemble parfois à un film d’horreur. La mise en abyme est habile, d’autant que le comportement des personnages en est aussi imprégnée, puisque leur «idéal-type» de héros de film d’horreur est poussé à l’extrême, chaque type de personnage allant jusqu’à ses limites, c’est-à-dire faisant les pires bêtises attendues. De sorte que l’on a parfois l’impression de voir un film, comme dans les moments où l’on a envie de crier au héros de faire demi-tour, de ne pas faire-ci ou ça. L’imitation est bien réussie.

Mais justement, à trop vouloir imiter tout en imposant sa marque personnelle, Thomas Gunzig vire jusqu’au démentiel, à l’improbablement incroyable. L’histoire finit comme un fourre-tout, le cauchemar annoncé est celui du lecteur confronté à un drôle d’objet qu’il ne peut guère espérer déchiffrer. Les fans du genre sont habitués aux mutants radioactifs, «la colline a des yeux» ( version craven ou aja) étant un bon exemple de ce que ça peut donner. Mais dans son genre, Gunzig invente une intrigue qui finalement sort du fantastique et en devient tellement ridicule, que l’on ne peut plus réellement frissonner ni ressentir la moindre émotion pour les personnages. Les idées pourraient être bonnes, mais l’ambiance est minimaliste, ce qui réduit ses efforts à néant.

Loin d’être une contribution-hommage, 10 000 litres d’horreur pure est un pastiche sans queue ni tête. Le roman démarrait pourtant bien, et finit heureusement vite, car l’auteur, ainsi que le souligne si justement l’auteur, a voulu en faire trop : trop de gore, trop de situations prévisibles, trop ridicule…trop mauvais.

Ils sont cinq : Patrice, timide et pas débrouillard, JC, beau gosse et riche, Kathy, belle à se damner et pas très maligne, Marc, équilibre et cool, et Ivana, sensible et studieuse. Cinq étudiants totalement différents mais pourtant réunis pour une virée dans un bungalow appartenant à la tente de Patrice. Au fond, tout les oppose et ils vont bel et bien s’en rendre compte au cours de ce funeste week end qu’ils vont passer ensemble.

Et en face, il y a Ed et Tina, tous deux paumés et probablement un peu dérangés. Ils aiment bien les étrangers qui viennent s’installer près de chez eux, car ils ont toujours besoin de chair fraiche.

Cinq étudiants partent en week-end dans un chalet perdu au bord d’un lac pour se détendre après leurs examens. A la nuit tombée, ils aperçoivent une ombre qui les observe en lisière de la forêt. Le cauchemar va commencer.
Au Diable Vauvert (2007)241 pages 15.00 € ISBN : 2846261456 (Ined)
Couverture : Blanquet

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