118 heures avant la fin de Pierre Gévart

Sommaire :
– Souriez vous êtes filmé
– Situation désespérée
– L’archiviste
– Hors saison
– Relégation relative
– Le prix de l’or
– La promenade
– Premier contact, hélas
– 118 heures avant la fin
– Corps diplomatique
– Merde, ils ont bougé
– Patrimoine naturel
– Joe

Un recueil très court et très décevant. En effet, les qualités de Pierre Gévart comme nouvellistes sont vantées dans le quatrième de couverture, mais n’ont en fait rien d’exceptionnelles. Il n’est pas mauvais loin de là, mais n’a rien de comparable avec d’autres auteurs éminemment plus habiles dans l’art délicat de la nouvelle. Bon, il est vrai que Pierre Gévart joue, lui, dans la cour de la micro-nouvelle, beaucoup plus difficile car l’intrigue se réduit à peau de chagrin, n’empêche qu’il y a matière à déception.

Sa principale technique réside dans la nouvelle à chute, une nouvelle savamment construire, qui accumule les données tout en restant extérieure à l’action, conduisant le lecteur jusqu’à un point critique où finalement la tension atteint des sommets, et où la révélation finale vient briser le fragile édifice en donnant une toute autre interprétation au reste de la nouvelle. Malheureusement, soit la chute est éventée depuis longtemps, soit elle apparaît si illogique qu’elle en perd tout sens, qu’elle en devient même, hélas, artificielle. Heureusement, certaines nouvelles sortent du lot, notamment «Accéléré», très abstraite et difficilement compréhensible au départ mais très belle, très spirituelle. Mais elle est bien l’exception au milieu des autres.

Cependant, il faut relativiser. Le recueil est à prix très modeste, et les nouvelles sont d’un niveau largement suffisant pour justifier leur achat. Rien d’exceptionnel, on a vu beaucoup mieux sous ce mini-format, mais on ne s’ennuiera pourtant pas. D’autant que Pierre Gévart réussit à créer des situations improbables et donc intéressantes à résoudre.

La machine à voyager dans le temps a été inventée en 1956. Mais nul n’en a rien su et n’en saura rien. En ce lointain futur, retrouver des écrits du Xxème siècle non encore numérisés est en soi un événement. Et si la première rencontre avec des intelligences extraterrestres ne se passait pas du tout comme prévu ? Tenir des entrevues dans une piscine, quelle idée… Mais quand on est ambassadeur, il faut se montrer diplomate. Tout vestige du passé appartient au patrimoine, et donc à ses défenseurs. Pour les étrangers, l’or est un métal vulgaire et sans interêt, voilà qui donne des idées à certains. Passer six mois dans l’espace pour être payé un quintal d’or, qui refuserait ? Même si c’est pour revenir trois siècles plus tard. Les sondes n’avaient pas trouvé de vie sur Mars, d’où la surprise de la première expédition humaine.
Eons Futurs (2007)70 pages 4.90 € ISBN : 978-2-7544-0141-8 (Ined)

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