16 lunes de Kami Garcia et Margaret Stohl

Voici donc le nouveau poulain de Black Moon, après la saga du désir interdit (ne pas dire “Twilight, ça fait groupie du film) qui présente tout simplement une situation inversée. Cette fois, il s’agit d’un jeune homme dont le train-train va être bouleversé par l’arrivée d’une fille au charme surnaturel. Et plutôt qu’être insensible à ses pouvoirs, il sera capable de communiquer avec elle.

Nous y voilà. Gatlin, Caroline du Sud, Etats-Unis. Ethan raconte sa vie de lycéen, prisonnier à perpétuité de cette ville au plus profond du Vieux Sud, avec le ton d’un condamné. Ou alors, ce serait son quotidien qui parlerait pour lui, car celui-ci est bel et bien voué à disparaître avec l’arrivée de Lena “La nièce de ce vieux fou de Ravenwood”. La jeune fille fut jugée infréquentable dès lors qu’il fut établi qu’elle avait des liens de parenté avec la personne la plus crainte de la ville, habitant dans le plus vieux manoir et ne se montrant jamais.
Pourtant, Ethan va se sentir irrépressiblement attiré par elle, au point de lâcher l’équipe de basket, d’abandonner ses amis et se mettre à dos tous les habitants de Gatlin.Et pour cause : il rêvait d’elle avant même de la rencontrer! Sans compter cette musique étrange…
Même Lena fera tout pour l’empêcher de s’accrocher à elle, en connaissance de cause : bientôt, elle aura 16 ans.
Et comme elle n’est pas tout à fait humaine, descendant d’une lignée d’Enchanteurs, la nuit de sa seizième lune verra un tournant radical dans son avenir : Lena saura enfin si elle est vouée aux Ténèbres ou à la Lumière…
Il faut avouer que le contexte de l’histoire est particulier, tant le contexte historique (la guerre de sécession fait presque encore partie du quotidien) que géographique (le vieux sud, ce sont des croyances, des habitudes et un mode de pensée bien borné, le tout ancré solidement dans chacun des habitants). Bien heureusement, ceci est expliqué de façon à ce que n’importe quel lecteur non Américain puisse saisir tout l’enjeu de cet héritage.
Un point qui m’a vraiment, vraiment plu, c’est le soin des auteurs à décrire un sport national, j’ai nommé le cheerleading, de façon telle qu’il en devient intéressant pour les pauvres français empoisonnés par le mythe de la pompom girl blonde à gros seins. Le cheerleading, c’est un sport, un vrai!
Lors des moments d’actions, les phrases sont courtes, percutantes, elles traduisent la nervosité d’Ethan, le narrateur dans la majeure partie du bouquin. Il n’en faut pas moins pour plaire à un jeune! Nous autres n’aimont pas les paragraphes avec une majuscule et un point, car notre cerveau atrophié par les jeux vidéos s’égare… Et bien sûr, c’est encore mieux quand le héros souffre. Il faut qu’il ait un quotidien ennuyeux, puis soit catapulté dans des événements étranges répondant à notre soif d’aventures loin de la grisaille des murs et des pots d’échappement. Il faut qu’il aime à en mourir, pour faire soupirer les jeunes filles n’ayant pas trouvé leur prince charmant, mais il ne faut pas qu’il en meure. Sinon, la vie n’en vaudrait plus la peine!
En bref, ce livre répond totalement au besoins actuels du lectorat 15-25 ans.
Mais…
Oui, il y a un “mais”.
Un cheveu sur la soupe. Un point qui me chatouille le cerveau. Un truc qui cloche, quoi.
Cela me désole de le noter, croyez-moi…mais être critique, c’est être un peu impartial. J’ai aimé ce premier tome, je me dois donc de signaler ce détail affligeant.

Tout le livre est basé sur une erreur! Un mois lunaire compte 28 jours, ce qui fait que la seizième lune ne correspond pas du tout au seizième anniversaire de Luna! Et il n’est mentionné nulle part que chez les Enchanteurs, on ne compte pas en mois solaires…une année, pour moi, est une année solaire!

J’ai longtemps rêvé de cette fille. Elle apparaissait dans un cauchemar où, malgré tous mes efforts, elle tombait sans que je puisse la sauver. Je me savais lié à elle d’une façon particulière. Et puis un jour, elle est arrivée en chair et en os au lycée de Gatlin, notre petite bourgade du Sud des Etats-Unis. Elle était belle et mystérieuse.
Si j’avais su qu’en même temps que cette fille surgirait aussi une malédiction… J’étais éperdument amoureux, mais cet amour était perdu d’avance.
L’Amour est-il plus fort que le destin ?

Hachette Jeunesse Black Moon (6 janvier 2010)635 pages 18.00 € ISBN : 9782012018228
Traduction : Luc Rigoureau
Titre Original : Beautiful Creatures (2010)

Couverture : Frédérique Deviller

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