1984 de Georges Orwell

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Le monde, en 1984, est divisé en trois superpuissances constamment en guerre : l’Océania, l’Estasia et l’Eurasia.

C’est dans ce contexte que Winston Smith, employé au Ministère de la Vérité, passe ses journées à corriger tous les anciens journaux et publications afin de calquer les anciennes prévisions sur les résultats actuels, et de faire croire à la population que l’Océania a toujours été en guerre soit contre l’Estasia, soit contre l’Eurasia.

En effet, le Parti, et à sa tête Big Brother, entend démontrer son sens de l’anticipation ainsi que son suivi d’une ligne de conduite ferme. La population est maintenue dans un état d’ignorance, de peur et de vénération du régime, aux fins de supporter avec abnégation les difficiles conditions de vie qui sont les siennes.

Winston, de par son travail, est conscient que tout n’est qu’entière supercherie, et un jour, il se met à coucher ses idées sur le papier. Mais en Océania, surveillé par la Police de la Pensée, par des caméras et micros infiltrés jusque dans son domicile, et même par ses propres enfants, l’individu n’a pas le droit d’avoir des idées autres que celles dictées par le Parti. Des mots sont éradiqués de la langue officielle, le ” novlangue “, empêchant ainsi toute transgression de la pensée unique puisque l’on ne sait plus comment l’exprimer. Les esprits sont lavés et les gens ont inconsciemment appris à stopper d’eux même toute pensée contraire à celles imposées par le régime, via le processus dénommé ” arrêt du crime “.

Cette histoire est celle d’une prise de conscience, celle d’un modeste employé du Parti, que rien pourtant ne prédisposait à oser défier le pouvoir en place, c’est aussi une ode à la liberté d’expression et une histoire d’amour dont le régime aura raison.

Sandrine : Cinq ans après la fin de la seconde guerre mondiale, dans le contexte politique que l’on connaît, Georges Orwell, militant de gauche opposé à la dictature soviétique, prend Staline pour modèle et nous livre une critique sombre et pessimiste du totalitarisme. ” 1984 ” en dévoile les rouages les plus sordides : le culte d’un chef (” Big Brother “), la répression policière (la ” Police de la Pensée ” ), l’embrigadement de la jeunesse (les ” Espions “, la “Ligue anti-sexe des Juniors”), le culte de la haine (” la semaine de la haine “) et la lutte contre un ennemi commun (” Emmanuel Goldstein “, incarnation de Trotsky), la surveillance constante et la suppression des libertés individuelles (le ” telecran “), le lavage de cerveaux et la manipulation de la vérité (” double pensée “, “arrêt du crime “). Le régime décrit se différencialise pourtant des dictatures du passé en évacuant leur principal problème: la présence de martyrs. Ici, les opposants font l’objet d’une rééducation psychologique avant d’être erradiqués et leur passé effacé; ils deviennent des ” non-êtres “, ils n’ont jamais existé…

La division idéologique du monde telle qu’Orwell nous la présente est donc bien celle de la guerre froide : Russie (Eurasia), Chine (Estasia) et Occident (Oceania). Mais la critique va au delà de celle du seul modèle soviétique et égratigne également les régimes soit-disant démocratiques.

A la lecture du roman et de la description de l’écrasement par la Société de l’individu, passivement consentant, il se dégage un profond sentiment de malaise, le monde décrit est gris, uniforme, sans espoir.

Orwell nous livre ainsi un roman psychologique prenant et extrêmement bien documenté, ainsi qu’une vision fataliste du monde tel qu’il est, selon lui, amené à évoluer.

Léa : Si vous avez aimé 1984, le combat d’un Monsieur Toutlemonde pris dans les rouages d’une société totalitaire et décadente, regardez le film “Brazil” de Terry Gilliam, qui illustre de très belle façon le livre d’Orwell.

Jacques : Bouquin incontournable. Toujours d’actualité maheureusement, une dénonciation majeure de la dictature politique quel que soit son nom.

De tous les carrefours importants, le visage à la moustache noire vous fixait du regard. Il y en avait un sur le mur d’en face. Big Brother vous regarde, répétait la légende, tandis que le regard des yeux noirs pénétrait les yeux de Winston… Au loin, un hélicoptère glissa entre les toits, plana un moment, telle une mouche bleue, puis repartit comme une flèche, dans un vol courbe. C’était une patrouille qui venait mettre le nez aux fenêtres des gens. Mais les patrouilles n’avaient pas d’importance. Seule comptait la Police de la Pensée.
Folio (Novembre 1972)438 pages 6.40 € ISBN : 2-070-36822-X
Traduction : Aurélie Audiberti

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