À la pointe de l’épée de Ellen Kushner

A la pointe de l’épée n’est pas la première parution du titre puisque la première édition date de 2008 aux éditions Calmann-Levy. Mais les éditions ActuSF ne se contentent pas de publier à nouveau les aventures à Bords-d’Eaux de Richard Saint-Vière car sont intégrées aussi les nouvelles de l’univers mais surtout quelques lettres qui permettront de faire du liant entre les différentes parties de cette forme d’intégrale, et ce de façon tout à fait inédite.

Et s’il vous fallait une preuve supplémentaire de la qualité de l’écrit, sachez que la préface est de Stéphanie Nicot.

Mais qui est Richard Saint-Vière ? Il est avant toute chose l’un des meilleurs spadassins des Bords-d’Eaux, dans une société où les bretteurs sont utilisés à toute sorte d’usage et notamment pour aider les nobles à régler ldes dissensions qui pourraient exister entre eux. Pour devenir le meilleur dans son domaine, nous avons pu suivre au travers de deux nouvelles (Nouvelle 1 et Nouvelle 2).

La première va nous permettre de découvrir la jeunesse de Richard et de comprendre qu’un certain nombre d’éléments familiaux peuvent expliquer les problèmes qu’il pourra rencontrer plus tard. C’est aussi l’occasion d’en apprendre plus sur son apprentissage et sur ces premiers émois. La seconde axe plus sur son arrivée dans “la ville” et sur les choix qu’il fera.

Un certain nombre de thèmes, en plus de la qualité stylistique du récit (dont la traduction est de Patrick Marcel), permettent de trouver un intérêt indéniable. Un des thèmes abordé, et rendu générique par l’incapacité que nous avons à situer la ville de l’action, est cette lutte des classes avec d’un côté les riches, de l’autre les pauvres et entre les deux, cette classe, forme de bourgeoisie, qui est utilisée par les nobles pour régler leurs comptes.

Nous verrons aussi beaucoup de sujets politiques avec les trahisons habituelles qui émaillent cette vie publique, et la facilité à trouver des coupables. Et à la manœuvre de ces trahisons et retournements de vestes, une femme : la Duchesse de Trémontaine.

Un fait qui va probablement dérouter certains lecteurs : notre bretteur vedette est bisexuel et vit sa vie avec un jeune homme, Alec, qui a tout du sale gosse. Alors, on se dit avec cette homosexualité affichée de Richard que cela pèsera dans le récit… En fait non. Pourquoi ? Peut-être parce qu’Ellen a fait le choix que ce fait ne soit qu’un fait et non une revendication. Du coup, c’est très agréable de ce dire que c’est normal et de ne pas avoir focalisé une partie de l’histoire autour de ce thème.

Un récit qui n’est, contrairement à ce que j’ai pu lire ici et là, pas un roman de capes et d’épées. Bien sûr, vous trouverez des combats mais ce n’est pas le cœur de l’histoire et la plaisanterie sur la fantasy de mœurs me semble finalement bien coller à ce que contient ce récit.

En tous les cas, vous aurez bientôt la possibilité de lire une double interview, celle d’Ellen Kushner mais aussi celle de son traducteur Patrick Marcel.

ActuSF (Octobre 2019) – 441 pages – 24,90€ – 9782366294798
Traduction : Patrick Marcel (Etats-Unis)

Richard Saint-Vière est le meilleur duelliste des Bords-d’Eaux. Cela n’empêche pas le bretteur de se retrouver entraîné avec Alec, son amant, dans les intrigues des nobles de la Colline. L’honneur sera-t-il suffisant pour les déjouer ? Avec ses joutes d’escrime aussi bien que verbales, À la pointe de l’épée – un mélodrame de mœurs revient dans une édition augmentée de nouvelles (dont certaines inédites en français), mais aussi de textes en exclusivité mondiale : les lettres d’Octavia Saint-Vière.

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