Aftagolia de Elisa Fortune

Aftagolia fait partie de cette catégorie heureusement peu répandue de livres qui, non seulement son mauvais, mais en plus essayent d’abuser de lecteurs crédules par des arguments fallacieux. On se rappelle encore du cas Eragon : un auteur adolescent, un roman de fantasy, un succès colossal, des doutes sur la véritable identité de l’auteur pour un roman parfois très mature. Et bien ici, aucun doute, Elisa Fortune est bel et bien, malheureusement pour elle, l’auteur de ce brouillon indigeste. Jeune elle l’est, mais capable d’écrire un roman, on a de quoi en douter…

Une histoire éventée et sans aucune originalité, où on retrouve le manichéisme dans un monde magique existant en même temps que le nôtre, mais dans une autre dimension. Les parents de Aftagolia, dieux d’un autre monde, sont assassinés par une prétendante rivale, alors que leur fille vient de naître, et pour la sauver, elle qui est le seul espoir de son peuple, les vassaux de ses parents décident de la cacher chez les hommes. Quelques subtilités cependant avec des quiproquos mal fagotés et des moments d’hilarité, mais plus envers la maladresse de l’histoire que grâce aux personnages.

Et pour faire simple, frappons fort. Aftagolia est une histoire oui, mais pas un récit. Le style de l’auteur est finalement très épuré : “un tel a fait ça, tel autre fait ça, etc”. Je caricature un peu, mais en gros, c’est ça. Aucune narration, aucune description des actions et péripéties des personnages, tout est rapporté, jamais vécu. Evidemment, l’impression d’une diégèse figée est forte. Aucune vie, aucun mouvement, que du passé, presque du conte, mais sans le brio du conteur alors. On me dira qu’on peut rapporter l’histoire de la sorte, mais ici c’est systématique, il n’y a quasiment que ça. Ce qui rend encore plus difficile de s’attacher à des personnages déjà fragilisés par leur aspect archétypal.

Autre point négatif, qui résonne comme un atout dans la bouche de l’éditeur, “le foisonnement de son imagination”. Oui, ça foisonne, mais plus encore, ça pullule, ça envahit, ça pollue !! Multiplication des noms, des lieux, des peuples, le tout en un temps réduit sans véritable description digne de ce nom, ni temps pour assimiler. Des données brutes mal transmises au lecteur, forcément qu’on ne va pas les retenir. Le tout est creux, sans âme, puisqu’on a un nom, mais aucune réalité tangible auquel le rattacher. Par exemple, il est souvent fait mention d’objets de facture elfe, mais quand voit on un elfe ? Jamais, on ne sait même rien d’eux, ils existent oui, mais
après ? Là, il aurait mieux valu se débarrasser d’un cliché encombrant de la fantasy en attribuant ces objets à une des races que l’auteur
avait imaginées, elle aurait valorisé son imaginaire au lieu d’enfoncer son texte en voulant le rattacher à une tradition tellement usée qu’elle en perd de son sens.

Et pour aller plus loin, j’en parlais au début, le monde d’aftagolia est proche, voire coexiste avec notre monde, et ça ne marche pas. Au fond,
ça fait ressembler l’ensemble à un mauvais clone de Arthur et les minimoys, quelque chose dans le genre. C’est avec des cas comme celui-là
que se dessine la pauvreté réelle de l’audace et de l’imagination de l’auteur. Peur d’aller voir ailleurs, de sortir des sentiers battus en construisant un monde secondaire qui, toute proportions gardées, aurait pu être sympathique. Mais évidemment, cela aurait exigé des descriptions, des récits, des fables, toutes choses que l’auteur s’est révélé incapable de faire tout au long de son récit.

En conclusion, ce livre est bien mauvais, rempli d’incohérences, d’imprécision, mais surtout manquant terriblement d’une âme, d’une véritable trame narrative, puisqu’on ne nous offre qu’un rapport sur les faits et gestes des héros, sans vraiment penser à leurs conséquences, leur réalisme, etc. Et pourtant, le potentiel est là, car le roman est vraiment court, probablement pas plus de 30 000 mots, et aurait pu donc facilement être doublé. Hélas, à trop vouloir user d’un marketing hypocrite sur l’âge de l’auteur, on en oublie bien vite que l’histoire prime sur la personnalité de l’auteur pour juger in fine
la qualité d’une oeuvre.

près la mort de son père, le Dieu Leaf, et pour échapper aux griffes de la maléfique Déesse Luna, la jeune princesse Aftagolia est confiée à la garde d’une nourrice du monde des Humains, Dame Gilda.

Adolescente, il lui revient alors la charge d’arracher son monde à l’emprise du Mal.

Pour ce faire, elle doit entreprendre une quête périlleuse, fertile en rencontres étranges et fabuleux rebondissements.

Dans cette aventure, l’assistance du jeune et valeureux Qlorel lui sera d’un précieux secours….
Les 3 orangers (2008)140p pages 10.00 € ISBN : 9782912883728 (inéd)
Couverture : Géraldine Pernin

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