Aigles d

Wang 2

Suite un peu sans mystère du premier volume, toujours sans passion réelle.
Peu de surprises agrémentent ce second volume. Après avoir planté le décor dans Les Portes d’Occident, le texte se déroule tranquillement. On baigne dans un sentiment de sécurité, qui fait que le héros survie toujours à la fin malgré le sang et la sueur, et que les peripéties paraissent un peu tièdes (“même pas peur”). Wang pourait traverser un champ de bataille bombardé de missiles thermo-nucléaire, il s’en sortirait toujours. Il saigne et souffre, mais on ne vibre pas avec lui. Ce personnage continu à me sembler totalement creux, et ses amours avec Lhassa n’y changent rien.

La facilité avec laquelle la ruche albigeoise donne à Wang tous les moyens de s’en sortir est étrange. J’accepte de croire au concours de circonstance, ou à l’Elu, qui arrive à un moment donné, et pas à un autre. Il ne faut cependant pas que l’Elu passe très (trop) rapidement pour un pion. Les ruches ne semblent avoir besoin que de “petites mains”, alors pourquoi Wang plutôt qu’un autre ? Parce qu’il applique le Tao de la Survie de Grand Maman Li ? Quand les ruches sont capables de guider Wang dans chacun de ses gestes, tout autre humain aurait pu faire office de héros.

Wang utilise toujours la même tactique d’approche / conversion / destruction de l’ennemi. C’est répétitif et devient exaspérant. La seule capacité exceptionnelle de Wang est de savoir se faire passer pour qui il n’est pas.

Pierre Bordage semble préférer les “chapitres des révélations” et les cours accélerés de géopolitique au lieu de construire son ambiance, de laisser le contexte transpirer et envelopper les personnages. C’est un choix. Pas forcément mon préféré.

Les bonnes idées qui donnent de la densité à l’univers, le REM, cette civilisation occidentale qui meurt et dégénére sans s’en apperçevoir, ne sont jamais qu’un décor. Le héros traverse tout cela sans le moindre étonnement, sans paraître jamais découvrir, sans être heurté par la différence. Cette connaissance et cette acceptation semblent couler de source, et peuvent être confortables pour beaucoup de lecteur.

Le roman est truffé d’idées excellentes, mais il est desservit par un héros vide et une intrigue qui manque cruellement de ressort.

2214. Le monde est divisé par le REM, un rideau électromagnétique infranchissable. A l’Ouest, des nantis qui ont fait de leur espace un havre de pais et de prospérité. De l’autre côté, des peuples bafoués, des esclaves que l’on importe pour satisfaire les aspirations ludiques des Occidentaux en mal de sensation
Car les immigrés, en devenant les soldat des Jeux Uchroniques – les guerres fictives qui reconstituent les conflits passés – ne sont plus que des morts en sursis. Et leur seul espoir reposeque Wang, leur capitaire de champ, qui veut profiter des Jeux pour être le germe du chaos et réaliser son impossible pari : faire tomber le REM.
Mais n’est-il pas lui-même un pion manipulé par le réseau cladestin des “ruches” ?

J’ai Lu SF (1999)450 pages 7.00 € ISBN : 2-290-31129-4 Réédition

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