Artefact de Dantec

Deux tours américaines fracassées par le ciel. Une mystérieuse valise violette dans les mains d’un homme libre. Un tueur impitoyable prétendant être le frère du Diable diffuse en direct ses propres crimes sous les yeux du monde entier… Trois fictions encore plus vraies que la vérité, trois fictions qui n’en font qu’une seule, où vous descendrez vous-même les escaliers de la tour nord du World Trade Center dans les hurlements des aciers vaporisés. Une Trinité où vous ouvrirez vous-même la valise violette à la recherche de votre futur. Une dualité où vous laisserez vous-même le Diable pénétrer douloureusement votre corps. Vous n’avez pas fini d’en apprendre sur vous-mêmes.

Dantec ne laisse pas indifférent, cet auteur atypique attire autant les louanges que les foudres, ces récits du rare noirceur ayant le don de désorienter le lecteur le plus chevronné. Artefact ne fait pas exception, si bien que tout avis un tantinet objectif est à proscrire. Chroniquer cet oeuvre est tout sauf évident car Dantec touche autant le sublime que le grotesque. Il est autant capable de nous captiver que de nous ennuyer à mourir. Commençons par l’essentiel: Artefact n’est pas un roman mais le récit de trois mini roman où chaque thème cher à Dantec sont présent:
Le premier, «vers le nord du ciel» entre dans la catégorie du roman de science fiction, avec un clin d’oeil sur «la sirène rouge», son premier roman. Un extraterrestre sauve une fillette de l’effondrement du World Trade Center puis prit d’affection pour elle, décide de l’adopter. S’en suit une course poursuite entre lui et les agents du FBI.
Le deuxième, «Artefact» s’inscrit dans le roman philosophique et représente une réflexion sur le processus de l’écriture.
Le troisième, «le monde de ce prince» évoque «les racines du mal», où un tueur psychopathe rivalise d’imagination et de perversité, même un blasé du genre devrait y trouver son compte.
Le style est inégal, on peut y trouver pléthore de répétitions et d’anaphores. Cependant, l’auteur a écrit quelques scènes de trop haut niveau, comme par exemple l’évasion du World Trade Center où sa description aussi sensitive que technique nous transporte instantanément sur les lieux de la catastrophe.
Artefact ne révolutionne donc pas le parcours littéraire de Dantec. Ses détracteurs continueront à le détester tandis que ses admirateurs ne seront pas déçu. Pour ceux qui ne le connaisse pas, il s’agit d’une bonne introduction à son univers.


Albin Michel (2008)556 pages 21.00 € ISBN : 2226179755 (2008)

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