Au-del

Des milliards d’années ont passé depuis notre ère, la galaxie a déjà effectué plusieurs révolutions sur elle même, et le monde que nous avons connu est révolu. L’Histoire de l’Homme est devenu si riche, que même la Bibliothèque de la Vie, l’institution chargée de protéger les Archives de l’Humanité, n’en contient que des fragments épars. L’espèce humaine s’est divisé en des milliers de variantes volontaires ou non, qui sont parties à l’assaut des étoiles, se sont enfermées sur leur planète natale, ont rapidement disparu, ont voulu modifier l’univers, ont vécu. Mais à l’époque qui nous intéresse, il ne reste plus que les Supras et les Ur-Humains. Les premiers sont une des formes les plus abouties de l’évolution humaine, concentrant la force, l’intelligence, l’endurance, l’adaptation, une sorte de perfection en somme. Au contraire, les seconds sont des Originaux, la formes la plus ancienne d’homme qui a pu être archivée dans la bibliothèque de la vie. Pas l’homo sapiens lui même, mais ce qui s’en rapproche le plus, moyennant quelques modifications morphologiques mineures. Pour l’instant, les Hommes ne vivent plus que dans le système solaire, et ont renoncé à l’exploration de l’univers. Car après être restés enfermé dans leurs cités et avoir laissé la garde de leur monde à des bots, Les Supras ont découvert uneTerre déserte, vidée de son eau et de sa vie. C’est donc un long et pénible travail de terraformation qui occupe leurs esprits pour le moment. Et pour les aider, ils ont ressucité les Originaux. Cley est l’une d’eux.
Elle n’est qu’une adolescente, qui essaye de grandir, de découvrir le monde. Depuis son enfance, elle essaye en vain de découvrir qui sont ses parents, mais les méta-familles originales n’ont pas pour coutume de laisser les enfants avec leurs parents. Alors, trimballée de mère en mère, elle grapille quelques informations jusqu’à ce qu’une mère plus compatissante lui révèle que son père a quitté la vallée des Originaux quand elle avait 3 ans. Plustard, Cley devient assistante à la bibliothèque de la vie, où elle trouve son travail de recherche passionnant. Elle y rencontre Kusari, un supra dont elle tombe amoureuse. Mais son bonheur n’est que de courte durée, car la bibliothèque est attaquée. Son amant meurt sous ses yeux, et elle doit s’enfuir pour sauver sa vie. Autour d’elles, de mystérieuses vagues de lumière tombent du ciel et détruisent bâtiments, supras, originaux. Elle se reveille en pleine forêt, et découvre auprès d’elle un procyon, une espèce hybride douée de l’intelligence, de la parole, et de pouces opposables. Leprocyon, traqueur, l’a soigné pendant son inconscience et se présente sous le nom de Traqueur. Peu après, ils sont découverts par Rin, le chef des Supras qui cherchait des survivants originaux. Il lui apprend qu’elle est désormais la dernière des Originales, car les archives de la vie ont été détruites. En vérité, l’objectif de cette attaque surprise n’était pas vraiment les archives…mais les Originaux, et ils ne savent pas pourquoi.


Quel ennui, je me suis rarement autant ennuyé avec un livre de SF. Pourtant, ce n’est pas un auteur lambda qui sort son premier bouquin. Il s’agit quand même de Gregory Benford, un auteur plus que célèbre, très récompensé, qui a même écrit une suite à Fondation. Mais non, ça ne passe pas,le livre n’est qu’une longue et monotone suite d’idées originales, mais mal agencées.
Car de l’originalité, il n’en manque pas. Benford invente ici un bestiaire très étendu, riche et bien décrit, mais à la limite de l’exubérance par l’ampleur que ses créations prennent dans l’histoire, une importance qui n’est pas toujours justifiée. Nous prendrons l’exemple du balancier stellaire, décrit en détail sur une vingtaine de pages…pour un rôle qui ne va pas plus loin. Et ça continue tout le long du roman, rien que la table des matières ressemble un peu à une typologie des idées de Benford. Ses créatures s’intègrent mal dans l’histoire, car finalement trop complexes à appréhender
Benford a écrit de la bonne Hard Sf, mais il est tombé dans un de ses travers, qui consiste à écrire pour un public diplômé en sciences physiques ou en mathématique. J’ai du lire certains chapitres en diagonales tant les théories énoncées étaient ardues, certaines étant très récentes et réservées à un cercle restreint de connaisseurs. Je n’ai pas trop compris ce qu’il disait, et à vrai dire, il n’a rien fait pour nous y aider. Pire encore, certains de ses exposés tels ceux sur le Quagmaou sur la quatrième dimension ne servent à rien vu leur ponctualité dans le déroulement des évènements. Benford pérore, étale sa science mais ne nous fait rien vivre. Le côté fiction est presque absent face au poids écrasant de la science.
Et une deuxième lecture n’arrangerait probablement rien, on s’ennuye tellement à la première; que l’on n’aurait même plus l’excuse de l’histoire pour se forcer à continuer. A éviter, sauf pour se torturer les neurones. ( et non les stimuler comme le dit l’éditeur)


Cley est une Originale, une représentante génétiquement pure de la très ancienne race des Ur-humains.
Comme les autres membres de sa tribu, elle vit dans la forêt et espère passer ses quelques siècles d’existence à travailler dans la grande Bibliothèque de la Vie.
Mais d’étranges formes de vie transdimensionnelles détruisent la Bibliothèque et tuent tous les Originaux de la Terre. A l’exception de Cley. Ces êtres belliqueux attaquent également les Supras, une autre espèce hautement évoluée. Ceux-ci se retrouvent dans l’incapacité de récupérer les connaissances accumulées par les hommes au fil des millénaires et les archives d’ADN perdues dans les ruines de la Bibliothèque. Tout comme ils ne peuvent protéger Cley…
Obligée de fuir pour survivre, elle devra s’aventurer au-delà des mondes connus…

Avec ce roman, dans la lignée des explorations les plus osées du grand Arthur C. Clarke, avec qui il a longtemps collaboré, Gregory Benford, grand nom de la science-fiction classique, explore de nouveaux concepts dans un foisonnement d’idées passionnant, qui entraîne le lecteur dans des abîmes vertigineux.
Un livre formidablement stimulant pour les neurones!

Presses de la cité (2007)420 pages 22.50 € ISBN : 978-2-258-06690
Traduction : Thierry Arson
Titre Original : Beyond infinity (2004)

Couverture : Leptosome

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