La Balle du néant de Roland C. Wagner

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Les Futurs mystères de Paris  1

A l’aube du vingt et unième siècle, une étrange maladie s’est répandue à travers le monde : elle ne rendait pas les individus malades, elle les rendait socialement invisibles. Inexorablement, ils disparaissaient des fichiers, leurs cartes d’identité s’effaçaient, leurs amis les oubliaient. Un processus qui aboutit avec la grande terreur, dont on ne sait rien, sauf qu’elle s’est produite en 2013. Suite à cela, ces gens furent appelés les millénaristes, eux mêmes se définissant comme la troisième tribu. Mais il y eut plus étrange, car leurs enfants naquirent dotés de talents parapsychiques tels que la télépathie, la télékinésie ou la transparence. Tem est un de ces transparents,c’est à dire que les gens ont tendance à l’oublier s’il ne se manifeste pas à eux, un oubli qui va jusqu’à son nom, ou sa simple existence. Un talent contraignant, mais pratique, surtout quand on est détective privé…

Un scientifique a été tué dans sa chambre, alors qu’elle était hermétiquement close. Sa veuve contacte Tem et le charge d’élucider ce mystère sur lequel bute la police, ou du moins ce qu’il en reste. Il se rend au CRES, le laboratoire où travaillait la victime, et obtient un rendez vous avec le sous-directeur, qui semble vouloir lui confier quelque chose. Quand il arrive au rendez vous, Tem retrouve son contact pendu, après un suicide semble-t-il. Sauf qu’il n’est pas le seul à décéder mystérieusement, et les morts s’accumulent autour du scientifique, et même un brocanteur ami de Tem y passe. Que pouvaient ils bien savoir à propos du meurtre ?

(Le volume lu contenait aussi le Tome 2, les ravisseurs quantiques, la chronique porte donc sur les deux tomes)

La balle du néant et les Ravisseurs quantiques sont les deux premiers tomes des Futurs mystères de Paris, c’est à dire un hommage ( ou une parodie, je vous laisse seul juge) d’une série elle même un hommage à une série qui n’était elle aussi qu’un hommage à une autre série. ( pour être simple, il y a eu quatre séries sur les mystères de Paris…). Néanmoins, celle-ci est clairement dans la filiation de celle de Léo Mallet, l’auteur de Nestor Burma, le modèle policier de Tem !

Avec ces deux oeuvres, Roland Wagner initie donc un cycle qui se veut populaire, ne serait ce que par sa filiation, mais aussi un mélange explosif entre le roman policier et la science-fiction. La chambre close est ainsi un sujet maintes fois raconté dans la littérature policière, mais le mystère associé atteint une nouvelle dimension quand on apprend quelle est la clé de l’énigme. Car indubitablement, l’explication ne peut relever que de la science fiction, là est la nouveauté. Le monde dans lequel évolue Tem a été conçu à la hauteur des ambitions de son auteur, car c’est un monde qui lui permet une infinité de choses, tout est possible, le rêve de Nestor Burma est la routine de Tem, sauf en ce qui concerne la technologie d’investigation, domaine où Roland Wagner se montre plus que raisonnable puisqu’il se limite…aux capacités de raisonnement de son héros !!

Plus encore que le premier tome, Les Ravisseurs quantiques explore des sujets chers à l’auteur. Car on a pu le constater à de nombreuses reprises, tout ce qui a trait à la physique quantique, à la loi des probabilités, à l’hypothèse de Schrödinger, etc se retrouve dans le reste de l’oeuvre de Roland Wagner. Tel est le cas de L;G;M, qui, bien que postérieur, est un exemple typique de ce est presque une obsession : l’idée que tout est possible, que la vérité est équivoque, un questionnement quasi-dickien en somme. Ce qui est ici évident avec cette histoire de monde parallèle, qui confine à l’uchronie, voire au délire né d’un cauchemar psychotrope. Tout est possible quand votre compagnon de route est un drogué, votre cible une jeune fille paumée et votre ennemi un gourou manipulateur d’esprit. Le lecteurn est alors plongé dans un abîme de perplexité, où il lui devient impossible de discerner la vérité du mensonge, la réalité de l’illusion. Ce qui était certain le chapitre précédent devient une hérésie au chapitre d’après, les héros sont en proie à un questionnement existentiel intense qui cache l’essentiel de la question, c’est à dire le ridicule de la situation, ridicule risible et pourtant si sérieux. On a envie de rire, l’histoire est drôle, mais on reste desespérément de marbre, et ce paradoxalement, en s’amusant.

Paris 2063.
Son nom est Temple Sacré de l’Aube Radieuse, mais vous pouvez l’appeler Tem. détective privé atypique, doté du talent de transparence, qui lui permet de passer inaperçu, il promène sa nonchalance et son borsalino vert fluo dans un monde futur d’où guerre et violence ont – presque – disparu. Qu’il enquête sur un meurtre en chambre close ( la balle du néant) ou sur une secte dont les adeptes perdent leurs électrons (les ravisseurs quantiques), c’est toujours avec bonne humeur et une inébranlable foi dans l’avenir.

(1996)
Couverture : Marc Mosnier
Fleuve noir 1998428p pages
QuatrièmeParis 2063.
Son nom est Temple Sacré de l’Aube Radieuse, mais vous pouvez l’appeler Tem. détective privé atypique, doté du talent de transparence, qui lui permet de passer inaperçu, il promène sa nonchalance et son borsalino vert fluo dans un monde futur d’où guerre et violence ont – presque – disparu. Qu’il enquête sur un meurtre en chambre close ( la balle du néant) ou sur une secte dont les adeptes perdent leurs électrons (les ravisseurs quantiques), c’est toujours avec bonne humeur et une inébranlable foi dans l’avenir.

 

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