Biblioth

La Bibliothèque est une oeuvre monumentale, un projet fou né dans un atelier d’écriture dirigé par Alfred Boudry, qui a donné comme thème d’écrire des histoires sur une île perdue, qui allait devenir la nomédie. Trois conditions : pas de rite, pas de ruines et pas de récit rapporté. ( c’est à dire que le narrateur devait avoir vécu les évènements).Des dizaines de textes ont été écris, et le présent ouvrage est une sélection des meilleurs.

Entre l’Atlantide, Mu, Ys, Avalon, la Crête, Thulé et R’lyeh, ( liste non exhaustive), l’ascendance mythologique de ce type d’île dite disparue, voire égarée, était assuré. Car on parle là d’une île qui est entrée dans la légende. Aucun récit de voyage n’en parle réellement, pourtant c’est dans les non dits que l’on repère son existence. Sa présence justifie des dizaines de voyages inexplicables jusqu’à alors, ainsi que de nombreuses disparitions. Mais cette île, au mystère si bien gardé, est supposé pouvoir disparaître ou du moins se dissimuler aux yeux des voyageurs. Comment expliquer sinon la survivance pendant tant de siècles d’un tel paradis ? Pas de passé, pas de véritable société, rien de figé, un monde en mouvement perpétuel, la nomédie est un concept en elle même.

Et à travers des articles scientifiques, des récits de voyage, des romans ( et des uchronies !), les gaillards d’avant essaye d’écrire, c’est à dire de figer sur le papier, ce qui par nature est mobile. Autant dire que les textes se contredisent entre eux, qu’on assiste à un beau capharnaüm, où rien n’est sûr, et surtout pas l’existence de la Nomédie. Et c’est ça qui est génial, au lieu de se contenter d’un banal récit utopique ( ou dystopique évidemment), de décrire un monde supposément parfait, les Gaillards d’avant mettent en scène un lieu unique, car chaque jour nouveau. Aucun schéma classique ne peut s’y appliquer, puisque l’innovation y est perpétuelle. Le concept rattrape l’oeuvre, qui ne peut faire moins et entend s’adapter à cette idée peu banale.

Bref, c’est tout simplement génial, même si parfois un peu longuet ( les textes les plus longs en taille ne sont pas forcément les plus ennuyeux). Mais que ce soit dans les textes romanesques ou scientifiques, on ne s’ennuie pas. A lire absolument.

Vous avez entre les mains la compilation de plusieurs années de recherche. Car – et c’est le plus terrible – maintenant que les réseaux informatiques fonctionnent de nouveau après deux années d’interruption brutale, il a fallu se rendre à l’évidence : la Nomédie n’est plus là.
Les quelques missions d’exploration du programme international “Nomédie revisitée” ont conclu que le continent mythique était de nouveau égaré. Certains cherchent n’hésitent pas à dire que cette perte n’est pas la première et que, depuis la nuit des temps, la masse continentale de la Nomédie ne cesse de se montrer puis de disparaître au centre du Pacifique. C’est là un des mystères les plus profond que connait l’espèce humaine depuis qu’elle sait écrire.
Les textes que vous allez lire sont donc de longueur et de sujet variables. Comme il n’était pas possible de les classer par thèmes, ceux-ci se recoupant souvent, nous les faisant figuer par ordre chronologique en commençant par le plus récent. Cette plongée virtuelle dans le passé sera, nous le souhaitons, propice au but que nous souhaitons atteindre. Car, qui sait? Peut être qu’en refermant ces pages il suffira au lecteur inspiré de sortir de chez lui pour se retrouver quelque part en plein coeur de la Nomédie.

Le comité de rédaction de la Bibliothèque Nomédienne, 15 juillet 2028
L’Atalante La Dentelle du cygne (2008)630 pages 25.00 € ISBN : 978-2-84172-443-7 (Ined)
Couverture : Lola Luna

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