Camelot de Fabrice Colin

Parce qu’ils ont échoué à la première session de leur diplôme de fin d’études, Nathan, David, Eric et Mathis sont condamnés à passer tout l’été à réviser à Saint James, un pensionnat prestigieux pour garçons. Des semaines entières passées à travailler alors que leurs amis sont en vacances, une existence toute entière tournée vers les pupitres et les livres de cours. Jusqu’à ce qu’arrive un soir Arthur, qui dort dans sa propre chambre quand tous sont en dortoir et qui est respecté par le directeur lui-même. Arthur qui se montre laconique, insultant presque, ne recherchant la compagnie de personne, rabrouant ceux qui s’y essayent, toujours prêt à révéler la faille chez ses interlocuteurs. Solitaire par choix, il fascine ses camarades, Nathan tout particulièrement.

Soudain, David se montre violent et se venge de Seymour, un garçon qui l’embêtait depuis des mois et le provoquait. Puis c’est au tour de Eric, insulté par son prof d’histoire, il le fait chanter devant toute la classe pour que celui-ci présente des excuses publiques. Enfin, Mathis s’enfuit une nuit entière et n’est retrouvé que le lendemain matin, après avoir erré dans la campagne. Tous trois ont agi après une remarque cinglante de Arthur, tous trois après avoir fait leurs preuves sont admis par Arthur dans ses mystérieuses promenades nocturnes. Et, brusquement, ils s’éloignent de Nathan, lui préférant la compagnie d’Arthur, brisant la franche amitié qui les liait il y a peu encore. Alors Nathan décide de voir de quoi il retourne.

Ce faisant, il ne sait pas qu’il va s’engager dans un drame familial où les obsessions de chacun vont créer un univers imaginaire dans lequel chacun pourra espérer trouver son Graal, car comme son illustre homonyme, Arthur a recréé les chevaliers de la table ronde. Nathan sera Perceval, celui qui trouvera le Graal sans jamais l’avoir cherché ni avoir cru à son existence…

La légende du roi Arthur, probablement la plus utilisée des auteurs du monde entier depuis des centaines d’années. On ne compte plus les chants, les poèmes, les romans, les essais, tous les textes qui lui ont été consacrée ou qui s’en sont inspirés. On pourrait même dire qu’il y a saturation, car il n’y a pas que le roi Arthur comme source d’inspiration possible. En voyant ce roman jeunesse de Fabrice Colin intitulé Camelot, il serait tentant de croire que ce dernier s’est contenté de suivre la voie ouverte avant lui par des centaines d’auteurs. Ce en quoi nous nous tromperions lourdement.

En effet cette légende, et tout ce qui l’accompagne : Graal, chevaliers de la table ronde, n’est que le prétexte à ce qu’on pourrait appeler, suivant en cela la probable volonté de Fabrice Colin, un roman de pensionnat dans la droite lignée des Disparus de St Agil ou Du Grand Meaulnes. Un roman où la geste arthurienne ne servirait qu’à catalyser toutes les passions adolescentes, toutes les peurs et les sensations propres à ce moment singulier où l’on passe de l’enfance à l’âge adulte, ici symbolisé par cet été sans fin où ces adolescents sont condamnés à travailler dur pour espérer réussir leur diplôme, avatar moderne du rite de passage. Et émulations et trahisons sont les corollaires incontournables de ce rite, pour lequel des amis vont se fâcher, des inimitiés se dessiner, des rebéllions s’établir. L’itinéraire des passions de l’âge adulte se dessine déjà, seul semble lui manquer, en apparence seulement, l’amour.

Dans un style étonnant, très précis, très scrupuleux dans son ébauche des caractères de chacun, où aucune phrase n’est de trop, l’auteur essayant de faire court – le format de la collection oblige – là où il aimerait s’étendre, nous découvrons l’histoire de cet été si particulier pour ces cinq lycéens. Et c’est peut-être d’ailleurs là où le bat blesse, car suivre cinq personnages, bien que trois soient de second plan, sur seulement 200 pages, est bien trop. Eric, David et Mathis, trop vite présentés, pas assez différenciés, se confondent très vite, et on ne sait plus guère qui est qui, alors que leur rôle est crucial dans l’histoire qui se joue. Le problème est clairement le manque de place, chaque personnage semblait exercer une poussée pour s’imposer, pour se mettre en avant quand seuls Nathan et Arthur pouvaient prétendre aux feux de la rampe. S’ensuit une grande confusion qui, sans nuire à la compréhension globale, rend plus laborieuse le déchiffrage de l’univers dans son ensemble.

Néanmoins, ne boudons pas notre plaisir. Ce court roman jeunesse propose une réflexion intéressante sur les affres de l’adolescences, sans jamais sombrer dans l’atermoiement, mais toujours en posant la question du point de vue, du regard que l’on peut poser sur les visions d’autrui. De ce côté là, grâce justement à ce petit air de roman picaresque, l’exercice est parfaitement réussi, et le roman se révèle au final une bonne surprise malgré les appréhensions à priori.

Parce qu’ils ont échoué à la première session de leur diplôme de fin d’études, Nathan, David, Eric et Mathis sont condamnés à passer tout l’été à réviser à Saint James, un pensionnat prestigieux pour garçons. Des semaines entières passées à travailler alors que leurs amis sont en vacances, une existence toute entière tournée vers les pupitres et les livres de cours. Jusqu’à ce qu’arrive un soir Arthur, qui dort dans sa propre chambre quand tous sont en dortoir et qui est respecté par le directeur lui-même. Arthur qui se montre laconique, insultant presque, ne recherchant la compagnie de personne, rabrouant ceux qui s’y essayent, toujours prêt à révéler la faille chez ses interlocuteurs. Solitaire par choix, il fascine ses camarades, Nathan tout particulièrement.

Soudain, David se montre violent et se venge de Seymour, un garçon qui l’embêtait depuis des mois et le provoquait. Puis c’est au tour de Eric, insulté par son prof d’histoire, il le fait chanter devant toute la classe pour que celui-ci présente des excuses publiques. Enfin, Mathis s’enfuit une nuit entière et n’est retrouvé que le lendemain matin, après avoir erré dans la campagne. Tous trois ont agi après une remarque cinglante de Arthur, tous trois après avoir fait leurs preuves sont admis par Arthur dans ses mystérieuses promenades nocturnes. Et, brusquement, ils s’éloignent de Nathan, lui préférant la compagnie d’Arthur, brisant la franche amitié qui les liait il y a peu encore. Alors Nathan décide de voir de quoi il retourne.

Ce faisant, il ne sait pas qu’il va s’engager dans un drame familial où les obsessions de chacun vont créer un univers imaginaire dans lequel chacun pourra espérer trouver son Graal, car comme son illustre homonyme, Arthur a recréé les chevaliers de la table ronde. Nathan sera Perceval, celui qui trouvera le Graal sans jamais l’avoir cherché ni avoir cru à son existence…

Institut Saint-James de B… Nathan a 17 ans. Il doit passer l’été à préparer son diplôme de fin d’études dans cet établissement prestigieux réservé à quelques privilégiés. Avec Eric, David et Mathis, ils forment un groupe d’amis fidèles et solidaires, dans cet univers de garçons où les rivalités sont parfois violentes. Un soir arrive un nouvel élève : Arthur. Il exerce une fascination troublante sur chacun. Bientôt, les trois amis de Nathan disparaissent des nuits entières, sans qu’ils ne puissent rien savoir de leurs escapades nocturnes. C’est avec Arthur qu’ils partent, Nathan en est persuadé. Il décide d’aller lui parler. Arthur lui propose alors de devenir à son tour un chevalier de la Table ronde.
Seuil Karactère(s) (2007)200 pages 9.50 € ISBN : 9782020963923 (Ined)
Couverture : Manuel Aranjo

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *