Carm

“Je ne suis pas une mamie respectable. Je ne porte ni chignon, ni blouse grise. Les recettes de cuisine ne m’intéressent pas. Les mots croisés m’ennuient. La collection Harlequin m’inspire des odeurs de vomis.”

Carmelia est un petit studio placé sous les toits d’une vieille batisse. Elle arrive, comme par ailleurs d’autres de ses petits camarades, à influencer l’humeur de ses locataires, les incitant pour sa part à abandonner la vie.
L’arrivée de Gilles va ramener de la vie dans le studio et Carmélia pourrait se faire surprendre par son nouveau locataire.

Je vais commencer par parler de la couverture puisqu’elle correspond tout à fait à un grand débat sur l’influence de la couverture dans le choix du livre sur le forum : la couverture est simple mais bien concue et avec un petit côté ancien… Bref, bon choix.
Ensuite le récit en lui-même… Gérald réussit l’exploit de nous raconter son récit au travers de Carmélia qui est, rappelons-le, un studio. Cela se traduit par une absence totale de dialogue, ce qui pourrait paraître déstabilisant à première vue (ou lecture plutôt) mais qui se révèle au final vital pour le texte rendant le déroulement des faits plus clinique, plus froid.
Le style de l’auteur reste classique et j’ai eu l’impression de lire un “vieux” roman (style Edgar Poe).
Tout est en place pour vous faire passer un effroyable moment en compagnie des locataires et des appartements d’un bâtiment qu’on ne veut surtout pas connaitre.
Une fois que vous aurez lu ce livre, vous ne regarderez plus de la même façon votre habitation et prendrez beaucoup plus garde aux petits tracas quotidiens : trou dans la toiture, robinet qui goutte et autre.
Le vrai tour de force de Gérald est d’avoir réussi à nous rendre voyeur d’un grand drame…

Carmelia est un petit studio placé sous les toits d’une vieille batisse. Elle arrive, comme par ailleurs d’autres de ses petits camarades, à influencer l’humeur de ses locataires, les incitant pour sa part à abandonner la vie.
L’arrivée de Gilles va ramener de la vie dans le studio et Carmélia pourrait se faire surprendre par son nouveau locataire.

Je me nomme Carmélia. Ma vieillesse n’entame pas mon appétit de vivre, au contraire. C’est là le drame de mes hôtes. Je dis “drame” par condescendance, presque par gentillesse. J’ai parfois la fantaisie de me placer du point de vue des humains. Cet enfantillage me distrait. Il ravive le souvenir de mon premier crime. J’en ai commis plusieurs, surtout ces deux dernières décennies. Que voulez-vous, je suis vieille, alors je me répète.
Le Chat Rouge 226 pages 15.00 € ISBN : 2951819013

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