Ce que disent les nuages de Lorris Murail

Il aurait été incapable d’indiquer combien de temps s’était écoulé entre sa chute et le moment où il avait rouvert les yeux. Des heures, peut-être, mais peut-être une fraction de seconde. Rien au fond n’était certain, sauf la chose la plus incroyable entre toutes : sur la margelle du puits était assise une créature nimbée de lumière.
Fasciné par son beau visage au sourire infiniment doux, Colin ne remarqua pas tout de suite le détail révélateur entre tous. Attachés aux épaules et lui dissimulant à demi les bras, elle avait deux ailes d’or pâle..

Dans un futur où l’eau est devenue le centre de toutes les attentions du fait de sa rareté, la guerre se généralise de façon à pouvoir prendre le contrôle de cet indispensable élément. De nombreux pays sont touchés et rien n’est épargné aux populations qui doivent se rationner. Toute la gestion de l’eau est géré par Murphy, un multi-milliardaire aux multiples entreprises : eau, informatique mais aussi armement et communication.
Pourtant, Murphy est inquiet sur le futur et cherche un moyen de percer les mystères les plus enfouis. C’est ainsi qu’il apprendra l’existence de Colin, petit garçon de 12 ans qui semblent pouvoir entendre la voix des anges.
Persuadé qu’il tient là la réponse à toutes ses questions, il l’emmène en Patagonie où des écoutes ont permis d’entendre d’étranges voix dans l’espoir que Colin, qui est certainement un « radar » détecteur de la voix des anges, puisse mieux « entendre ».
Il ajoutera à sa propre présence celle de Béatrice, jeune femme au caractère bien trempé qui aurait voulu être professeur des écoles, et Kantor, un ancien prêtre, ancien professeur au savoir immense.

Ce que disent les nuages est le premier roman de la collection ArchiMaginaire, nouvelle collection à destination des jeunes de l’éditeur Archipel.
Ce premier titre nous présente la lutte du bien contre le mal, les anges contre les démons au travers d’un jeune garçon, Colin, qui semble être la clef pour accéder à l’Eden, le fameux jardin originel d’une partie des croyants. L’histoire est plutôt sympathique mais me gêne énormément dans le contexte actuel : en effet, nous voyons apparaître un relent de créationnisme bien génant, et bien que je ne veuille pas dévoiler toute l’intrigue (bien que cette partie-là me semble totalement décorélé du reste de l’histoire), le parti pris est de dire que tous les os retrouvés (dinosaures notamment) ont été positionnés par les démons pour « contrecarrer » l’Œuvre de Dieu et notamment que les hommes ne croient plus en la création du monde en 7 jours…
Cette thèse n’est à aucun moment invalidé par le cours de l’action et il est à mon sens dangereux étant donné la période actuelle de le présenter à un jeune public … ou alors en indiquant bien qu’il ne s’agit que d’un roman.
Néanmoins, il ne faut pas oublier que l’élément déclencheur de tous ces maux qui accablent la Terre, et cela ne fait aucun doute et n’est jamais remis en cause, c’est l’activité humaine qui a entraîné une raréfaction de l’élément le plus indispensable à tous : l’eau.
Il faudra donc essayer de concentrer notre attention sur l’aspect « écologique » du roman et non sur l’aspect polémique lié au créationnisme.

Colin a été choisi comme messager. Du secret qu’il détient pourrait bien dépendre l’avenir d’une planète qui court à sa perte : la Terre. A moins qu’un maléfique adversaire ne cherche à en profiter pour son propre salut.
L’Archipel Archimaginaire (Mai 2009)ISBN : 9782809801538 Couverture : Guylaine Moi

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