Cette Cr

« J’espère que vus saurez nous délivrer de cette crédille qui nous ronge ! Vus n’en avez pas parlé, tcas. Nageriezvus tujûrs en aveugle ? »

Quartz B est envoyé sur Océan pour protéger l’Ambassadeur de la Terre, envoyé tout spécialement pour régler un contentieux entre Végétares et amateurs de vraieviande.
Malheureusement, à son réveil, Quartz B. apprendra le décès de l’Ambassadeur et découvrira par le même coup son nouveau bras artificiel.
Devenu le seul représentant de la Terre, il deviendra de fait l’arbitre et finalement le décideur de la fin de cette animosité qui ne demande qu’à s’étendre…

Allan : Ce petit roman de Roland C. Wagner nous amène dans un futur où la terre se nourrit de viande artificielle et a colonisé un certain nombre de planète dont Océan, un havre paisible où nul prédateur ne sévit.
Roland arrive à insuffler une réelle existence à Océan et ce malgré la brieveté du roman ; les traits des personnages ne sont pas très développés, ce qui se comprend, centrant de ce fait sur le duel entre les végétariens et les amateurs de vraie viande, sachant néanmoins que la rupture n’est pas aussi nette qu’on pourrait le penser.
Le ton est léger, et j’ai passé un très bon moment à essayer de comprendre toutes les implications de ce duel fratricide…

Orcusnf : La publication de ce court roman chez Actusf est l’occasion de (re)découvrir sous une version améliorée la première incursion de Roland C.Wagner dans le space opéra. une occasion bien loin de n’être qu’historique, puisque déjà se profile l’ombre de l’auteur du Chant du cosmos.

Néanmoins, si on devait vraiment établir des similitudes et des liens d’intertextualité avec un autre texte, il faudrait aller les chercher plutôt du côté du Temps du voyage. Jugez par vous même : un représentant de la terre envoyé en mission sur une colonie lointaine confronté à un problème menaçant sa stabilité, voyage toujours très long, le héros est donc déraciné de son époque et le sait, ce qui influe toujours sur son comportement. Les similitudes sont très fortes, et de là à dire que Quartz B a inspiré le personnage de Ab Skhy, il y a un pas que pourtant, je ne suis pas prêt à franchir !

Ce qui fait vraiment la particularité de ce livre, c’est la force avec laquelle il est imprégnée des convictions politiques de son auteur, une imprégnation qu’on ne retrouvera plus que diffuse dans ses oeuvres ultérieures. Ici, Roland C. Wagner bénéficie encore d’une certaine fougue, d’un idéalisme qui, bien loin de nous rebuter, rend peut être indulgent sur le livre. Végatarisme, pacifisme, cohabitation pacifique avec la faune et la flore, adaptation de l’homme à cet espace et non le contraire, conséquences négatives du pouvoir administratif, tout autant de topos typiquement Wagneriens qui trouvent ici un exutoire particulièrement fort. Car c’est à partir de tout ça que l’auteur réussit l’exploit de concocter un roman intense, qui avec des éléments de polar, nous rapproche de Quartz B. dans sa quête de vérité et de conciliation.

Assurément pas le meilleur de ses romans, Cette Crédille qui nous ronge reste néanmoins une oeuvre qu’il serait dommage d’ignorer, d’autant que l’on a droit en couverture à une magnifique couverture de Caza ( en même temps, ses couvertures sont toujours magnifiques…).

Une planète : Océan.
Un conflit : Celui qui oppose les colons végétariens aux colons carnivores.
Un homme : Quartz B, garde du corps qui a perdu son client, l’ambassadeur de la Terre, et qui va devoir reprendre le flambeau d’une délicate mission.
Le problème : Non conformiste, aussi diplomate qu’un catcheur mexicain, Quartz B. saura-t-il apaiser les tensions afin d’éviter que ne dégénère le conflit entre les amateurs de vraieviande et les végétares ?

« J’espère que vus saurez nous délivrer de cette crédille qui nous ronge ! Vus n’en avez pas parlé, tcas. Nageriezvus tujûrs en aveugle ? »
Les Trois Souhaits (Juin 2008)133 pages 9.00 € ISBN : 9782917689035 Couverture : Philippe Caza

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