Chronique du Soupir de Mathieu Gaborit

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Avec “Chronique du Soupir“, tout commence par une sublime couverture de Didier Graffet, une couverture sombre et onirique où une fée enfermée dans une cage en forme de coeur, tisse d’étranges filaments comme une toile d’araignée. Le décor est posé, l’univers créé par Mathieu Gaborit dans ce titre est très particulier mais plein de poésie ; et il le décrit bien mieux que moi :

 “Il connaît l’histoire. Il sait que jadis, les Lignes-Vies rayonnaient depuis la Fée primordiale et s’élançaient à travers l’espace pour relier chaque étoile à sa Fée primordiale dans une toile cosmique. Les Verticales vibraient aussi à une échelle insondable avant que les hommes, une fois leurs temples construits, ne tentent de les contrôler. La Fée primordiale avait pardonné et s’était mutilée. Elle avait coupé les Verticales et cautérisé ses plaies en élevant ses filles au statut de Hautes-Fées afin qu’elles fondent l’horizon, une perspective incarnée par les Lignes-Vies.

Cerne a lu d’innombrables récits qui content la naissance du nouveau monde après la Rupture, ce moment où les Fées se sont substituées aux coeurs des hommes pour les sauver et réinventer l’architecture de la magie.”

Et il y a de la magie dans ce monde, ce sont les fées dans les coeurs de certains hommes (nains et elfes sont des ‘hommes’) qui leur confèrent plus ou moins de pouvoir magique. Ces pouvoirs se manifestent sous forme de souffles. Un point très intéressant et très amusant je trouve puisque ceux qui possèdent une fée dans leur coeur sont capables d’échanger avec elle.  C’est dans cet incroyable univers qu’évolue Lilas, une naine, devenue ‘veuve’ depuis que son mari Frêne s’est ‘ancré’. Elle tient l’auberge du Sycomore et comble ses nuits solitaires auprès d’Errence, une jeune elfe. C’est une femme d’âge mûr, une héroïne surprenante et puissante. Dans la routine de ses jours, Lilas se pose de nombreuses questions mais c’est un sentiment simple qui prendra le dessus quand son fils, ayant enlevé une des filles de la Haute Fée, recquerra sa protection. C’est d’amour qu’il est question dans ce titre : l’amour d’une femme, l’amour d’une amante et l’amour d’une mère, avec toute sa puissance.

J’ai plongé très progressivement dans ce titre, qui m’a paru à la fois enchanteur et sombre. J’ai mis un temps certain à comprendre les implications de chaque personnage mais je me suis malgré tout sentie portée, comme en voyage dans une contrée lointaine où je laissais les lieux se dessiner sous mes yeux et les personnages m’accompagner. J’ai aimé rencontré des sirènes, des nains et des elfes. L’intrigue est finalement simple mais porteuse d’un joli message… d’ailleurs je pense que pour bien saisir ce dernier, une seconde lecture ne sera pas de trop. J’ai beaucoup apprécié la simplicité et l’imperfection de l’héroïne. J’ai aimé qu’elle soit mère et qu’elle ait déjà de nombreuses années derrière elle. Elle porte beaucoup de sagesse en elle et, en même temps, on sent bien que chaque évènement lui enseigne un peu plus. Enfin, j’ai aimé sentir que l’univers de ce titre était développé. On se rend bien compte qu’il est riche et travaillé, les personnages ont chacun leur histoire, les lieux ont une histoire mais ces histoires ne sont qu’évoquées ou sous-entendues ; de quoi attiser la curiosité finalement. Je serais heureuse de lire d’autres récits dans ce même monde.

Pour conclure, j’ai l’impression d’en dire peu sur “Chronique du Soupir“, peut-être parce que c’est un titre qui est aussi simple que complexe. Simple dans son aventure, simple dans ses personnages ; mais extrêmement complexe dans son univers. C’est une lecture que j’ai apprécié pour ce qu’elle représente, pour son univers qui mène loin, très loin de tout ce qui est connu, pour son héroïne et pour sa poésie. Ce n’est pas un coup de coeur mais je pense me souvenir longtemps de ce titre plein de poésie. Je vous le conseille vivement si vous souhaitez découvrir une autre fantasy (^-^)

Le Pré aux Clercs (8 septembre 2011) – 300 pages – 19€ – ISBN : 9782842283940

Couverture : Didier Graffet

Lilas, une naine flamboyante, a choisi, depuis la disparition de Frêne, son époux, de prendre sa retraite de Chef de la garde du palais de la Haute Fée pour ouvrir une auberge au bord de la mer, à l’endroit même ou Frêne s’est “ancré” pour l’éternité. Entourée de quelques amis et d’Errence, un elfe qui est aussi son amant, elle mène une existence un peu trop paisible à son goût.
   Alors qu’elle s’interroge avec angoisse sur son devenir, son fils Saule, pourchassé par un groupe de miliciens au service de la Haute Fée, fait irruption dans l’auberge. Il serre dans ses bras une fillette de 10 ans, Brune, qui est à l’agonie.
Après quelques heures d’hésitation, et bien que pressentant l’immense danger qui émane de façon indiscible de la personnalité de Brune, Lilas décide de les protéger envers et contre tous. 

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