Confessions d

Paris, 1899. L’Ether est l’énergie qui a fait faire un bond de géant à l’industrie. Elle a permis de créer des véhicules volants qui parcourent les cieux du monde entier ainsi que toutes sortes d’inventions fabuleuses. L’une d’elles sont les automates, des robots au service des hommes.

À Paris, cette année-là, se tient l’Exposition Universelle. C’est dans une ambiance de fête et de lumière que Margo, comédienne, interprète talentueuse de Juliette, dans Roméo et Juliette, et son frère, Théo, psychiatre atypique, ne suivant pas la pensée médicale du moment, se retrouvent pris dans une étrange affaire.
Une ex-maîtresse de Margo a été assassinée de façon mystérieuse. Un robot serait mêlé à l’affaire. Cela intéresse Théo, qui travaille plus particulièrement sur les effets secondaires de l’Ether sur l’homme.

Du steampunk. Je vais m’essayer à une définition la plus simple possible. Vous prenez une ambiance 1800/1900, et vous chamboulez tout à coup de progrès technologiques en avance sur leur temps, de pouvoirs mentaux, de fantastique pourquoi pas, mais toujours en gardant l’ambiance de ces années. C’est de l’uchronie, mais spécifique. Je ferai bientôt le résumé de Pandemonium de Johan Heliot, un hommage à Vidocq, et qui se passe en 1832, mêlant histoire et fantastique.

Bon, maintenant, notre automate drogué. En fait, c’est un polar. Mais bon, les polars, on peut les situer à n’importe quelle époque, dans n’importe quel genre  .

Comme j’apprécie beaucoup l’uchronie (d’ailleurs si quelqu’un pouvait me vendre les Aventures uchroniques d’Oswald Bastable de Michael Moorcock, chez Opta, je suis preneur ayant fait la bêtise de le prêter  ), cette lecture fut un plaisir. L’écriture est vraiment sympathique, et l’on se sent tour à tour portant un haut-de-forme, médecin en psychiatrie des débuts (a-t-elle progressé ?), volant au-dessus d’un Paris aussi effrayant que magnifique… robot perdu dans les méandres de l’esprit humain.
L’intrigue tient la route, même si le côté descriptif de l époque est très présent… ce qui est peut-être le plus important dans ce genre de livre. Mais pas de panique, ce n’est pas du Zola 😉 . On essaie de faire la différence entre ce qui pourrait être historiquement réel et ce qui est du ressort de l’uchronie. Ce qui n’empêche donc pas une enquête rythmée, avec des personnages aux contrastes bien marquée, entre Margo et Théo, par exemple. Et diverses réflexions philosophiques sur la pensée humaine.

Je n’ai pas été assez connaisseur, ou fin lecteur, pour voir où chaque écrivain a laissé sa patte personnelle. Ou bien, ils ont parfaitement réussi à former un gestalt (pour les « non initiés », une entité unique faite de plusieurs entités… enfin j’espère 😉 ).

À savourer, donc.


Le serpent à plume Motifs (2003)425 pages 8.00 € ISBN : 2-842-61418-6 Couverture : Karen Petrossian, Olivier Mazaud, Bernard Perchey
Réédition 1999

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