Coulez mes larmes dit le policier de Philip K.Dick

Lorsque Jason Taverner se réveille, tout le monde l’a oublié. Il n’a plus aucun papier d’identité et personne ne se rappelle de qui il est. Or, comme le manque de papier suffit à vous conduire dans un camp de travail, il décide de s’en faire fabriquer.

Il demande au propriétaire de l’hôtel où il s’est réveillé, de le conduire chez un faussaire. Contre 500$, il y arrive. Kathy, une jeune femme de 20 ans les lui fabrique. Ils sont si bons que même la police n’y verra que du feu.

Mais le propriétaire de l’hôtel est un indic que Jason soudoie avec 500 autres dollars. Kathy aussi est une indic, mais nymphomane. La faire taire pourrait être plus facile.

Mais la police l’a déja reperé.

Texte atypique de Dick. D’abord consideré comme mineur, il a retrouvé son rang avec sa publication tardive dans Ailleurs et Demain. Par ailleurs, sa 1ere publication française avait été particulière, puisque le texte avait été coupé ou augmenté selon les chapitres. Et ce, à l’insu du traducteur!! Scénario typiquement dickien s’il en est un.

En tout cas, ce livre nous livre (sic) une nouvelle vision du monde selon Dick. Toujours aussi bizzare, fou, déformé, le monde pivote autour de nouveaux axes et ne tourne pas vraiment rond.

Jason Taverner a été oublié de tous du jour au lendemain et, ce qui est pis encore, se retrouve sans papier et abandonné dans les bas quartiers. Mais, bizzaremment, il a toujours son argent sur lui. Il n’a donc pas eu affaire à des voleurs.

D’un côté, il est coupable de s’être acheté des faux papiers. Mais est ce un crime si la Police ne retrouve aucune trace de lui, comme s’il n’avait jamais existé. Et s’il se rajoutait dans la base de donnée de l’Etat justement? serait ce encore un crime?

Mais le pire est encore à venir, car l’explication vient! En effet, la vie de Jason serait une illusion provoquée par une nouvelle drogue. Et donc, les êtres humains ne seraient que des automates dont le rôle est détourné pour agir selon la volonté de Jason. Il ne serait donc ni six, ni vedette, mais un drogué paumé. Mais Alys, son dealer, est elle donc un personnage de Jason ou la marionettiste qui dirige Jason? A moins que les personnages ne soient mutuellement pantins et marionettistes?

En tout cas, action bien rythmée et suspense haletant. Le texte n’est plus totalement sf, mais ce n’est pas pour nous déplaire.

Ceci est l’histoire d’un homme qui ne disparut pas mais dont l’identité s’évanouit sans laisser de traces. La veille encore, il était Jason Taverner, producteur de télévision respecté, chanteur à ses heures et idole d’au moins trente millions de téléspectateurs.

Mais lorsqu’il s’éveilla dans cette chambre sordide , il semble être le seul être humain au monde à savoir qui était – qui avait été – Jason Taverner. Ses amis, ses collaborateurs, et même Heather, sa maîtresse et complice de toujours, affirment ne jamais l’avoir rencontré.

Une situation embarrassante dans un monde où les campus sont assiégés depuis vingt ans et où le défaut de papiers d’identité suffit à vous envoyer au bagne. Mais il était un Six. Ses gènes étaient spéciaux. II avait des nerfs d’acier. Et si le monde entier avait basculé dans la folie ou dans l’absurde, il allait le remettre à l’endroit. Sous l’oeil blasé du policier sentimental
Robert Laffont Ailleurs et demain (1985)255 pages ISBN : 2-221-04246-8
Traduction : Michel Deutsch et Isabelle Delord
Titre Original : Flow my tears the policeman said (1974)

Doubleday 1974

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