Coup d’état de Valérie Simon

La reine des esprits – Tome 1

Dans ce récit, premier volume de La Reine des Esprits, Valérie Simon nous fait plonger dans la politique de l’empire des Rauthans. Si la paix semble être en place, nous voyons très rapidement que trois grandes forces sont en branle et se positionne dans un équilibre très précaire…

Sous le commandement d’une empereur relativement mou, les Aristas restent soudés et nous sentons très vite que la direction de cet empire n’est finalement que très peu à la main de Dvorak Prim. Cet empire politique et militaire dépend énormément d’un de ses royaumes, celui d’Alsybeen, dirigé par Soth Shoddam. En effet, ce n’est que dans ce royaume que peut être produite le Réalah-chaad qui permet la domination militaire de l’Empire. Cette puissance économique fait de l’ombre à l’Empire, bien que lui remplissant les caisses et attire toutes les convoitises.

Et entre les deux (mais pas que), nous trouvons un pouvoir “féminin” si nous pouvons dire ainsi avec l’ordre des Denaia, sous matronage de Mircea Karach Wee. Cet ordre forme des femmes à exploiter tous leurs talents pour contrôler les faibles hommes qui ne savent plus où donner de la tête. Conspiratrice et cherchant à s’approprier tous les pouvoirs, les femmes ici de cet ordre agissent sans aucun scrupule et sans aucun état d’âme.

La princesse Alia, fille de Soth Shoddam et héritière d’Alsybeen, est de retour en son pays après avoir été confiée pendant plus de 10 ans à l’ordre des Denaia, consécutivement à la mort de sa mère, elle même issue de l’ordre. En colère contre ce père qui l’a envoyé loin de lui, sans lui donner de nouvelles, la jeune femme a une revanche à prendre. Son arrivée est remarquée, et, à peine arrivée, elle est victime d’une tentative de meurtre. Sauvé par son ami d’enfance, Meker devenu soldat, la jeune femme comprendra très rapidement que la concubine de son père, aussi issue de l’ordre, est à l’origine de cette attaque.

De l’autre côté, le jeune Haslet, fils de l’Empereur fait preuve d’une maturité politique étonnante et cherche à contrer les manigances de Mircea…

Avec beaucoup de précision, Valérie Simon nous décrit un monde régit par un ensemble de groupes de pression et des manigances qui laissent présager des déroulés de scénarios intéressants. Dès les premiers pages, nous comprenons que le point central de ces manigances est donc cet ordre. Ce qui est intéressant est de voir que l’autrice semble penser que cette soif de pouvoir n’est pas inhérente aux hommes même si finalement, elle cantonne en premier abord la puissance des femmes dans leur maîtrise de leur corps et de leur sensualité… ou dans la faiblesse de leur vis-à-vis.

Le récit fonce, nous présentant avec patience un monde complexe, emprunt de trahisons, de manipulations et de courage. Peut-être certains pourront être gênés par certains aspects de l’histoire, notamment sur la romance entre Meker et la Princesse Alia sur fond d’impossibilité sociale. Reste que le personnage le plus surprenant reste pour moi le jeune Haslet.

Un cycle donc qui commence sur de bonnes bases pour construire un univers complexe et pour lequel, fatalement, nous attendons beaucoup du deuxième volume 😉

Naos (Février 2019) – 449 pages – 16,90€ – 9782366299649
Couverture : Benjamin “Zariel” Chaignon

Après plusieurs années d’exil, la princesse Alia est de retour dans son palais où l’attend son père. Les retrouvailles s’annoncent explosives. L’adolescente est furieuse contre lui. Pourquoi, après la mort de sa mère, l’a-t-il envoyée encore enfant loin de sa seule famille chez les Initiées du Denaia, un ordre de femmes puissantes et influentes dans le royaume d’Alsybeen ? Victime d’une tentative meurtre dès son arrivée, elle doit en plus lutter pour sa vie. Qui lui en veut ? Et est-ce que tout cela aurait à voir avec le Cristal, cette précieuse source d’énergie détenue par son royaume ?

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