Cugel l

Cugel essaye tant bien que mal d’écouler sa camelote cabalistique à base d’amulettes grossières, mais il ne réussit pas à attirer les clients, à cause notamment de la féroce concurrence de son voisin Fianosther, dont les produits sont de bien meilleure facture, et authentiques qui plus est. Voyant son insuccès, ce dernier propose à son malheureux rival de l’aider à se réapprovisionner en cambriolant le castel de Iucounu le Rieur, magicien collectionneur éclairé d’artefacts tous plus précieux les uns que les autres. Mais, fatalement, Cugel se fait attraper par le magicien qui décide de jouer avec lui avant de lui laisser une chance de se rattraper de son crime : il devra ramener des lentilles divines tombées dans le Nord. Une quête qui se promet longue et difficile, mais il doit bien payer pour son crime.
Il est ainsi emmené de force par un démon jusqu’aux terres boréales où sont censées être les lentilles. Par le plus grand des hasards, il se trouve que toutes les lentilles ont été réunies dans un même village, où ses habitants sont devenus des dieux, car ces lentilles ont le pouvoir de transformer la réalité la plus sordide en un paradis indescriptible. Cugel devra user de toute sa ruse pour réussir à s’en emparer. Ce qui, une fois fait, ne sera que le début de ses aventures, puisqu’il devra commencer le voyage retour vers Iuconnu, qui, pour l’y encourager, a placé un parasite à l’intérieur de Cugel, la bête lui rappelant constamment quel est la route à tenir.


ORCUSNF
Cinq textes de Cugel l’astucieux, un héros digne héritier de ceux de Howard. Aventurier sans foi ni loi, abusant de la crédulité des uns, piochant dans sa ruse et ses talents pour se sortir des pires situations, il sait aussi se servir de la force quand la situation l’exige. Mais le principal recours, parfois le meilleur, est dans la fuite sans un regard en arrière. Le personnage est vraiment bien réussi, digne successeur d’un Conan ou d’un autre héros Howardien, rien ne manque, pas même la description complète à laquelle on a le droit dès les premières lignes du texte.

Les royaumes traversés sont tous différents, les compagnons retors ou naïfs, jamais semblables, jamais superficiels, les intrigues ne sont jamais aussi simples qu’elles peuvent le paraître au premier abord, et Cugel aura parfois du mal à s’en sortir, sans que jamais Vance ne tombe dans la facilité scénaristique ou un deus ex machina grossier. Le lecteur n’est pas pris pour un imbécile, l’histoire est cohérente et bien servie.

On s’attache très vite à ce héros, un peu perdu parfois, car Vance montre ici une fois de plus son grand talent pour nous emmener dans des mondes exotiques. Or, qu’y a-t-il de mieux qu’un tel héros voyageur pour exercer pleinement son talent. Cugel l’astucieux est une petite pépite inestimable, qui sait reprendre les codes traditionnels de ce genre de récit sans les parodier, en innovant de son côté pour notre plus grande joie.

ETIENNE
Peu familier de Vance, j’avoue être assez vite rebuté par les auteurs qui se sentent obligés de sortir un néologisme par phrase pour “faire imaginaire”. si je mets de côté ce point négatif dont je n’ai pu me débarasser tout au long de la lecture, j’ai effectivement apprécié l’antihéros proposé par Vance. Mais principalement car les antihéros m’amusent car j’ai eu l’impression que Vance cherchait à faire un texte drôle (mais Pratchett avec rincevent a fait bien mieux quelques années après) et plein de rebondissements mais je me suis un peu ennuyé à ce rythme trop simple : Cugel se déplace, Cugel à un problème, Cugel se sort de son problème, Cugel s’enfuit. 220 pages c’est vraiment un maximum. Je pense qu’un peu d’indulgence est dû à ce texte un peu ancien, mais ce n’est ni un chef d’oeuvre d’univers fantastique, ni un chef d’oeuvre d’aventure, juste un bon titre distrayant, à dénicher chez un bouquiniste.

Cugel, voleur sans scrupules et beau parleur, commet un jour l’erreur de vouloir dérober de précieux objets à Iucounu, le magicien rieur. Mais ce dernier, qui n’a de rieur que le nom, décide d’une punition exemplaire : Cugel se verra envoyé aux confins du monde pour y retrouver une lentille de verre violette : et pour s’assurer qu’il mènera sa mission à bien, Iucounu incruste par magie dans le ventre de l’importun une créature qui lui rendra compte de sa loyauté. Pour se sortir de ce mauvais pas, Cugel ne pourra compter que sur ses maigres réserves de courage et surtout sur son inépuisable aptitude à mentir effrontément… mais avec talent !
J’ai Lu science-fiction (1986)217 pages ISBN : 2-277-11707-2
Traduction : Paul Alpérine
Titre Original : The Overworld (1965)

Couverture : Michael Whelan
Opta 1966

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