Darwinia de Robert-Charles Wilson

En mars 1912, un évènement étrange secoue le monde… Après avoir constaté des changements dans le ciel, la planète se rend compte qu’il n’y a plus de contacts possibles avec l’Europe. Dans le doute, des bateaux qui croisaient dans les alentours se déplacent pour constater le problème mais plus d’Europe : les seuls témoignages qu’ils recueillent sont ceux de marins parlant de créatures inconnues : toute le civilisation européenne à disparu d’un coup, laissant la place à une faune et une flore inconnue…

Guilford Law est très jeune lorsque cela arrive mais il sera intrigué par ce territoire nommé Darwinie – une pointe d’ironie à l’encontre du créateur de la théorie de l’évolution des espèces – et il attendra d’être devenu photographe pour partir avec l’expédition Finch destinée à s’enfoncer au coeur des territoires darwiniens. Seulement la mission n’est pas aussi simple que prévue et après avoir réussi à trouver un guide, les morts se succèderont au sein du petit groupe et des faits étranges se produisent…

Allan :Quand j’ai lu le résumé de cette histoire, je pensais tout naturellement à un livre en rapport avec le darwiniste et bien je vous arrête tout de suite : pas du tout !!! Il s’agit bien d’une oeuvre de science-fiction et de grand talent qui plus est… Sans vous révèler le fin mot de l’histoire, je peux vous dire que nous allons de surprise en surprise et que l’histoire dépasse l’entendement. On est bien loin de la discussion sur l’évolution des espèces…

Orcusnf :Vous êtes nostalgiques des scientifiques aventuriers du monde perdu de sir conan Doyle? Ca tombe bien, nous en avons une pelletée ici. Malheureusement, ils ne sont pas très doués pour l’exploration de continents sauvages, alors au fond, il n’y aura que les non scientifiques qui y survivront!! Et c’est tant mieux, puisque ce sont eux les vrais héros du livre!! En route vers une aventure incroyable, et qui dépasse le cadre du continent opéra. ( désolé pour lé néologisme)

Par contre, nonobstant le litre, ne vous attendez pas à un débat entre les créationnistes et les darwinistes, car même s’il la question est posée dans le livre, elle n’en estpas l’objet. Il s’agit du nom du continent, ainsi baptisé par dérision par les catholiques qui ont considéré cette apparition comme un miracle, comme si l’Europe pécheresse avait été supprimée par une obscure volonté divine, à l’instar du Déluge ou de Sodome et Gomorrhe. Pas d’inquiétude donc, aucun prosélytisme ici, juste une bonne tranche d’aventure avec un synopsis un peu capillotracté.

En tout cas, principe très interessant et riche en promesses. Imaginez, 1912, c’est le Titanic, qui ne coulera pas puisqu’il a disparu comme le reste de l’europe. Mais c’est aussi 2 ans avant la guerre 14-18, elle qui fera des millions de morts à travers le monde. 1912 devient une année charnière, comme un aiguillage de train, selon qu’on appuye ou non sur le bouton, le train déraillera ou ne déraillera pas. Alors, uchronie ou dystopie, dur de se décider, mais indéniablement champ inroyable d’expérimentations pour un écrivain, et l’auteur ne s’en prive pas.

Autant vous prévenir, il y aura de l’action, des beaux sentiments, du manichéisme un peu brut mais bien pensé, des découvertes inroyables, des meurtres, une jungle sauvage, des animaux hostiles, des complots à grande échelle, et une guerre galactique. Tout ça sans bouger de la Terre. Sceptique, ouvrez le!

Darwinia ne révolutionne pas la sf, mais il secoue pas mal le dinosaure. Une idée originale, un traitement pas mauvais et plutôt dynamique, une intrigue un peu tordue comme on les aime, des héros crédibles et attachants, tout pour faire un bon roman ou…pour faire un nouveau monde.

Mars 1912, l’Europe et une partie de l’Angleterre disparaissent subitement, remplacés par un continent à la faune et à la flore non terrestres que l’on ne tarde pas à nommer la Darwinie. Pour l’enfant Guildford Law, cette tragénie n’est ni un miracle, ni une punition divine, mais plutôt une énigme que la science pourra un jour résoudre. C’est fort de cette certitude qu’il sacrifie tout pour faire partie de la première grande expédition d’exploration destinée à s’enfoncer au coeur du continent inconnu. Là, de mort violente en mort violente, tous les dangers et tous les secrets de la Darwinie lui seront révélés.
Nominé au prestigieux prix Hugo en 1999, Darwinia est une oeuvre d’une rare ambition, d’ores et déjà appelée à devenir un classique, qui nous ramène à l’époque où les savants étaient explorateurs et aventuriers.

Folio (Octobre 2003)444 pages 7.70 € ISBN : 2-070-30284-9
Traduction : Michèle Charrier
Titre Original : Darwinia (1998)

Denoël 2000

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