Défaillances Systèmes de Martha Wells

Journal d’un AssaSynth – Tome 1/4

Défaillances Systèmes est le premier volume lançant un cycle en quatre novellas. Deux autres (Schémas artificiels et Cheval de Troie) sont déjà parus, le dernier Stratégie de sortie est à paraître… Mais ces quatre novellas ne seront pas la seule incursion avec notre I.A. puisqu’un roman est aussi dans les tuyaux pour l’année prochaine et s’appellera Network Effect.

La novella a aussi été primée par le prix Nebula en 2017 et les prix Hugo, Locus et Alex en 2018 ce qui semble indiquer une certaine qualité à ce roman… et je dois avouer que j’ai particulièrement apprécié cette histoire où le libre arbitre, en l’occurrence celle d’une Unité de Sécurité (SecUnit) est centrale. Assasynth, nom qu’iel s’est lui/elle-même attribué.e, est un.e androïde qui accompagne pour le coup une équipe de scientifiques sur une planète en vue d’identifier les ressources…

La dangerosité de ce genre de mission pousse nécessairement à l’envoi de garde du corps, les SecUnits donc, en protection. L’Androïde que nous suivons a été attribué par la compagnie – organisation centrale donnant les autorisations – pour protéger quelques humains et un humain augmenté. Mais ce qu’ignore l’équipage et que nous apprenons rapidement est que notre Murderbot a réussi à s’affranchir du contrôle de la compagnie en s’auto-hackant.

Et c’est la conséquence de cette libération qui donne toute la saveur à ce récit. En effet, Assasynth peut désormais agir comme il veut et prendre des choix, qui pourraient être drastique, pour rester “libre”. Parmi ceux-ci l’annihilation de ses clients, fuite, ou autre. Sa relation aux humains est d’ailleurs particulière : là où nous sommes habitués à avoir des androïdes ou I.A. voulant à tout prix la destruction des hommes, le notre n’en a tout simplement rien à faire. Ni amical, ni inamical vis-à-vis de ses clients, il souhaite uniquement pouvoir poursuivre son existence.

Pourtant, sa mission prend une drôle de tournure lorsque des défaillances, de plus en plus nombreuses, touchent les équipements. De façon à identifier s’il en est responsable ou non, il mènera l’enquête.

Avec beaucoup d’efficacité, Martha Wells nous présente son personnage, qui est d’ailleurs le narrateur de l’aventure et nous permet de mieux l’appréhender de prendre conscience de ce qu’il ressent – ou ne ressent pas -, tout en essayant de percer ce qui pourrait être l’origine de cette multitude de défaillances. L’histoire avance intelligemment, marquant fortement l’axe narratif sur la cheffe de l’expédition et le développement de la relation entre les différents acteurs et les trois niveaux “d’humanités” : Homme, Homme augmenté, Androïdes.

Le deuxième point d’intérêt notable est aussi l’absence de genre d’Assasynth, qui semble logique vu la fonction qui lui est confiée. Je ne suis pas sûr que cette absence de genre pèse finalement sur l’histoire mais elle aura au moins le mérite de familiariser à l’utilisation d’articles tel que “iel”.

Une première novella prometteuse dans un univers où la politique méritera d’être plus détaillée… probablement dans le prochain volume !

L’Atalante (Avril 2019) – 122 pages – 10.90€ – 9782841728992
Traduction : Mathilde Montier (Etats-Unis)
Titre Original : The Murderbot diaries 1 : All systems red (2017)
Couverture : Pierre Bourgerie

J’aurais pu faire un carnage dès l’instant où j’ai piraté mon module superviseur ; en tout cas, si je n’avais pas découvert un accès au bouquet de chaînes de divertissement relayées par les satellites de la compagnie. 35 000 heures plus tard, aucun meurtre à signaler, mais, à vue de nez, un peu moins de 35 000 heures de films, de séries, de lectures, de jeux et de musique consommés. Comme impitoyable machine à tuer, on peut difficilement faire pire.

Et quand notre androïde de sécurité met au jour un complot visant à éliminer les clients qu’il est censé protéger, il ne recule ni devant le sabotage ni devant l’assassinat ; il s’interpose même face au danger, quitte à y laisser des morceaux.

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