Dimension trash présentée par Artikel Unbekannt & Julien Heylboreck

Pour ceux qui ne connaîtraient pas le genre “Trash”, il faut resituer un peu le genre. Dans les années 80, une collection a largement marqué le genre, se démarquant de l’horreur par un côté extrême dans le contenu : nous parlons bien entendu de la collection “Gore” des éditions Fleuve Noir qui a sévi de 1985 à 1989 repris par les éditions Vaugirard entre 1989 et 1990. Ne manquons pas de citer non plus les éditions Trash qui ont repris le genre de 2013 à 2016.

Cette littérature est marquée par le côté extrême, une violence emplie de sang, de sperme et de toutes sortes de fluides, avec du sexe qui lui même est violent et sans aucune limite dans la description… L’ambiance est forcément glauque et malsaine et il est indispensable d’indiquer que ce genre – et cela sera d’autant plus vrai avec cette anthologie – est à destination d’un public plus qu’averti.

Cette anthologie est donc plus qu’un hommage au genre avec 20 nouvelles qui vont vous faire faire des cauchemars quand elles ne se contenteront pas de juste vous dégoûter. Nous y retrouvons des auteurs historiques de cette collection tels que Kriss Vila et Gilles Bergal (dont nous avions chroniqué Cauchemar à Staten Island il y a quelques temps) pour ne citer qu’eux qui se retrouvent au menu avec des auteurs plus récents comme François Darnaudet.

La couverture est d’ailleurs à l’image de celles qui illustraient les titres de l’époque !

Donc au menu de nombreuses histoires où les incestes familiaux sont légion, les personnages malsains tels ce petit vieux qui se fait payer en nature par la fille de sa locataire, avec une fin qui choquera la morale des plus solides d’entre nous (dans splash de Kriss Villa) en ouverture du recueil qui vous pose déjà une ambiance.

La nouvelle de François Darnaudet, Femmes, plantes et machines cruelles nous plongera dans un monde où la jeunesse doit vraiment donner de son corps, dans une exploitation qui dépassera l’entendement : une façon pour la nature de peut-être prendre sa revanche sur ce que nous lui faisons subir ?

Bref, de nombreuses nouvelles, brèves, trop parfois à mon goût car concentrant l’horreur sur trop peu de pages et ne nous laissant pas le temps de prendre conscience de ce qui se passe que déjà nous plongeons dans l’horreur suivante.

Les nouvelles sont souvent illustrées, des illustrations dégoulinantes, et dégueulasses, dégueulasses dans le sens Gore du terme et donc tout à fait à leur place et pertinentes dans le recueil.

Un recueil donc pour les nostalgiques du genre, à ne surtout mais surtout ne pas mettre entre de trop jeunes mains. Et furieusement à découvrir pour les autres.

Rivière Blanche (Novembre 2015) – 284 pages – 20€ – 9781612274713
Couverture : Willy Favre

Textes de Gilles Bergal, Sarah Buschmann, Cancereugène, Nelly Chadour, Corvis, Francois Darnaudet, Robert Darvel, Julian C. Hellbroke, Romain D’Huissier, Guy Kermen, Patrice Lamare, Adolf Marx, Charles Nécrorian, Catherine Robert, Christophe Siébert, Brice Tarvel, Artikel Unbekannt vs Schweinhund, Christian Vilà , Kriss Vilà et Zaroff.

Fut un temps où les films de Frank Henenlotter et Brian Yuzna sortaient au cinéma. Où les romans de la collection Gore s’écoulaient à plus de 100.000 exemplaires. Disons-le tout net : cette époque-là est révolue. Hélas. Mais si TRASH est ouvertement nostalgique, pas question de sombrer dans le passéisme. Nous ne sommes pas les enfants, mais les “bâtards” de Gore.

Si nos artisans bouchers se décarcassent, ce n’est pas pour vous servir du réchauffé. Nous sommes certes déférents, mais aspirons aussi à la différence. Car le genre horrifique n’est pas aussi étroit que les bien-pensants voudraient le faire croire, et si la Rivière devient rouge, c’est pour mieux vous présenter toutes les couleurs du TRASH.

Les années ont passé, la Collection Gore est morte depuis longtemps… Mais voilà, son corps allait remonter à la surface heureuse de nos souvenirs. Bon sang, si Daniel Riche avait su qu’un jour Rivière Blanche et TRASH reprendraient une partie du flambeau, gageons qu’il en aurait été particulièrement fier… Du Gore dans la Riviàre, de la Riviàre qui TRASHise, et du TRASH qui en veut enGore. Le confluent de ces trois fleuves s’appelle Dimension TRASH, monstrueuse anthologie des temps présents et des littératures qui saignent.
(Extraits de la préface de David Didelot.)

Sommaire du recueil :

  • Préface de David Didelot
  • Christian Vilà : Splash !
  • Adolf Marx : Épilogue du ” Vivre ensemble “
  • Francois Darnaudet : Femmes, plantes et autres machines cruelles
  • Brice Tarvel : Kotok
  • Cancereugène : Descente d’organes
  • Julian C. Hellbroke : Junkfood rampage
  • Romain D’Huissier : La veuve écarlate
  • Zaroff : Zomb’s short
  • Sarah Buschmann : Tranche de nuit
  • Gilles Bergal : Nouvelle vie
  • Robert Darvel : Killing Joe D’Amato
  • Patrice Lamare : Allegro ma non troppo
  • Artikel Unbekannt vs Schweinhund : White trash
  • Catherine Robert : Je suis méchante
  • Guy Kermen : Gloriole au glory hole
  • Corvis : Une heure à tuer
  • Kriss Vilà : Éventration d’une grenouille
  • Charles Nécrorian : Les immortels
  • Nelly Chadour : Sacré gril
  • Christophe Siébert : La vieille
  • Postface de Sandy Foulon

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *