Dracula, mon amour de Syrie James

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Comme vous avez pu le constater, mon pseudonyme n’est autre que Wilhelmina, en provenance direct du “Dracula” de Bram Stoker, je pouvais donc difficilement passer à côté de cette oeuvre qui se targue de revisiter l’oeuvre de monsieur Stoker du point de vue de Mina Harker. D’autant plus que la couverture, comme toutes celles des éditions Black Moon, est sublime.

Commençons par l’écriture, celle de Syrie James est très agréable, j’ai vraiment eu l’impression de replonger dans le Bram Stoker’s Dracula mais en plus moderne, en évitant les longueurs et lourdeurs qu’on peut ressentir dans une oeuvre de cette époque. Ici, il y a beaucoup de dialogues et peu de temps morts, les évènements importants se sont enchaînés pour mon plus grand plaisir. Sachez que je connais l’oeuvre de Bram Stoker et surtout le film de Francis Ford Coppola quasiment par coeur, c’est pourquoi, c’était une lecture très particulière.

J’y ai retrouvé bien sûr les personnages créés par Bram Stoker : Jonathan Harker, Lucy, l’amie de Mina et bien d’autres mais le personnage central est bien sûr Wilhelmina Murray. Alors qu’elle est plutôt secondaire dans l’oeuvre originale, ici, j’ai découvert une femme forte, libre et moderne, en décalage avec son époque. Elle est intelligente, cultivée, voudrait travailler mais la bienséance l’en empêche. Malgré ses revendications, elle reste légère comme une jeune femme de 22 ans et bien élevée. Son évolution au cours du roman est vraiment exemplaire. Bref, je l’admire toujours autant si ce n’est plus ! =)

Dracula, est aussi un personnage central, pour la première fois, on lui prête une voix et il s’exprime : gentleman fascinant autant que dérangeant, on croit le découvrir eh puis il se dérobe si bien qu’à la fin du roman, il reste un vampire mystérieux et ambigu. Au départ, ses motivations m’ont paru décevantes et peu crédibles, il m’apparaissait un peu trop gentillet…eh puis la fin a tout rattrapé… Van Helsing, qui est un personnage que j’aime beaucoup, est ici totalement discrédité…mais c’est une façon comme une autre de voir les choses, c’est une idée !

Vous l’avez remarqué, je ne peux pas passer à côté de la comparaison avec l’oeuvre originale et honte à celui qui n’aurait pas la curiosité de découvrir l’oeuvre de Bram Stoker. Tout au long de ma lecture, je n’ai pu m’empêcher de comparer avec les passages du premier roman et j’ai eu sans cesse les images du film en tête. Sachez que Syrie James y est restée très fidèle, certaines scènes étaient quasiment identiques (je vous aurais bien mis des citations mais c’est un peu long =$ ), je pense notamment aux dates, qui sont complètement respectées. Elle a tout de même pris quelques libertés, en revisitant certains passages et, surtout, en créant un passé à Mina qui la rend d’autant plus attachante. Le mythe du vampire créé par Bram Stoker est totalement respecté et j’ai vraiment aimé qu’elle conserve cette proximité déroutante entre la morsure d’un vampire et l’acte de chair.

Pour conclure, “Dracula, mon amour” est un bon roman pour découvrir ou redécouvrir le “Dracula” de Bram Stoker, mais, en aucun, il ne vous dispense de lire ce grand classique de la littérature fantastique qui est, à mon sens incontournable ! Pour moi c’était une relecture, c’était étrange, je n’étais pas complètement convaincue, s’attaquer à ce monument était un pari risqué, mais la fin m’a conquise ! (^-^) Challenge réussi haut la main, je crois que je ne lirais ou ne verrais plus jamais le Bram Stoker’s Dracula de la même manière.

Sept longues années se sont écoulées depuis la fin tragique de l’aventure qui nous a opposé au Comte Dracula, moi, Mina Harker, mon mari, Jonathan, et trois de nos amis.

Et pourtant… je me souviens de chaque trait de son visage, de chaque muscle de son corps, comme s’il n’avait jamais cessé de m’étreindre.

Aujourd’hui, je ne peux plus supporter le poids de la culpabilité et je me dois d’écrire ce qui s’est réellement passé.

Loin du monstre qu’il pouvait être parfois, il était aussi un homme magnifique, d’un beauté terrifiante et d’une intelligence remarquable.

Je l’ai aimé au premier regard, d’une passion dévorante, charnelle et interdite. Et j’aime à croire que cet amour incendiaire fut partagé.

Voici mon journal intime. Voici la véritable histoire de Dracula.”

Hachette jeunesse (2 juin 2010) – Black Moon – 544 pages – 18€ – ISBN : 9782012020832

Traduction : Luc Rigoureau

Titre VO : Dracula, my love : the secret journals of Mina Harker (2010)

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