Eau dort (L

Compagnie Noire (la) 11

Ce qui reste de la Compagnie noire, menée par Roupille et Sahra, va enfin se retrouver à la Porte d’Ombre, après un voyage des plus désagréable. Le temps d’un dernier cadeau à Volesprit, ils vont enfin débuter la dernière phase de leur marche. La traversée de la Plaine scintillante, avec la présence toujours aussi énigmatique d’un corbeau blanc, qui suit la petite troupe depuis un moment. Au bout du chemin, le même qui a amené les Captifs à leur perte, la délivrance De Toubib et Madame, ainsi que de leur autres frères…

Dans cette deuxième partie, deux choses marquantes. Toujours la place prédominante de Roupille, personne que j’apprécie de plus en plus, mais surtout, quelque chose de plus triste. La déchéance de Qu’-Oeil. L’âge a fini par le rattraper, et l’on sent la fin que l’on ne pensait pas pouvoir arriver à cet affreux gnome sorcier arriver malgré toute sa magie, insidieusement. Qu’Un-Oeil est avec Gobelin l’un des deux derniers personnages que l’on a suivit depuis les premiers volumes des annales. Et dans mon cas, cette déchéance me touche. Toujours aussi hargneux, mais terriblement diminué, l’horrible illusionniste qui accompagne la Compagnie depuis deux cent ans prépare son départ. Et l’auteur en profite pour décrire avec délicatesse ce que cet état crée pour son ennemi / ami de tout temps Gobelin. Je suis bien content de relire ces deux volumes, car je n’avais pas souvenir d’avoir été aussi touché par leur lecture il y a un an. Sûrement une lecture trop rapide.
Je n’en suis qu’à la moitié de ce volume, mais il me reste suffisamment de souvenir pour savoir que comme tous les livres de cette série, Glen Cook ne relâche à aucun moment sa façon de faire passer les sentiments de tous ses personnages, quelque soit leur importance. Il a toujours insisté sur l’importance de chaque membre de la Compagnie. Et il donne cette même importance à chacun dans son écriture.

J’ai les deux prochains volumes sous la main, Soldats de pierre 1 et 2. Un ami qui les a déjà lu m’a assuré de leur qualité. Alors si vous avez suivi la Compagnie de son Capitaine, en passant par Toubib, Murden, et maintenant Roupille, je pense pouvoir vous dire d’ouvrir ces deux derniers livres parus sans crainte d’un essoufflement. Glen Cook a des poumons et un cŒur de coureur du triathlon. Merci Monsieur.

En ce temps-là, la Compagnie noire n’existait pas. Son Capitaine, son lieutenant, son porte-étendard et tous ceux qui avaient disparu, enterrés vivants au cŒur d’un vaste désert de pierre.
On m’appelle Roupille. C’est moi qui tiens les annales. Il faut bien que quelqu’un s’en charge. La vérité doit être consigné, même si le destin décide que nul ne la lira jamais. Les annales sont l’âme de la Compagnie noire. Elles nous rappellent ce que nous sommes. Que nous ne sommes que cela. Que nous devons persévérer. Et que la traîtrise, comme d’habitude, n’a pas réussi à nous saigner à blanc.
Tous les jours, un message apparaît sur un mur de Taglios. Un rappel discret. L’eau dort.

L’Alatante La Dentelle du cygne (2005)319 pages 9.99 € ISBN : 2-84172-294-5
Traduction : Frank Reichert
Titre Original : Water sleeps (1999)

Couverture : Didier Graffet

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