Elminster doit mourir !, d’Ed Greenwood

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Le Sage de Valombre – Tome 1

      La Magepeste a changé les Royaumes, la magie ne répond plus et Mystra a disparu. On devine donc que l’un des premiers touchés par ces changements importants est l’Elu préféré de Mystra, le Sage Elminster. La nouvelle séquence du « Sage de Valombre » raconte les aventures du vieux Sage après cette période sombre de l’histoire des Royaumes Oubliés, une période qui l’a beaucoup affaibli. Et le titre de ce premier roman annonce déjà la couleur quand aux difficultés que va rencontrer le personnage : Elminster doit mourir !

      Après m’être quelque peu réconcilité avec l’auteur Ed Greenwood, en redécouvrant les premières aventures d’Elminster republiée chez Milady directement au format poche, la lecture de la très mauvaise trilogie des « Chevaliers de Myth Drannor » m’avait de nouveau fâché avec lui. On y retrouvait son style parfois lourd, ses scènes brouillonnes, ses personnages surpuissants, le tout agrémenté de complots tordus de nobles du Cormyr dont on avait du mal à saisir le but précis. Autant dire qu’en ouvrant ce premier tome de la séquence du Sage de Valombre, je ne savais plus trop à quoi m’attendre. Et pourtant, une fois terminé le roman, c’est plutôt un avis positif que je garde de ce dernier. Ed Greenwood restant Ed Greenwood, il n’échappe pas par moment à certains de ses travers habituels, mais malgré ça, cette aventure d’Elminster est plutôt intéressante.
      Lorsque l’on retrouve le personnage, au début du roman, c’est dans un bien triste état que celui-ci se trouve. Pourchassé par des aventuriers qui espèrent le capturer ou le tuer pour obtenir la prime promise à qui y parviendra par le Royaume du Cormyr, Elminster n’est plus que l’ombre de lui-même. Perdant la raison à chaque fois qu’il a recours à la raison, c’est uniquement grâce à Oragie Maindargent qu’il parvient à s’en sortir. Et près de lui, sa bien aimée Alyssra est dans un état bien pire encore. Ayant totalement perdu la raison, c’est uniquement en « consommant » des objets magiques qu’elle parvient à la retrouver durant des courts instants dont Elminster tente de profiter au maximum. Voilà pourquoi le vieux mage passe son temps à dérober des objets magiques au Cormyr, si bien que le Roi a lancé tous les aventuriers de la région à ses trousses. Dans ce roman, on découvre donc le royaume du Cormyr quelque peu changé, après le siècle de Magepeste. Alussair n’est plus qu’un fantôme hantant une aile condamnée du palais royal, Elminster n’est plus qu’un vieillard privé de sa magie, mais les nobles du Cormyr restent cependant les mêmes. Toujours aussi comploteurs, ils tentent une fois de plus de renverser le Roi pour prendre sa place.
      Tout au long du roman, on a du mal à saisir quel est le but d’Elminster, et quelle va être la finalité de cette aventure. Veut-il seulement amasser encore des objets magiques pour sa bien aimée, sauver le royaume ou bien se trouver un successeur alors qu’il sent la fin de sa vie approcher ? On le suit donc tout au long des 400 pages du roman, à travers les couloirs du palais royal, puis les rues de Suzail, pour mener sa quête à bien. Une aventure au cours de laquelle on découvrira Amarune, son héritière, descendante de la fameuse fille d’Elminster qui donnait son nom au précédent roman mettant en scène le vieux mage.
      Tout au long du roman, on suit donc trois intrigues qui se retrouvent finalement liées. D’un côté, on retrouve Elminster et Oragie, d’abord à la recherche d’objets magiques, puis à la poursuite de comploteurs contre le Royaume qu’ils tentent malgré tout de sauver, d’un autre on suit la jeune Amarune, danseuse nue à Suzail et voleuse à ses heures perdues, qui se révèle être la descendante d’Elminster. Et entre ces deux histoires, multitudes de nobles cormyriens complotent encore et toujours. Sur ces trois points de vue, deux sont très sympatiques à suivre, mais le troisième se révèle une fois de plus assez lourd.
      Bien qu’on ne saisisse pas toujours clairement quelle est la priorité d’Elminster parmi les différents choix qui s’offrent à lui, on suit ses pérégrinations à travers le palais royal puis les rues de Suzail avec intérêt. L’auteur n’échappe cependant pas durant une petite partie du livre à ses éternels combats successifs dans les sous-sols du palais, qui ne sont pas sans rappeler les aventures de Chevaliers de Myth Drannor, mais sans tomber dans la même répétition malgré tout, et heureusement. Bien qu’affaibli, le personnage d’Elminster reste fidèle à lui-même, mais aura ici bien plus de difficultés à faire face, par rapport à ses précédentes aventures. En parallèle de ça, l’histoire d’Amarune vient apporter un peu de fraîcheur au roman, avec ce personnage simple et bien plus humains que tous les autres de l’aventure. Simple danseuse et voleuse de Suzail, elle n’en est pas moins destinée à un grand destin, mais au moins elle ne paraît pas surpuissante. Très attachante, elle est vraiment le personnage le plus intéressant de l’histoire.
      Le principal défaut du roman réside donc dans les parties traitant de ces nobles du Cormyr qui une fois de plus complotent contre le Roi. Non seulement on ne saisit pas vraiment grand chose à leurs complots vraiment complexes pour atteindre un but pourtant simple, mais en plus de ça vient s’ajouter la participation de Manshoon, ennemi de toujours d’Elminster, qui tire les ficelles en arrière plan pour tenter une fois de plus d’en venir à bout de sa nemesis. Prenant le contrôle de tout ce qu’il veut, on se demande vraiment comment il fait pour ne pas parvenir plus facilement à ses fins. De plus, toute cette histoire de complot ne menant finalement à rien, on se demande vraiment pourquoi l’auteur a encore une fois autant insisté là-dessus.

      Heureusement, le roman reste malgré tout plutôt bon, et même pour moi le meilleur roman d’Ed Greenwood paru pour le moment en France. Le style est moins lourd qu’à son habitude, excepté quelques passages de combats en sous-sol, et de complots tordus, et les personnages sont plus intéressants égalements car plus simples, moins surpuissants que dans les habituelles aventures d’Elminster. Enfin tout ça nous mène à une fin qui laisse présager quelque chose d’original pour la suite, et c’est donc assez ravi que j’ai refermé le roman une fois celui-ci terminé.
      Si vous avez comme moi été quelque peu déçu par la trilogie des Chevaliers de Myth Drannor, tentez donc de vous réconcilier vous aussi avec Ed Greenwood avec ce nouveau roman des aventures d’un des plus célèbres personnages des Royaumes Oubliés.

Milady (Novembre 2011) – 360 pages – 19,80€ –   978-2811206369

Traducteur : Jean-Baptiste Bernet
Couverture : Kekai Kotaki

Jadis sauveur des Royaumes, Elminster Aumar a tout perdu. Sa déesse a disparu, et son amante, la Simbule, n’est plus que l’ombre d’elle-même. Elle erre aux frontières de la folie et seule la magie peut la ramener temporairement à la raison. Elminster s’emploie donc depuis des années à lui rapporter tous les objets enchantés qu’il peut trouver. Mais il doit désormais faire un choix car, le Cormyr, ce royaume qu’il chérit tant, est aussi en danger. De puissants artefacts ont refait surface. Ils pourraient permettre à ses ennemis de détruire Cormyr, à Elminster de le défendre ou à la Simbule de guérir… Le salut du monde ou celui de son amour ?

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