EOS et EOS EXILS, de G.D. Arthur

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Illustration de couverture : Takahisa Kashi

Après une introduction à couper le souffle par sa virtuosité stylistique et nourrie d’un riche symbolisme métaphysique, G.D. Arthur enchaîne sur une écriture plus souple et fluide, vecteur d’une poésie charnelle et émotionnelle qui sera la clef de cette œuvre. L’auteur tente ici de défricher une Fantasy trop souvent onirique pour l’ancrer dans une dimension plus solide, incarnée, et vraiment littéraire dans sa forme par les blessures et les bleus de l’âme de ses héros. Une démarche audacieuse et donc délicate, qui pourrait ouvrir une nouvelle voie d’écriture plus littéraire pour la nouvelle génération des auteurs sélectionnés avec beaucoup de discernement par les éditions Mnémos. La présentation d’EOS le héros de cet imposant dyptique le pose comme un poète rêveur, sensuel et souvent intériorisé. L’intrigue prend dès le début une dimension sentimentale très forte et formulée dans une langue pétrie de délicatesse et de subtilité. La découverte des nombreux protagonistes de la caravane qui s’aventure à la recherche d’une mystérieuse terre promise mets en scène des êtres denses aux sentiments élevés qui osent vivre dans la marge d’une société cruelle. Les relations humaines tissées entre les personnages, peut-être un peu foisonnant, est d’une rare authenticité, on sent le vécu de l’auteur se transfuser dans cette humanité douloureuse, dans ses relations de groupe à la fois difficiles et fécondes voire riche dans la vision. Comment ne pas tomber sous le charme du trio amoureux qui sert d’axe à ces gens du voyage dont l’idéal communautaire est digne des bâtisseurs d’utopies. On l’aura compris cet Eden initial annonce une chute cruelle pour le lecteur qui découvre toute la puissance des esprits rigides qui façonnent toutes les sociétés. Cette tragédie ne sacrifie pas au mythe, ni à la légende, toutes les forces magiques et de la destinée que l’on peut attendre d’une quête aussi ambitieuse sont au rendez-vous, il faudra cependant se laisser bercer et porter par un rythme qui peut sembler lent si on est obsédé par les combats et les batailles. Grand roman d’apprentissage et d’initiation, je considère les deux tomes d’EOS comme une œuvre qui pourrait faire beaucoup de bruit. !!! Pour nous faire rêver sachons qu’EOS est une titanide liée par les mythes grecs au soleil. Auspices d’un chef d’œuvre !!!

Eos : Mnemos (Avril 2016) – 320 pages – 20,00€  – 9782354083489
Eos Exil : Mnemos (Octobre 2016) – 384 pages – 20,00€  – 9782354085100
Illustration de couverture :
Takahisa Kashi

« Le sombre destin d’un jeune poète épris de liberté, une tragédie douce-amère,
mêlant action, suspense et amours libertaires. »
Inspiré par les espoirs d’une république refondée, Eos, un jeune homme amoureux et rebelle, aime vivre l’instant présent. Son utopie en marche ? Une petite colonie, le Val-de-la-lune, qui oscille entre durs travaux et fêtes chaleureuses, jusqu’au soir maudit où elle est sauvagement attaquée par des créatures monstrueuses, réputées disparues depuis longtemps… Eos se révèle alors un combattant sans pitié, au grand dam de ses compagnons et de ses amours. Mais il est loin de se douter qu’il va rencontrer, ce jour-là, son destin.
Entre la noirceur d’un Glen Cook, la finesse et l’humour d’un Pratchett, G.D. Arthur nous offre un roman détonnant, véritablement unique.
Ayant franchi le mitan de la vie, G.D. Arthur, biologiste de formation et routard expérimenté du développement territorial, se frotte à la dure réalité de l’insertion sociale. Cette vaste connaissance des situations humaines irrigue l’ensemble de son premier livre qui en fait un roman particulièrement attachant et sensuel, mais aussi trépidant et aventureux en diable.

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