Equilibre des paradoxes (L

Orcusnf : On commence par une nouvelle qui présente les principaux héros, c’est à dire Raoul le journaliste socialiste et Gilberte sa fiancée, Armand l’officier et sa femme Amélie, qui avec un extraterrestre télépathe vont lutter par la pensée contre des aliens belliqueux qui veulent envahir la Terre.
Et voilà la véritable histoire, on retrouve nos 4 héros. Gilberte rompt les fiançailles, les héros vont la retrouver. En fait elle a été violée par un monstre qui a tué sa mère et une servante il y a 7 mois. Ils le retrouvent, mais il prétend que c’est un sosie, Jo leur explique qu’il vient du futur et que c’est son double d’un univers parallèle qui a fait le coup; arrive ensuite Sophie, une hippie qui squattait le manoir de Gilberte. Ils décident alors de laisser le doute à Jo, et publient une annonce pour attirer d’autres voyageurs du temps. Suite à quoi viennent un savant du 23eme siècle, Romarin, qui explique être ,avec son ancêtre voisin du domaine de Gilberte, le responsable de ce phénomène, car sur les plans de son ancêtres, il a construit une machine temporelle qui s’est détraquée, ensuite il y a Adriana, la cyborg qui connaît le savant mais dans un autre univers, puis Franz un fantassin de 1969, qui vit dans une Europe sous la domination de l’empire Germanique. Ayant appris l’existence d’une rescapée, une princesse russe du 18eme siècle, employée dans un bordel de luxe à Paris, les héros se portent à son secours et la libèrent, alors que Adriana innocente Jo, ayant rencontré son sosie. Romarin se met à construire une autre machine pour emmener chacun dans le futur. Soudain, les paradoxes entrent en action, les sosies de Jo et Romarin assassinent Guillaume II, empereur d’Allemagne, ce qui dans l’avenir de Romarin2 se traduira par la domination de l’Allemagne sur l’Europe. La marche à suivre ne fait plus aucun doute, pour récupérer leur avenir normal, nos héros remontent d’un an en arrière pour se préparer à aller à Tanger, lieu du meurtre. De là, ils partent vers Marseille, embauchent un capitaine, qui essayera de les vendre comme esclaves, mais grâce à Adriana et son bras mécanique, ils se libèrent et parviennent au bout de 7 mois de péripéties à Tanger. Là bas, ils ont tôt fait de retrouver les 2 conspirateurs, d’éliminer Romarin 2, Jo 2 ayant réussi à s’enfuir. Alors c’est la longue attente jusqu’au jour prévu pour l’assassinat, où ils réussissent à éliminer Jo 2 et à rétablir la ligne normale de la réalité, les héros de 1905 restent à leur époque, les autres partent avec Romarin dans son futur.

Orcusnf : D’abord, avis aux néophytes de la SF , passez d’abord faire un tour par Barjavel, Dick ou Wells, après vous serez plus à même de comprendre toutes ces histoires de paradoxe, comme celui du grand-père par exemple.
Pour les autres, la critique commence ici. Donc il faut le dire, l’histoire est simple, mais son déroulement très compliqué, les théories et hypothèses fumeuses foisonnent. En fait quand les héros mettent 300 pages à trouver la vérité, il ne m’a fallu que 100 pages. Donc déroulement compliqué et lent. On y retrouve beaucoup de paradoxes, d’histoires de mondes parallèles, la division ayant en fait été provoquée par l’ancêtre de Romarin, en essayant sa machine. On assiste ainsi à des héros qui doivent faire une certaine action avec certaines conséquences à la clé, des voyages en arrière pour sauver le monde, et des personnages que telle personne avait prétendu les voir à tel endroit, quand en fait il avaient vu le voyageur temporel, etc… On peut donc dire que l’histoire est tout de même assez mouvementé et intéressante. Par ailleurs, le style est assez original, puisqu’ il prend soit la forme des enregistrements de Sophie sur son magnétophone, soit celle de mémoires, soit de lettres adressées à un journal intime.
Pour ne rien gâcher, nous avons droit à des cours d’histoire, qui aident à la compréhension. Mais, contrairement à la promesse du 4eme de couverture, l’intérêt est loin d’être au rendez-vous, on compte les pages qui nous séparent de la fin. Je pense donc que ce livre n’est pas le meilleur de l’auteur, mais son oeuvre est tout de même assez bien réussie, compte tenu de la complexité du sujet. Sinon, les auteurs traditionnels sont meilleurs dans ce domaine.

Impératrice Moa : D’une manière globale, je suis un brin désappointée.
Et pourtant, j’aime beaucoup La comédie inhumaine de Pagel.
L’écriture est fluide, la lecture agréable, mais il y a trop de choses qui m’ont dérangée pour apprécier pleinement le roman.

J’ai trouvé que Pagel manquait de réalisme psychologique. Quand on vient de subir un choc qui bouleverse son existence, je doute que l’on passe une demi page de son journal intime dans une envolée lyrique sur le contexte historique. Les références à l’Affaire Dreyfus, ou à la séparation des Eglises et de l’Etat, auraient dû être plus discrète.
Les personnages sont de petites caricatures sympathiques, mais très appuyées.
La facilité avec laquelle ils acceptent tous des théories qui échappent à leur connaissance de la science est un peu exagérée, il me semble.
La forme de la confidence, du manuscrit trouvé, et enfin édité pour la révélation au grand public, supercherie littéraire bien connue, m’a assez agacée.

Si le roman de Pagel n’est pas vraiment du Steampunk, je conseillerais plutôt Confessions d’un automate mangeur d’opium de Colin et Gaborit, et pour les histoires de paradoxes temporels l’excellent Sans parler du chien de Connie Willis.


France 1904, le temps s’affole et régurgite sans aucune logique apparente un soldat de l’armée d’Attila, un cyborg, un extraterrestre et bien d’autres personnages improbables dont les agissements risquent de déclencher la première guerre mondiale. A moins qu’un groupe de hardis aventuriers ne trouve la clef du mystère et ne réussisse à rétablir l’équilibre des paradoxes.
«’équilibre des paradoxes est dans son genre une parfaite réussite. On tremble autant qu’on s’y amuse tout au long de ses 450 pages, lesquelles sont dévorées d’une traite avec plaisir. Avec ce roman d’inspiration steampunk ( une manière fort à la mode en ce moment), documenté, on (re) découvre aussi les enjeux mondiaux de ce début du XXeme siècle qui conduiront inévitablement à ce que l’on sait. On savait Pagel un excellent auteur populaire; il signe ici tout simplement son meilleur roman»
Olivier Girard, Bifrost

Denoël lunes d’encre (2004)429 pages 20.00 € ISBN : 2-207-25461-5 Couverture : Guillaume Sorel
Fleuve Noir 1999

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