Esclave d’Alex Jestaire

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Contes du soleil noir – Tome 5

Esclave est le dernier volume des contes pour l’instant édité mais Alex nous a déjà confirmé qu’une deuxième saison est bien en projet pour continuer à nous parler de ces laissés-pour-compte qui se trouve être confronté au Soleil Noir.

La citation mise en préambule de ce titre, signée Napoléon Bonaparte nous donne une vision assez précise de ce à quoi nous devons nous attendre cette fois-ci : la femme, et le traitement qui  peut lui être réservée, sera au cœur du récit de nos guides Geek et Speculos

On ne prend pas une femme par le raisonnement
On ne la prend pas par la prière
On la prend tout court
Napoléon Bonaparte

L’histoire donc que nous a trouvé Geek prend racine sur fond de guerre en Afrique, au Mali pour être plus précis.  Au cours de cette guerre, une goule, Amine, sera trouvée par un général français et ramenée en France pour servir de jeu sexuel à notre ministre de la Défense, Jean-Marc Schieller. L’homme politique est redoutable, très certainement du fait de sa maîtrise du soleil noir qu’il réussit à utiliser pour faire obéir son entourage.

Cette créature qui se révèle être autant sensuelle que soumise, n’a servi toute sa vie, qui dure depuis plusieurs siècle quand même, que d’objet sexuel pour des mâles “dominants”. Cette soumission est pour la créature tout ce qu’il y a de plus naturel et elle n’imagine pas un instant un autre mode de vie… Pour aller plus loin même, la description même qu’y en est fait la réduit uniquement à sa dimension sexuelle puisqu’elle est évaluée physiquement comme une bête. D’autant plus que le visage restera caché aux yeux du monde et que le peu qui est révélé montre un visage indéfini la rendant incapable de s’exprimer… D’ailleurs pourquoi le ferait-elle ?

C’est que cette chose est une femme, une très belle femme – une perfection de proportions à un niveau algébrique – des seins sublimes, des hanches sublimes, des cuisses et des jarrets parfaitement fuselés et des bras d’une épure bouleversante – s’il n’y avait ce visage et ces extrémités, on pourrait parler de canon, au sens grec ou égyptien – un nombre d’or de corps de femme

Et d’aucun diront que le choix d’Alex de lui donner une origine africaine (Elle est capturée Mali pour être plus exact) situe le non-respect de la femme dans d’autres pays. Vous comprenez, la place de la femme en Europe n’est pas la même et il n’y a pas de comparaison possible !

Sauf que.

La France est un pays propice au déni de misogynie, pas loin derrière l’Arabie Saoudite.

Notre Jean-Marc national, qu’on ne peut pas suspecter de manquer d’éducation au vu de son parcours exemplaire, est marié et le traitement que l’homme réserve à sa femme n’est pas moins violent que le traitement qu’il inflige à la Goule.

J’ai ressenti dans le personnage d’Amine toute la difficulté de la femme à sortir d’un carcan / modèle sociétal qui a pendant des années placée la femme comme inférieure à l’homme (bien entendu à tort) : à aucun moment nous n’avons l’impression que la créature pourrait s’affranchir du joug masculin.

Il sera toujours facile de se cacher derrière la pensée que cet homme ne représente pas la majorité ou alors qu’il ne s’agit que d’une fiction… Néanmoins, l’actualité semble entrer en résonance avec les propos d’Alex.

Je suis épaté par les contes du soleil noir. Je ne connaissais pas Alex Jestaire, et je viens de découvrir en 5 court romans un auteur de talent (ça se lit bien) avec un regard afuté sur notre société contemporaine. Il n’y a aucun moment où j’ai ressenti un côté moralisateur bien que chacun des titres m’ait fait réfléchir…

Oh, et puisque j’y suis, la couverture de ce roman est juste en totale adéquation avec le thème du livre et très bien réalisée ! Il semble que certaines personnes la juge “offensante” ou “gênante” et se sont en conséquence permises de la signaler sur les réseaux sociaux. J’apporte tout mon soutien à Pablo Melchor qui l’a réalisée et Alex…

Au Diable Vauvert ( 2017) – 128 pages – 9,99€ – 9791030701142
Illustration : 
Pablo Melchor

Amine est une goule – créature femelle aussi sensuelle que monstrueuse. Jusqu’ici captive d’un marabout proxénète aux confins du Mali, elle devient la propriété d’un homme d’État français amateur de « curiosités »

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