Fables de l’Humpur (les) de Pierre Bordage

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Orcusnf : Dans ce monde, les animaux dominent. Ils sont mi-humains, mi-animaux. Ainsi, ils sont bipèdes, ont des pouces opposables et un gros cerveau, comme les humains. Mais ils conservent leurs caractéristiques qui se sont adaptées à leur évolution. On trouve ainsi des grognes (porc), des hurles (loups), des cousins roux (renards), des miaules (félins), des hennes (chevaux), des siffles (serpents), des ronges (rats) etc… Le système politique est féodal, dominé par des nobles, légitimés par les lais de l’Humpur, le pouvoir spirituel de cette époque. Ces lais défendent la tradition, les tabous inter-clans et pensent que les dieux humains sont des mythes.

Véhir , un jeune adulte grogne, s’enfuit de l’enclos de fécondité, à cause d’une jeune grognesse qu’il ne pouvait supporter de voir abandonnée aux appétits des autres. Sur sa route, il rencontre Jarit, un vieux grogne ermite, qui lui montre des livres et des images des humains, des trésors inestimables en fait, et lui remet une dague forgée par les hommes. Mais peu après, il est tué par les sbires du comte de Luprat, le seigneur local. Ayant tué les sbires pour le venger, Véhir doit s’enfuir.

Il est rattrapé, mais alors qu’il attendait ses bourreaux dans le chateau comtal, une des filles du comte vient le libérer et s’enfuit avec lui, car elle aussi croit aux dieux humains. Aussi partent-ils tous deux vers le centre du monde, la cachette présumée des hommes. Pourtant, il existe un problème : la fille, Tia, est une prédatrice et Véhir est un “pue la merde”, un animal qui sert de pâture aux prédateurs. C’est pourquoi leur entraide est contre-nature et sujette à l’hostilité générale.

Ils vont devoir traverser le monde entier pour rejoindre leur cible, et ce faisant affronter milles dangers, rencontrer d’autres races, faire confiance à des personnes, qui les trahiront ou pas. Leurs ennemis seront nombreux, et souvent morts quelques minutes après, des compagnons les rejoindront et… ils s’aimeront, malgré les tabous ancestraux, malgré leurs différences, malgré le rôle de repas de Véhir, ils s’aimeront, car après tout, ils ne sont pas si différents que ça !

Impératrice Moa :
Un fief dans une France néo-médiévale. Au milieu de la vie bien rythmée de la communauté agricole Grogne (homme-cochons) de Manac, le jeune Véhir refuse de suivre le chemin de ses paires. Poussé par des sentiments individuels mais humains, il s’enfuit de la communauté, puis part en quête des dieux humains, seuls capables de répondre à ses questions.
Cette société vit sous le signe des tabous du culte du l’Humpur : interdiction pour un cultivateur de porter des armes, de se rebeller contre les clans prédateurs, interdiction des accouplements entre deux individus de clans différents.

Orcusnf :Ce livre de Pierre Bordage, me rappelle une de ses oeuvres les plus réussies : La trilogie des guerriers du silence, ( que j’appellerai ici GDS par commodité) car les deux sont assez semblables. D’ailleurs comparer ce livre à ce chef d’oeuvre de Bordage est un gros compliment, même s’il n’atteint pas l’intensité de son aîné. Aussi voilà les principaux points des fables :
– la remise en cause du clergé, ici les lais de l’humpur, une église rétrograde aux lois cruelles. Ainsi, elle encourage le racisme, la loi du plus fort, la domination, l’abandon du savoir et des sentiments. Elle nous rappelle un peu les heures les plus sombres de l’église chrétienne, avec ses chasses aux sorcières et ses idées préconçues et empiriques sur le monde. (cf l’église du kreuz dans les GDS)
-une quête picaresque, 3 des héros sont des jeunes gens qui ne connaissent pas grand chose à l’aventure. D’ailleurs 2 d’entre eux sont encore innocents, même s’ils découvrent bien vite le plaisir de tuer. A la fin du livre, leur regard sur le monde a changé, ils sont beaucoup moins naifs. ( comme les 2 héros des GDS).
-L’injustice des systèmes politiques : toujours un système féodal ou du moins aristocratique. Il est ici basé sur la race, les prédateurs dominent, les herbivores se laissent manger. D’autant plus que la loi interdit de se défendre aux proies, sinon leur village sera rasé. On retrouve aussi les traditionnelles intrigues de palais, visant à acquérir toujours plus de pouvoir ( cf les complots contre le cardinal et l’empereur dans les GDS).
-l’importance de l’individu : dans une société actuelle en proie aux affres de l’individualisme , du chacun pour soi, Bordage essaye de nous montrer une fois de plus des sentiments purs et émouvants. Comment pourrais t’on imaginer un prédateur et une proie tomber amoureux l’un de l’autre, mais hésiter à cause des tabous. Puis leur affection mutuelle devient évidente, quand le destin fait mine de les séparer ( par exemple la fille des 2 héros et le petit terrien dans les GDS).
Je pourrais encore continuer assez longtemps sur ma lancée, mais il faut bien s’arrêter. Disons que pour abréger, ce roman est très riche, très complexe, très mouvementé. Ce n’est qu’un succès en plus sur la liste de l’auteur, même si on a vu mieux, car son potentiel est énorme, il l’a déjé montré. Peut être que la suite , si elle existe, nous en mettra plein les mirettes.

En plus, nous avons droit dans cette présente édition, à un tableau de Bosch, le maître des tableaux fantastiques et infernaux, qui a sévit en Europe au 15ème siècle, un pur régal pour les yeux.

Impératrice Moa :
Ayant un problème avec Pierre Bordage et sa manière de présenter les personnages féminins, je dois dire que j’ai été assez agréablement surprise par ce roman.

Il faut bien saluer le talent de Pierre Bordage dans sa manière de recréer un langage et une géographie. Le langage mêle du patois (que l’on retrouve ensuite dans l’Enjomineur) et des néologismes transparents, ce qui donne un cachet « terroir » très adapté au roman. L’astuce du titre est découverte avant même d’avoir ouvert le livre, mais elle reste un clin d’Œil sympathique avec le lecteur.

La géographie française se cache derrière d’habiles déformations, qui créent un petit jeu de connivence entre lecteur et auteur : on retrouve la Dorgne (Dordogne) et la Métrannée (mer Méditerranée) entre autres.

Les noms des « races » ou « clans » sont eux aussi des merveilles, quoique pas toujours transparents : hurles (loups), grondes (chiens ?), miaules (chats), bêles (moulons), grognes (cochons), glapes (? Le cousin roux ? le renard) glousse (poules), etc. Les transformations des être vivants sont d’ailleurs amenées avec une surprenante et agréable douceur.

Bordage nous fait faire un retour dans un monde médiéval de caricature, mais qui a le mérite d’être facilement compréhensible, et par tous. Nous avons des seigneurs, des fanatiques religieux qui prétendent tout régenter à travers la religion, des marchands, des villes, etc.

Il faut aussi reconnaître la qualité des « fables » qui ouvrent chaque chapitre. Elles sont très instructives sur le monde dans lequel se déroule l’histoire, introduisent de manière très à propos les nouveaux personnages, et ont indéniablement un goût de « Roman de Renard ».

La thématique est bien menée dans l’intériorité des personnages : les héros refusent un monde où ils ne choisissent rien (accouplement sauvage ou finir embroché pour Véhir, se voir mariée de force pour Tia). Tout est soumis à la caste, au clan, à la naissance, et c’est ce déterminisme que refusent les héros, ce qui va de pair avec un déterminisme biologique et une lente régression vers l’animalité. Naît alors le désir très humain de changer le monde ou sinon le comprendre.

On peut cependant regretter l’immense linéarité de l’intrigue : on part de Manac pour le Grand Centre, et chaque étape du récit est une rencontre avec un « clan » différent, avec combat final et fin heureuse. Dérouler l’histoire de cette façon est bien évidemment très efficace, mais manque d’originalité par rapport à l’univers qui est sous-tendu.

Le chapitre des révélations n’est pas digne de ce que l’on peu attendre de la part d’un auteur de la réputation de Bordage : c’est une caricature à laquelle on ose à peine croire. Le lecteur a au moins en main tout les tenants et aboutissants de cette histoire en refermant le livre, mais le procédé est décevant.

Ce roman est de même construit autour de héros puceaux. Détails ? Non, vu le cirque qui est fait autour. Le sexe tient une place importante dans le roman (fort heureusement, pas de description d’accouplement, ce n’est pas le genre de la maison, pour ce que j’en sais) : dans toute description de personnage, vous aurez droit à celle de ses organes génitaux. Je ne sais pas si leur forme ou leur taille obsède les animaux, mais les semi-animaux de Bordage sont véritablement obsédés par ça.

Le rapport homme / femme est aussi biaisé dès le départ, puisque l’anti-héros, Véhir, est un gentil jeune homme-cochon, victime par essence, et les héroïnes, Tia comme Ssassi sont des prédatrices. Là, on a déjà tout comprit. On sort difficilement chez Bordage des archétypes féminins de la mère (Ombe), la putain (Ssassi), ou la vierge immaculée (Tia, ou l’archétype de « copine du héros », cf. Lhassa et Perrette).
Un très bon point, en revanche : ces femmes ne restent pas sur la touche ; ce sont de véritables héroïnes.

Je n’ai pas fait d’étude d’éthologie, mais la scène du « grut » à Manac me semble relever du pur fantasme très humain… enfin, très masculin : une grosse orgie où l’on peut baiser qui nous plait (et elles sont toutes consentantes, le bonheur !). Chez les cochons où les autres, ça ne me semble pas très réaliste comme retour à l’animalité. Même chose chez les Hurles : je me souviens avoir lu quelque part que chez les loups, c’est la femelle Alpha qui choisit le mâle Alpha (ça, c’est pour Tia). Je peux me tromper, bien évidemment, mais la transposition des fantasmes ou codes sociaux occidentaux dans des sociétés revenant à l’animalité me semble un peu capillo-tractée. Ou montre simplement une très forte imprégnation culturelle de Pierre Bordage.

Un livre qui mérite d’être connu.

Orcusnf : Dans ce monde, les animaux dominent. Ils sont mi-humains, mi-animaux. Ainsi, ils sont bipèdes, ont des pouces opposables et un gros cerveau, comme les humains. Mais ils conservent leurs caractéristiques qui se sont adaptées à leur évolution. On trouve ainsi des grognes (porc), des hurles (loups), des cousins roux (renards), des miaules (félins), des hennes (chevaux), des siffles (serpents), des ronges (rats) etc… Le système politique est féodal, dominé par des nobles, légitimés par les lais de l’Humpur, le pouvoir spirituel de cette époque. Ces lais défendent la tradition, les tabous inter-clans et pensent que les dieux humains sont des mythes.

Véhir , un jeune adulte grogne, s’enfuit de l’enclos de fécondité, à cause d’une jeune grognesse qu’il ne pouvait supporter de voir abandonnée aux appétits des autres. Sur sa route, il rencontre Jarit, un vieux grogne ermite, qui lui montre des livres et des images des humains, des trésors inestimables en fait, et lui remet une dague forgée par les hommes. Mais peu après, il est tué par les sbires du comte de Luprat, le seigneur local. Ayant tué les sbires pour le venger, Véhir doit s’enfuir.

Il est rattrapé, mais alors qu’il attendait ses bourreaux dans le chateau comtal, une des filles du comte vient le libérer et s’enfuit avec lui, car elle aussi croit aux dieux humains. Aussi partent-ils tous deux vers le centre du monde, la cachette présumée des hommes. Pourtant, il existe un problème : la fille, Tia, est une prédatrice et Véhir est un “pue la merde”, un animal qui sert de pâture aux prédateurs. C’est pourquoi leur entraide est contre-nature et sujette à l’hostilité générale.

Ils vont devoir traverser le monde entier pour rejoindre leur cible, et ce faisant affronter milles dangers, rencontrer d’autres races, faire confiance à des personnes, qui les trahiront ou pas. Leurs ennemis seront nombreux, et souvent morts quelques minutes après, des compagnons les rejoindront et… ils s’aimeront, malgré les tabous ancestraux, malgré leurs différences, malgré le rôle de repas de Véhir, ils s’aimeront, car après tout, ils ne sont pas si différents que ça !

Impératrice Moa :
Un fief dans une France néo-médiévale. Au milieu de la vie bien rythmée de la communauté agricole Grogne (homme-cochons) de Manac, le jeune Véhir refuse de suivre le chemin de ses paires. Poussé par des sentiments individuels mais humains, il s’enfuit de la communauté, puis part en quête des dieux humains, seuls capables de répondre à ses questions.
Cette société vit sous le signe des tabous du culte du l’Humpur : interdiction pour un cultivateur de porter des armes, de se rebeller contre les clans prédateurs, interdiction des accouplements entre deux individus de clans différents.

Dans le pays de la Dorgne, des êtres mi-hommes mi-animaux perdent peu à peu leur patrimoine humain et s’enfoncent inexorablement dans la régression animale.
Tribus dominantes carnivores, communautés agricoles servant de nourriture aux clans prédateurs, tous sont soumis par le clergé aux lois de l’Humpur, qui punissent de mort les mélanges entre clans et les comportements individualistes.
Parce qu’il ne supporte pas de voir la jeune troïa qu’il aime livrée aux appétits collectifs des reproducteurs lors de la cérémonie du Grut, Véhir brise les planches de l’enclos de fécondité et s’enfuit en quête des derniers dieux humains de la légende… lui, le grogne paysan, va accomplir ce chemin en compagnie de Tia, une jeune prédatrice hurle en exil.
Voici la fabuleuse histoire du grogne Véhir et de la belle hurle de Luprat…

Au Diable Vauvert Fantasy (Mars 2010)23.00 € ISBN : 9782846262293 J’ai Lu 2005475 pages 7.00 € ISBN : 2-290-34611-x
QuatrièmeDans les pays de la Dorgne, des êtres mi-hommes, mi-animaux perdent peu à peu leur patrimoine humain et s’enfoncent lentement dans la régression animale. Tribus dominantes carnivores, communautés agricoles servant de nourriture aux clans prédateurs, tous sont soumis par le clergé aux lois de l’Humpur, qui punissent de mort les mélanges entre les clans et les comportements individualistes. Parce qu’il ne supporte pas de voir la jeune Troïa qu’il aime livrée aux appétits collectifs lors de la cérémonie rituelle de reproduction, Véhir brise l’enclos de la fécondité et s’enfuit en quête des derniers dieux humains de la légende. Lui, le grogne paysan, va accomplir ce chemin en compagnie de Tia, une jeune prédatrice hurle en exil…

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