Ganesha, les m

«Je suis Ganesha, le dieu à tête d’éléphant, dieu de prospérité et d’abondance. Les hommes s’inquiètent de mon sommeil, car si je dors mal, l’univers entier risque de s’effondrer. Je suis un monstre. Les hommes ont peur, et c’est pourquoi ils rient de moi. Aujourd’hui, visite. Les gens viennent me voir, et une fois leur curiosité rassasiée, ils ne me voient plus. Certains pourraient trouver cela blessant. Moi, je m’en satisfais. Ça me repose. La vieille Tchalla m’a raconté un jour que dans son pays, si l’on regarde un homme suffisamment longtemps, on lui enlève une couche de peau, comme on pèle un oignon. Je n’y crois pas. Je sais d’expérience que ce n’est pas vrai. J’aurais tellement aimé que ça le soit…»

Quatre enquêtes se déroulant au fil des saisons, menées par Joseph Merrick et ses aides Wassendack et Jackal, voilà pour la trame générale du roman de Xavier Mauméjean.
Il y a un réel plaisir qui découle de la lecture de ce roman, parce que l’écriture est fine, précise, tout en étant imagée. Il y a de la vie et de la réflexion, une bonne projection de l’Angleterre de la fin du XIX° siècle dans l’esprit du lecteur. Le style est vraiment bon et la lecture de ce roman est un vrai plaisir.

Pour les quatre enquêtes, sur une question de forme, il y a cependant plus à redire. Les affaires semblent en réalité se résoudre d’elles-même, sans grand besoin de l’intervention ou du talent de Joseph Merrick. Si l’on comprend plus ou moins la résolution par l’intuition ou la révélation de la première histoire, les autres nous laissent sur notre faim, en ayant l’impression de ne pas en avoir compris tous les tenants et les aboutissants. Et ce sans être plus bête que quelqu’un d’autre. La gymnastique intellectuelle de la dernière histoire m’a semblé juste incompréhensible, mis à part que l’on a affaire à un psychopathe.
Le côté « roman policier » tourne systématiquement court, retombe comme un soufflé.

L’ascendance divine de Joseph Merrick / Ganesh et ses pouvoirs médiumniques apparaissent à de nombreuses reprises dans le roman, sans que l’on arrive à se faire une idée précise sur leur réalité : pure fabulation d’un enfant puis d’un adulte qui a besoin d’expliquer sa condition très physique ou réalité peu exploitée dans le roman.

Il y a trop de petits détails gênants qui empêchent d’applaudir des deux mains, même si le plaisir que peut susciter ce roman fait qu’il mérite d’être lu.

Londres, fin du XIXe siècle.
Qui est réellement Joseph Merrick, celui qu’on surnomme « l’Homme-Eléphant » ? Homme ou bête ? Monstre de foire ou curiosité scientifique ? Une simple anomalie de la nature ou… un dieu ?

Lorsqu’il rédige ses Mémoires, il n’a pas trente ans et réside depuis quelques temps à l’hôpital de Whitechapel sous la protection du médecin Frederick Treves. Un refuge qui lui permet d’observer les splendeurs et les misères de la capitales, et de mener l’enquête : quatre affaires, précisément, soit autant de saisons dans une année. De leur résolution dépendra peut-être plus que son destin, car « le monde s’efface dans les rêves de l’éléphant… »

Mnémos Icares (2007)272 pages 18.00 € ISBN : 9782354080099 Couverture : Sébastien Hayez

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