H2G2 : le guide du voyageur galactique de Douglas Adams

Edwige (Visiteur) : La difficulté, lorsqu’on veut présenter un livre-culte, c’est de trouver un moyen d’en parler après que tant d’autres, bien meilleurs, aient dit leur mot dessus… Dans ce cas, le mieux est encore de raconter l’impression qu’il vous a fait.

Pendant les quelques jours où j’ai eu ce « guide » avec moi, on a pu me voir pouffer tout seul dans le tram, entre les Halles et Colonne, et vraiment, il y a des moments où j’aurais pu me rouler par terre au milieu de la bande de tireurs de tronche habituels. Écrit dans une langue qui parodie le style efficace et direct de la littérature anglo-saxonne, ce livre réserve à son lecteur des surprises, des trouvailles à chaque coin de ligne. Parfois, c’en est presque inquiétant tant c’en est délicieux : on tourne la page en se demandant quelle bombinette narrative va encore nous exploser à la figure.

Le compatriote de Mister Bean et des Monty Pythons, comme eux, a le génie de la gratuité : il vous installe dans un coin pépère de la campagne anglaise, comme si le roman allait se dérouler là et soudain badaboum ! La Terre est tout simplement anéantie, car elle se trouve sur le tracé d’une autoroute galactique ! Et ne parlons pas de Marvin, le robot maniaco-dépressif, ni de la mort du gentil cachalot, qui s’écrase abominablement à la fin d’une longue chute dans l’atmosphère. Après cette scène de carnage, des chefs d’Œuvre comme Le grand bleu ou Sauvez Willy ne vous arracheront plus qu’un petit rire nerveux…

L’histoire ? Ah oui, c’est vrai, l’histoire…

Arthur Dent, jeune citoyen britannique tout à fait insignifiant, se retrouve seul survivant de la Terre à la suite de l’odieux anéantissement évoqué plus haut. Le voilà devenu un SDF de l’espace. Et l’espace, avec ses milligigamortahypratrilliards de dangers, c’est pas de la tarte. Heureusement existe le « guide du voyageur galactique », sorte de guide du routard, qui est là pour faciliter la vie des vagabonds de l’espace, et les empêcher de mourir bêtement. Pourtant, Arthur Dent n’a pas vraiment le temps de faire du tourisme : impliqué par hasard dans un complot galactique, il va découvrir l’incroyable vérité sur l’origine de la défunte planète Terre ; vous pensiez avoir tout lu sur le sujet ? Petits présomptueux !

En refermant ce livre, vous ne vous sentirez plus aussi blasés… Vous saurez juste vous rouler par terre au milieu de la bande de tireurs de tronche habituels.

D’habitude, dans les romans de « light fantasy » ou de « light SF » (je ne sais pas si le terme existe), le lecteur doit subir un scénario assez indigent. Comme si l’auteur n’avait pas assez d’énergie créatrice pour composer aussi une bonne histoire, ou qu’il ne pensait pas qu’un bon scénario soit nécessaire, si les gags sont bons… Douglas Adams prouve le contraire : le scénario du Guide du voyageur galactique est (à part quelques incohérences de détail) une petite merveille de suspense, d’équilibre et d’originalité. Vous n’aurez aucune envie de délaisser le livre avant de connaître la fin.

Même en cherchant bien, je ne trouve qu’un seul bémol à formuler : comme j’ai la sale habitude de lire les préfaces, notices, introductions, bref, tout le bavardage que les éditeurs nous fourguent avec un roman à succès, je me suis tapé la postface. Celle-ci raconte en grand détail la longue, la douloureuse aventure de l’adaptation cinéma du Guide. Feu Douglas Adams y est peint comme une sorte de prophète de l’humour, de Jésus-Christ du rire, qui fut persécuté par Hollywood. Cette postface, soporifique, démago, gâche un peu le plaisir de lecture. Je vous conseille de la sauter sans remords.

Douglas Adams et son Guide du voyageur galactique est donc une valeur sûre, un lingot d’humour, dans lequel vous devez investir absolument… Maman, si tu lis cette chronique, n’oublie pas mon anniversaire ! Il y a encore 4 tomes dans la série !

Etienne : J’ai lu le livre après avoir vu le film, ce qui ne doit pas être le meilleur ordre. Ce livre est effectivement très original, rempli de petits détails marrants où l’influence des Monty Pythons se fait sentir.
mais c’est justement un peu daté les Monty Pythons et j’ai trouvé le style d’humour un peu “ancien”, propre au sourire effectivement, mais pas au niveau de Pratchett, si on peut comparer des maîtres entre eux.
Pas sûr que je me précipite sur les tomes suivants dès demain : si je les trouve en bouquiniste oui mais ils ne sont pas en tete de mes priorités.

Et effectivement, la postface est merdique et gache tout le plaisir qu’on a eu à lire le livre.

Comment garder tout son flegme quand on apprend dans la même journée : que sa maison va être abattue dans la minute pour laisser place à une déviation d’autoroute ; que la planète Terre va être détruite d’ici deux minutes, se trouvant, coïncidence malheureuse, sur le tracé d’une future voie express intergalactique ; que son meilleur ami, certes délicieusement décalé, est en fait un astro-stoppeur natif de Bételgeuse, et s’apprête à vous entraîner aux confins de la galaxie ?
Pas de panique !
Car Arthur Accroc, un Anglais extraordinairement moyen, pourra compter sur le fabuleux Guide galactique pour l’accompagner dans ses extraordinaires dérapages spatiaux moyennement contrôlés.

Folio Folio SF (2005)5.30 € ISBN : 2-070-31901-6 Titre Original : The hitch hiker’s guide to the galaxy H2G2
Avis Ciné : Etienne : Pas l’éclat de rire que j’attendais après toutes les éloges entendues sur ce film. Je pense que pour quelqu’un qui n’a pas lu le livre, ca reste un bon divertissement, avec quelques sourires/rires et une histoire originale.
Par contre, je peux aisément croire que les multiples clins d’oeil que l’on devine, les phrases cultes que l’on imagine, tout cela doit ravir les fans.

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