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Rêve du démiurge (Le) 6

Fin 1979, dans le Gers, se dresse au milieu d’un parc une immense propriété sans âge. Lieu de spectacles, mélange architectural de différentes époques, dédié à tous les arts de la scène, il est mondialement connu, et fréquenté par la crème tout le gratin. Il porte pour nom L’Hadès Palace, du nom de son propriétaire, Bran Hadès.
Mais ce n’est pas tout. Il assure aussi la formation des artistes invités en son sein. Avoir un contrat dans ce lieu est une consécration pour tout chanteur, acteur, ou autres bateleurs.

Quand, à Paris, Maxime,mime-serpent, se voit proposé un tel contrat, son hésitation est de courte durée. C’est avec confiance en l’avenir, et la gloire en point de mire, qu’il part pour ce lieu mythique.

Mais le terme de mythique va prendre un sens plus réel, dès son arrivée, et il va comprendre ce que le dogme de l’Hadès Palace «Le Beau, Le Vrai, L’Extrême » recouvre en réalité. Une compréhension acquise dans la douleur et l’horreur.

Si on avait gardé le système des mots clef sur Fantastinet, j’aurais mis «Art, artiste, mime, mort, âme, pouvoirs extrasensoriels, amour, amitié, homosexualité, autre monde, immortalité ». Cela aurait pu remplacer le résumé.

Je pense que l’on peut parler de fantastique gothique pour ce roman. Un récit sombre, qui pousse la souffrance vers un esthétisme qui ne devient jamais malsain, plongé dans des histoires d’amour, d’amitié, de liberté. Un esthétisme, parce que l’un des sujets, ou le sujet principal, est la question suivante: “Y a-t-il des limites à ce que l’on peut demander à l’homme, lorsqu’il se lance dans l’art ?”. “Y a-t-il de bonnes raisons de torturer si c’est pour obtenir le meilleur de ce que l’humain peut donner, ici, l’Art?”. Mais l’on pourrait se poser la même question pour le sport, ou même le travail. Que penser de l’artiste qui passe par de tels tourments, qu’il s’inflige, par exemple par l’absorption de drogue, ou d’alcool, qui va se détruire pour son Œuvre. Seules des morales pourraient y répondre, je crois, mais pas l’homme, qui veut toujours aller plus loin, découvrir le mieux, et surtout ne pas penser à la maxime «le mieux est l’ennemi du bien ». Il n’y a alors pas de limites, comme le montre Hadès Palace, aucune limite dans le plaisir, et aucune dans l’exploit.

Pour ce qui est de l’écriture, beaucoup de vocabulaire, de descriptions, mais bien dosés, sans lourdeur. On trouve aussi, ce qui est rare, un personnage homosexuel, loin des poncifs, genre «la cage aux folles », mais plein de tendresse et de naturel.

Pour finir, il y a une note de l’auteur qui dit ceci, en résumé. Hadès Palace fait partie d’un cycle intitulé Le Rêve du démiurge, dont il est le sixième volume, qui décrit l’Europe des années 1950 à 2000. Certains personnages peuvent être récurrents, mais chaque volume peut se lire indépendamment, d’ailleurs, je n’ai eu aucun manque de compréhension à la lecture de ce volume. Il y a déjà deux autres volumes prévus.

L’Ombre d’un soldat (1994)
Le Jongleur interrompu (1996)
Mélusath (1999)
Le Jeu du cormoran (2001)
Nuit de colère (2003)
Et donc Hadès Palace

Le Bélial (2005)263 pages 9.99 € ISBN : 2-84344-068-8 Couverture : Eikasia
2005

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