Helliconia l’été de Brian Aldiss

VN:F [1.9.22_1171]
Moyenne : 0.0/10 (0 votes pris en compte)

aucun interêt pour comprendre l’histoire.

350 années ont passé, nous sommes désormais loin des aventures d’Aoz Toon, d’Oire, de Shay Tal et des autres habitants d’Oldorando. Le printemps décline rapidement et l’été s’installe, chaud et sec, pour ne pas dire torride et aride. Désormais, les 3 continents ont émergé de leur stagnation hivernale, les humains se sont aventurés hors de leurs village et ont damé le pionts à leurs ennemis ataviques, les phagors. Pour 95 millions d’humains, il n’y a que 32 millions de phagors. Un fort déséquilibre, mais la race des ancipités n’est pas encore en voie d’extinction.

L’histoire se passe au royaume de Borlien, qui se trouve au Sud-Ouest de celui d’Oldorando. C’est un royaume puissant, allié à Pannoval et à Oldorando, notamment grâce au culte d’Akkanaba. Mais ces 3 nations, qui se prétendent civilisées, doivent se battre sur tous les fronts contre des hordes barbares qui voudraient profiter de leur technologie. La seule exception est Pannoval, qui elle affronte Sibornal, l’empire qui s’étend sur tout le continent boréal éponyme. Et cet empire a une sérieuse avance technique, il connait la poudre…

JandolAnganol est roi de Borlien. Afin de resserer les liens avec Oldorando, il décide de répudier la reine MyrdemIngala, alors qu’il l’aime encore comme au premier jour. Mais il sait ne pas avoir le choix, l’amour doit se soumettre au bonheur national. Cependant la reine est plus populaire que lui, il décide alors de l’exiler à Gravabagalinien, un château au sud du Royaume, loin des villes les plus importantes. Il n’attend plus que l’acte de divorce du C’sarr, le chef du culte d’Akkanaba, pour pouvoir épouser la princesse d’Oldorando.

Au même moment, sur l’Avernus, la station spatiale qui orbite autour d’Helliconia, un tirage au sort vient d’avoir lieu. Tous les 10 ans, un des averniens a le droit de quitter la station pour un voyage sans retour vers la planète. Les hommes ne pouvant supporter le virus hélico, ils sont condamnés à périr à la surface. Billy Xiao Pin est désigné pour ce voyage. Seul hic, il est prêt à tout pour coucher avec la reine MyrdemIngala, et ce n’est pas un roi qui se mettra en travers de son chemin.

Je dois reconnaître, qu’une fois de plus, mon avis est mitigé à propos de ce deuxième tome d’Helliconia. Certes il ne manque pas de qualités qui rendent son histoire intéressante, mais il manque encore quelque chose pour que ça me semble vraiment bien.

D’abord, la trame de l’intrigue ne me semble pas réellement différente de celle du printemps. Au fond, nous avons là 3 pays amis mais rivaux, des phagors au milieu, alternativement ennemis ou amis, des femmes à l’importance capitale, une science bouleversante. Par rapport au premier tome, et même si l’échelle n’est pas la même, je sens un peu les même intrigues revenir, la complexité et le machiavélisme en plus. Nous ne jouons plus à l’échelle d’un village mais au niveau continental. Evidemment, les conséquences sont bien différentes maintenant. N’empêche que, ce n’est pas très clair, mais on trouve de nombreuses similitudes plus ou moins explicites.

Désormais, nous avons aussi droit au destin d’un nouveau peuple, celui des habitants de l’Avernus. Bien que leur rôle ne soit pas primordial, à part dans le cas de Billy Xiao Pin, il est interessant de passer à une focalisation plus lointaine, à un point de vue différent. Car la station spatiale est un microcosme de société qui traduit les même tensions et besoins qu’à la surface d’Helliconia. Même si les enjeux ne sont pas les mêmes, et qu’il n’y a guère de menace immédiate, cet apport à la narration est réellement un plus qui nous éclaire un peu plus sur la Genèse d’Helliconia sans pour autant nous embrouiller, ni nous ennuyer.

L’action est quand même plus intense, il y a des batailles plus grandes, des retournements de situations, des intrigues tordues, enfin, disons le clairement, un vrai jeu politique qui ne peut que nous entraîner dans cette histoire. Les personnages ne sont pas en reste, entre un roi crédible dans son rôle d’homme tiraillé entre son amour et ses devoirs, un conseiller avide de connaissance au prix des plus grands sacrifices, toute une galerie de personnalités différentes et très bien dépeintes. Ils semblent presque doués d’une vie propre, comme si l’auteur n’intervenait pas, se contentant de retranscrire leurs péripéties, qui correspondent à ce qu’on pouvait attendre d’eux.

Et désormais, les phagors ont un rôle bien à eux. Fini la fonction de méchants, ce sont désormais des êtres à part entière, avec une organisation, une civilisation, et ils sont surtout les martyrs dans l’histoire, bien que les apparences soient parfois trompeuses. Et avec eux, nous retrouvons toutes les races quasi-intelligentes telles que les madis, les autres,etc.

Tout cela est, ce qui est agréable, supervisé par de solides exposés scientifiques qui ont le mérite d’expliquer la situation d’Helliconia, des races, de la faune et de la flore, sans ralentir l’action. Qu’ils viennent de l’Avernus ou des personnages, ils sont toujours intégrés dans le propos sans choquer, car le servent naturellement. Ces données nous sont amenées sur un plateau, nous n’avons plus qu’à les ingérer, c’est très agréable une telle fluidité de lecture. On peut ainsi tomber, au détour du page, sur les théories de l’évolution de Darwin, sur de la tectonique, le mouvement des plaques, etc. Très instructif et surtout bien tourné, une belle leçon d’écologie planétaire.

Pour conclure, un bon livre, interessant par son traitement plutôt exhaustif de la vie sur une planète, mais au scénario un peu faible sur certains points par rapport au premier tome. Mais ce détail est secondaire, vous pouvez vous contenter d’apprécier l’évolution des personnages et le déroulement précipité des évènements autour d’eux.

Dans Helliconia l’été, Brian Aldiss décrit, sur moins d’une petite année et à travers toute la planète, l’histoire de la chute du roi de Borlien, JandolAnganol, dont les voisins ont été rendus turbulants par l’ardeur écrasante de l’été. Les peuples sont agités par des prophéties selon lesquelles Helliconia finirait dans le feu. Le roi, mystique et paillard, rusé et imbécile, y perdra sa reine, son trône et sa vie.
Robert Laffont Ailleurs et Demain (1986)440 pages 9.99 € ISBN : 0-224-01848-5
Traduction : Jacques Chambon
Titre Original : Helliconia Summer
Jonathan Cape 1983

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *