Hex de Thomas Olde Heuvelt

Il est assez rare de trouver un livre d’imaginaire venant des Pays-Bas, et lorsqu’en plus le titre reçoit l’aval du maître de l’horreur, on hésite un peu moins… Tout en provoquant en même temps une attente très forte du lecteur.

Les fans de Stephen King retrouveront d’ailleurs des éléments qui rappelleront leur auteur fétiche… Toute l’action se situe dans une petite ville, Black Spring, fondée au XVIIème siècle par des hollandais qui s’implantaient sur le territoire américain. Cette petite ville est une ville comme les autres, ou pratiquement comme les autres comme nous les découvrirons très vite : la ville est hantée.

Le personnage qui le hante est Katherine, une femme qui fut condamnée il y a trois siècles par les habitants de la ville pour sorcellerie, qui a eu les yeux et la bouche cousue et qui est devenue la malédiction de Black Spring. Tout le monde est au courant, puisque la sorcière apparaît régulièrement à différents endroits, intérieurs et extérieurs. La survie de la ville tient essentiellement à la confidentialité sur l’histoire de leur village, et cette confidentialité est garantie par une organisation, Hex, qui a mis tous les outils modernes en place pour la suivre et éviter que des étrangers ne puissent prendre connaissance des événements qui entourent l’histoire de Katherine.

Tout est donc mis en oeuvre pour protéger les habitants et un certain nombre de règles gèrent la vie dans cette communauté : les apparitions de la sorcière doivent être signalés (à travers une application mobile), les habitants ne peuvent pas quitter la ville une fois qu’ils s’y sont installés car tombés sous la coupe du fantôme, aucune communication doit être faite sur l’existence de Katherine et aucun contact ne doit avoir lieu avec elle.

Tout à l’heure, vous avez parlé de “notre” fantôme et de “notre” sorcière. J’ai le regret de vous annoncer qu’à partir de cette nuit, ce problème est aussi le votre. Katherine ne vous laissera pas partir. Vous habitez Black Spring à présent. Et le mauvais œil est sur vous.

Pour bien comprendre ce qu’implique ces règles, Thomas Olde Heuvelt fait s’installer un nouveau couple dans le village, les Delarosa. Ces nouveaux habitants vont nous permettre de rapidement comprendre l’omerta qui existe et la volonté de protéger Black Spring de l’extérieur… et dans le même temps, un groupe d’adolescent, mené par Tyler, a décidé d’essayer de comprendre plus dans le détail qui est Katherine et surtout, ce qu’elle veut.

Le roman est très bien construit avec une mise en place minutieuse de l’apothéose de la seconde partie. L’auteur nous plonge donc dans cette ville et dans sa malédiction. Rapidement, nous nous interrogeons sur la volonté qui anime Katherine et sur les raisons qui la pousse à rester ici. D’ailleurs, si nous sommes rapidement au fait des règles (un habitant qui choisirait de s’éloigner de la ville trop longtemps serait pris d’une volonté de mettre un terme à sa vie) et des pouvoirs de la sorcière, qui peut notamment pousser au suicide par de simples paroles (ce qui justifie que sa bouche soit cousue), nous comprenons tout aussi rapidement que le plus grand danger de la ville vient plus des hommes – et des lois édictées par Hex – que par la sorcière elle-même… En effet, la sorcière ne fait qu’être présente, victime elle-même de l’inhumanité de ces contemporains, sans réellement faire de mal : sa dernière victime date d’ailleurs des années 60. Par contre, la gamme de sanctions en cas de non respect des règles de la ville sont surprenantes.

Et c’est bien la question qui est centrale de ce roman : est-ce réellement la sorcière qui est le plus grand danger qui pèse sur les habitants ? Ces jeux de pression entre les différents groupes, les relations entre les différents habitants et la manière de réagir en groupe sont autant de questions qui nous interpellerons.

Un roman dont la seconde partie ne montre pas l’humanité sous son plus beau jour….

Le Livre de Poche (Janvier 2019) – 550 pages – 8,70€ – 9782253083306
Traduction : Benoît Domis (Anglais) depuis la traduction du néérlandais
Titre Original : Hex (2016)
Couverture : Anne-Claire Payet

Brillant et totalement original

Stephen King

Bienvenue à Black Spring, charmante petite ville américaine. Mais ce ne sont que les apparences : Black Spring est hantée par une sorcière dont les yeux et la bouche sont cousus. Elle rôde dans les rues et entre chez les gens à sa guise, restant parfois des nuits entières au chevet des enfants. Les habitants s’y sont tant habitués qu’il leur arrive d’oublier sa présence. Ou la menace qu’elle représente. Car chacun sait ce qui leur arrivera s’ils la touchent ou écoutent ses chuchotements. Et si la vérité sort de son enceinte, la ville entière disparaîtra. Pour empêcher la malédiction de se propager, les habitants de Black Spring ont développé des stratagèmes et des techniques de pointe. Mais un groupe d’adolescents locaux décide de braver les règles et les interdits, et plonge la ville dans un atroce cauchemar…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *