Immortalis de Elias Jabre

Nous sommes en mai 2014 quand tout commence… Fleur, tout juste enceinte se rend à l’Association Internationale Déficience et Entraite (A.I.D.E.) où une effervescence inhabituelle règne.
Alors qu’elle assiste à une réunion on ne peut plus importante, Saturne, son petit protégé, la force à la suivre car son frère Stanislas, brillant généticien, a besoin de la voir de toute urgence concernant les analyses faites sur son enfant.
Car un terrible drame pèse sur cette famille : ils sont victimes du syndrome de l’X fragile, maladie génétique qui entraîne la plupart du temps un retard mental plus ou moins important ; néanmoins le frère et la soeur, bien que touchés, n’ont été victimes que de quelques problèmes physiques.
Stanislas travaille actuellement sur l’amélioration des gènes humains et propose donc à sa soeur de règler le problème en manipulant les gênes de sa fille à venir. Malheureusement, ce n’est vraiment pas du goût de Léonard le père, généticien spécialisé dans la regenerescence des cellules.
Le traitement sera quand même fait mais à l’insu du père…

Quelques 30 ans plus tard, nous retrouvons nos protagonistes, moins Fleur morte d’une septicémie, dans un autre combat…
Stanislas s’est génétiquement créé deux enfants eugéniques – Lili et Borja – qui sont dotés d’étonnantes capacités physiques et intellectuelles.
Léonard, quant à lui, a réussi à trouver le secret de l’immortalité mais ne veut pas se servir de ses recherches pour la donner mais uniquement pour soigner des maladies génétiques.
Quand un politique décide en plus de forcer la main aux deux scientifiques, l’avenir devient incertain…

Quand on lit le quatrième de couverture de ce livre, on a vraiment l’impression que nous allons avoir à faire à une critique de l’immortalité et de son bien-fondé.
Et bien pas du tout ! Bien que l’immortalité tienne une part importante dans la trame de ce roman, l’eugénisme est à mon avis le plus ouvertement montré du doigt : sous prétexte d’amélioration de l’espèce humaine (ou plutôt de destruction des gènes entraînant des maladies génétiques), notre savant fou a créé une pléiade de jeunes surdoués, tous plus désagréables les uns que les autres et pire, doté d’un esprit de supériorité qui donnerait presque la nausée !
Comme si la création de ces hommes parfaits ne suffisait pas, l’auteur nous rajoute une couche en condamnant les mutants génétiques (issus de ces recherches) à habiter le “zoo” qui était à l’origine un hôpital pour soigner les tares génétiques mais qu’à cela ne tiennent, ils ont ajoutés aussi les tueurs et les opposants : quel bel avenir…
Seulement voilà, notre découvreur de l’immortalité craint énormément pour notre morale (qui est déjà bien entaché) et se refuse donc à donner l’immortalité à la population…
Bref, bien qu’au début j’ai eu du mal à lire ce livre, je dois bien avouer qu’avec le recul, il est vraiment très bon : l’intrigue est bien mené et nous donne à réfléchir sur l’avenir de la génétique et de ces dérives qui riquent malheureusement de se produire si ne nous y prenons pas garde…
La dernière citation dont il egaye son roman est la très connue L’éternité c’est long, surtout vers la fin de Woody Allen – A méditer 🙂

Voici enfin venue la dernière étape pour accéder au règne de l’homo immortalis.
Pour nos alchimistes modernes, experts généticiens, ce n’est plus qu’une question de temps. Et à quelques décennies près, les plus âgés d’entre nous arriveront trop tard, ils mourront. Dommage !
Victoire sur la mort… Abolition du temps… Et si l’élixir de longue vie ne s’avérait qu’une sinistra condamnation à perpétuité ? L’angoisse de la mort remplacée par la perplexité absolue.
L’immense majorité est prête à signer les yeux fermés pour un cnotrat ad vitam eternam.
Encore faudrait-il que le découvreur de la régénérescence cellulaire, Léonard Jansen, accepte de livrer son secret à son vieux compagnon et beau-frère, Stanislas. Stanislas, l’éminence grise du ministre Lorentz qui tire les ficelles du pouvoir. Stanislas, l’instigateur du programme d’eugénisation de la Nation.

du Masque (Janvier 2004)249 pages 14.00 € ISBN : 2-702-43241-7 Couverture : Gourtay

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