Incident Jesus (l

La vie sur Pandore, la planète créée par Nef est des plus difficiles, tant la faune locale se montre hostile envers les humains. Y survivre est un défi quotidien, qui n’autorise jamais de baisser sa garde. Et si les choses n’étaient déjà pas assez compliquées, la famine règne dans la Colonie humaine, car il faut aussi explorer la planète et produire des clones pour construire le Blockhaus, une forteresse destinée à lutter contre Nef.

Mais Nef, justement, en a assez de jouer avec les humains. Puisqu’ils n’arrivent pas à la vénefrer correctement, malgré les dizaines d’années concédées, elle va leur envoyer Raja Flatterie, le psyo qui l’a créée, pour qu’il les convainque de trouver comment la vénéfrer. Mais Flatterie est forcé de cacher son identité, lui qui est un personnage historique pour les humains, et d’adopter le pseudonyme de Raja Thomas. En effet, il doit affronter l’hostilité de Oakes, le psyo de la Colonie, qui croit voir en lui un adversaire, voire un successeur imposé par Nef.

En même temps, Nef décide d’envoyer sur Pandore un jeune poête, Kerro Panille. Pour quelle raison, personne ne le sait, d’autant qu’un poête est inutile sur Pandore et qu’il est inapte à la défense . Il va se retrouver affecté, avec Raja Thomas, à la dernière mission d’exploration de l’unique océan de Pandore. Un océan peuplé de ce qu’on appelle du lectrovarech, une espèce animale étrange et probablement lié aux gyflotes, ces étranges ballons qui parcourent l’atmosphère de Pandore. Or, toutes les missions précédentes ont été détruites lors de leur contact avec les lectrovarech, autant dire que cette ultime mission est presque un suicide.

L’incident Jesus est un planet opéra efficace partant d’un postulat qui, sans être original, n’en est pas moins traité. Car le dieu de cette planète est bien visible, c’est Nef, il existe, ses bienfaits sont connus de tous, et sa colère tangible. Dans un sens, ce pourrait être parfait, puisque les hommes ne peuvent que craindre et vénérer ce qu’ils n’appréhendent qu’à peine. Sauf que le culte dont elle est l’objet ne suffit pas à Nef et qu’elle en veut plus. Mais nef est une divinité bien plus cruelle encore, puisqu’elle accorde ses faveurs et les retire, sans compter qu’elle impose un compte-à-rebours aux hommes, qui doivent trouver comment la «vénéfrer» correctement…

Le titre n’est évidemment pas un hasard, puisque très rapidement, la métaphore religieuse va devenir évidente, la ressemblance avec des évènements mythiques frappante. Comme si l’homme était voué à toujours revivre son propre passé. Mais cette fois, il est confronté à une grave menace puisque Pandore, la planète où vivent ces hommes, est peuplée de monstres assoiffé de sang, notamment humain. Tout s’en trouve compliqué quand la survie est en jeu, et que tous ne jouent pas clair dans leur jeu. Ainsi deux histoires coexistent avant de se rejoindre tragiquement, portant l’intensité de l’histoire à son comble.

En conclusion, le cycle initié par «Destination : vide» trouve avec ce roman une belle fin. Les héros finissent par accomplir ce à quoi ils étaient destinés, les mystères de Nef sont résolus, et tout finit plus ou moins bien, au moyen d’une histoire qui, parfois entrecoupée de quelques périodes creuses, est globalement très vive et ne vous laissera pas en repos.

Le navire interstellaire Terra, animé par une intelligence artificielle, Nef, créée par ses passages dans « Destination : vide » et devenue un dieu cruel, a été projeté par elle à l’autre bout de l’univers. Il orbite désormais autour de la planète Pandore, hostile aux humains.

Morgan Oakes se donne un but : conquérir à tout prix Pandore en sacrifiant des clones humains, y construire une forteresse et, de là, détruire Nef.

Flatterie, le psychiatre-aumônier qui a contribué à la naissance de Nef, veut lui, sauver l’humanité et la compassion.

Si Nef le veut.
Le Livre de poche SF (2008)637 pages 7.50 € ISBN : 9782253123989
Traduction : Guy Abadia
Titre Original : The Jesus Incident (1979)

Couverture : Manchu
Robert Laffont

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