Interview : Anne Robillard

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Date :août 2007
Au détour d’un magazine, j’ai pu lire un article sur les Chevaliers d’Emeraude, article qui m’a intrigué… J’ai donc lu les deux premiers volumes des aventures de Wellan et Kira et j’ai été emballé…
J’ai voulu en savoir plus et Anne a accepté à répondre à nos questions, merci à elle !

Allan : Bonjour, pourrais-tu te présenter à nos lecteurs dans un premier temps et nous indiquer ce qui t’a fait tomber dans le monde de l’écriture ?
Anne : Je suis la fille aînée d’un comédien et d’un professeur de ballet. J’ai donc passé une bonne partie de mon enfance sur les planches. Chez moi, on encourageait les arts, ce qui m’a permis de développer librement mon talent. J’ai tout de même choisi d’exercer un métier stable en attendant de percer. Je suis devenue secrétaire juridique, puis traductrice, avant de pouvoir vivre de ma plume. Rien n’arrivant jamais pour rien, je ne regrette pas d’avoir passé 27 ans dans un cabinet d’avocats à apprendre à lire un contrat, puisque je travaillais au service de la propriété intellectuelle. Quant à la traduction, elle m’a permis de traduire moi-même les deux premiers tomes de la série en anglais. Je n’ai pas besoin de vous dire que je n’ai plus le temps de faire de la traduction, car seulement en 2007, j’aurai publié cinq romans (deux Chevaliers d’Émeraude et trois A.N.G.E.).
Je ne suis pas tombée dans le monde de l’écriture, j’y suis née. À l’âge de six ans, dès que j’ai compris qu’en agençant des mots sur une page blanche, on pouvait créer une histoire, j’ai commencé à écrire. Je n’ai jamais cessé depuis. Je crois faire partie des personnes chanceuses qui savent ce qu’ils veulent faire très tôt dans la vie. Je n’ai été publiée que dans la quarantaine, mais je n’ai jamais cessé de croire à mon rêve.

Allan : Les chevaliers d’Emeraude – dont les deux premiers tomes sont déjà parus chez Michel Lafon – rencontrent un grand succès au Canada: t’attendais-tu à un tel succès ?
Anne : En 2001, je savais que je venais d’écrire un de mes meilleurs romans de toute ma vie. Je voyais déjà sa mission universelle. Je croyais en son succès, mais jamais je n’ai imaginé qu’il se concrétiserait dans un si court laps de temps ! En l’absence de toute publicité et uniquement par le bouche à oreille, il s’est retrouvé dans toutes les mains au Québec et il commence à se propager jusqu’au Yukon. Les premiers tomes sont traduits en polonais, en italien, en espagnol, en allemand et la série sera bientôt publiée en anglais. Nous approchons le million d’exemplaires vendus au Québec et je reçois des centaines de courriels de nouveaux lecteurs chaque semaine. Je remercie le ciel tous les jours de m’avoir permis de partager les aventures de mes Chevaliers avec autant de lecteurs de 6 à 96 ans !!!

Allan : On pensait qu’après les succès phénoménaux d’Harry Potter ou encore d’Eragon, les succès importants allaient se calmer… Ce ne semble pas être le cas : être comparé à une JK Rowlings (ce que j’ai pu lire dans un article) n’est-ce pas intimidant?
Anne : Je ne vois pas les choses ainsi. À mon avis, les gens auront toujours besoin de magie dans leur vie. Je ne crois pas que ce besoin s’atténuera avec le temps. Harry Potter a connu un pareil succès parce qu’il offre aux lecteurs la fantaisie qui les soulage des contraintes de leur vie quotidienne.
Il est intimidant mais aussi flatteur d’être comparée à JK Rowlings, bien que mon rêve secret c’est d’être comparée un jour à Tolkien dont l’Œuvre continue de connaître le succès longtemps après sa mort. Je dois beaucoup à madame Rowlings. Elle a ouvert la porte aux auteurs de fantastique et de fantaisie au Québec. Grâce à elle, les éditeurs québécois ont compris qu’il s’agissait d’un genre littéraire important. J’aimerais bien pouvoir la remercier en personne, un jour.

Allan : D’ailleurs, quand on est auteur jeunesse, ne devient-on pas agacé par le phénomène Potter qui occulte un peu tout le reste ?
Anne : Pas quand on est soi-même une fervente lectrice de Harry Potter ! Ni moi, ni mes éditeurs ne percevons ce phénomène comme une menace. Évidemment, nous faisons attention de ne pas publier un roman en même temps qu’un Harry Potter, ça va de soi.

Allan : Les chevaliers d’Emeraude sont des chevaliers mages qui évoluent dans un monde divisé en plusieurs régions, avec des peuples aux particularités bien marquées. La création de ce monde a du demandé une grande préparation ! Comment s’organise-t-on pour conserver une cohérence sur l’ensemble de l’Œuvre ?
Anne : Je conserve toutes mes notes. Mais j’ai aussi une arme secrète : ma sŒur Claudia, qui a une mémoire phénoménale. C’est elle qui, la première, lit mes manuscrits, afin de s’assurer que je n’oublie aucun détail.

Allan : Pour l’instant seuls les deux premiers volumes sont parus en France alors que va paraître au Canada le 11ème volume en octobre : avez-vous déjà une idée du nombre de volume que comptera la série ?
Anne : La série comptera 12 tomes, mais puisque je reçois des centaines de courriels me suppliant de ne jamais arrêter cette série, j’ai décidé d’en écrire une autre qui poursuivra les histoires des Chevaliers, 10 ans après la fin de la guerre. Elle portera un nom différent, probablement « Les héritiers d’Enkidiev ».

Allan : Sur les deux premiers volumes, j’ai eu le sentiment que chaque nouveau volume sera marqué par la nomination de nouveaux écuyers / chevaliers… Est-ce que ce sera toujours le cas ?
Anne : Non. Sans vouloir révéler toute l’intrigue, vers la fin, les Chevaliers n’auront plus vraiment le temps de former des jeunes et ils se concentreront plutôt sur les jeunes qui ont grandi auprès d’eux.

Allan : Le personnage de Kira est au cŒur de la prophétie et sera par la même victime – dans les premiers temps du moins – d’une protection plus que rapprochée : je trouve même que Wellan est bien trop dur avec lui… Cette situation est-elle amenée à évoluer ?
Anne : Ce qui fait la beauté de cette série, c’est justement que tous les personnages évoluent, autant Wellan que Kira. J’y raconte une guerre qui a duré plus de 30 ans, alors j’ai le loisir de parler de la transformation des sentiments, des points de vue et des relations interpersonnelles des personnages les plus importants. C’est de la fantaisie qui a tout de même une base très réaliste. Même les héros peuvent changer.
Allan : Les histoires d’amour commencent à être présentes entre les chevaliers dès le deuxième tome, mais cette situation ne semble pas être évidente : les Chevaliers auront-ils un peu de répit ?

Anne : Il y aura en effet des trêves durant lesquelles les Chevaliers feront des rencontres, deviendront amoureux, se marieront, auront des enfants et rêveront de temps de paix.

Allan : Pourra-t-on dans les volumes suivants en apprendre un peu plus sur leurs histoires personnelles ?
Anne : Je ne pourrai pas vous raconter l’histoire de chacun d’entre eux. Il y a plus de 200 Chevaliers vers la fin de la série, mais j’en ai choisi quelques-uns que vous apprendrez à bien connaître.

Allan : J’ai vu qu’un site entier est dédié à l’univers des chevaliers d’Emeraude et de leur créatrice (http://www.chevaliersdemeraude.com): est-ce toi qui t’occupe des mises à jour ?
Anne : Ciel, non. Je n’ai aucun talent pour l’informatique. Le site a été conçu par Jean-Pierre Lapointe, un magicien de l’image informatique, puis, c’est d’abord ma sŒur Claudia (qui elle, est douée) qui s’en est occupée. Aujourd’hui, c’est Josée-Anne, mon assistante, qui fait son possible pour le garder à jour. Il faut comprendre qu’elle doit aussi s’occuper de mon site personnel et du site de A.N.G.E. en plus de coordonner toutes mes rencontres, de répondre au courrier et de gérer les produits dérivés. Grâce à elle, et à Claudia, je peux maintenant me consacrer à l’écriture.

Allan : As-tu d’autres projets sur lesquels tu travailles hors la suite des chevaliers ?
Anne : J’ai rêvé à une autre série fantastique que j’aimerais commencer à écrire afin de la présenter à mes lecteurs dès l’an prochain. Je voudrais aussi sortir de mon classeur toutes les histoires que j’ai écrites en attendant d’être connue.

Allan : Que peut-on te souhaiter ?
Anne : De rencontrer un producteur ou une productrice ayant la même vision que moi, afin que nous puissions mettre la série des Chevaliers d’Émeraude au petit écran. Lorsque j’étais enfant, il avait beaucoup de séries télévisées très cool, comme Thierry la Fronde, Ivanhoé, Guillaume Tell, etc. J’aimerais offrir à mes lecteurs la possibilité d’entrer visuellement dans mon monde chaque semaine.

Allan : Le mot de la fin sera :
Anne : Courage, Honneur et Justice ! Surtout, n’abandonnez jamais vos rêves. Je suis la preuve qu’on peut les réaliser avec beaucoup de persévérance.

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