Interview : Christophe Guilbaud

Réalisée par :mail
Date :juillet 2006
Les éditions normant ont fait paraître le premier volume des Capelans, dont vous pouvez lire la critique sur notre site ; premier volume d’une épopée en comptant deux, première réussite pour l’auteur… Rencontre

Allan : Christophe, du fait de ta jeunesse dans le métier, accepterais-tu de te présenter à nos visiteurs ?
Christophe : J’ai 43 ans, je suis cadre dans une juridiction financière.
Mon univers professionnel est donc peuplé de comptes, tandis qu’une partie de mes soirées est consacrée aux peuples des contes…

Allan : Quelles sont tes lectures favorites et quels sont les auteurs qui t’ont poussé à te lancer toi aussi dans l’aventure ?
Christophe : Mes lectures sont assez éclectiques. Je passe avec bonheur de Ken Follett à Van Cauwelaert, de Pennac à Robert Merle, de Feist à Werber.
Adolescent, je suis tombé avec ahurissement dans l’univers de Tolkien, juste après avoir goûté la magie de Boris Vian. Cela a sans doute constitué une première pierre dans mon imaginaire personnel.
Ensuite, Frank Herbert avec Dune, Isaac Asimov avec Fondation, notamment, ont ancré mes goûts pour la découverte de mondes fascinants habités de personnages aux pouvoirs hors du commun.
Plus récemment, j’ai dévoré l’Œuvre de Marion Zimmer-Bradley, de Pierre Bordage ou encore de Terry Goodkind.

Allan : Le premier roman est généralement un véritable parcours du combattant… Est-ce que cela a été le cas pour toi ?
Christophe : J’ai commencé par écrire des nouvelles. Une bonne dizaine d’entre elles ont été primées, parfois éditées.
Je me suis ensuite essayé au roman. Les capelans est le troisième que j’ai écrit, mais c’est le plus achevé. J’en ai fait quatre ou cinq versions avant de l’adresser à des éditeurs.
Didier Molière, des éditions Normant, m’a rapidement appelé en me disant qu’il était très intéressé par mon livre. Ensuite, tout a été très vite…

Allan : Ce qui pourrait surprendre pour un premier récit est que tu débutes par un cycle… As-tu déjà établi combien de volumes il comprendra, peut-être d’ailleurs est-il totalement prêt ?
Christophe : L’histoire des capelans comprendra deux tomes seulement. Le second est en cours d’écriture, et il achèvera l’histoire.
Mais je ne m’interdis pas, si le livre marche bien et que l’envie est toujours présente, d’écrire un jour une autre histoire qui se situerait dans le même monde.

Allan : Le début de l’histoire peut sembler un peu cliché, l’enfant orphelin qui se révèlera à l’âge adulte… N’as-tu pas peur de rebuter par ce départ “standard” des lecteurs habitués à lire de la Fantasy ?
Christophe : Les joueurs d’échecs te le confirmeront : la plupart des parties démarrent sur des ouvertures standard, puis sortent rapidement des configurations connues.
La même situation peut à mon avis être exploitée de cent manières distinctes, à partir du moment où l’environnement est différent.
Les caractéristiques des personnages, leur histoire, leurs besoins, le monde et la période dans lesquels ils évoluent constituent autant de facteurs qui rendent unique chaque situation.

Allan : Le personnage de Lorillou va se chercher durant tout ce récit… Comment as-tu fait évoluer ton personnage : est-ce un personnage que tu as laissé vivre au fur et à mesure de ton avancée dans le texte, ou avais-tu déjà en tête un profil, orientant le récit pour le mener jusqu’à cette image que tu t’en étais faite ?
Christophe : La trame complète du récit, ainsi que les caractéristiques des personnages, leur évolution respective, étaient couchées sur le papier avant que j’écrive la première ligne.
Mais en cours de route, l’histoire a pris le pouvoir et a infléchi pas mal de situations.
Le caractère de Lorillou, l’apprentissage de ses capacités mentales, n’ont pas suivi la ligne que je leur avais tracée, même si à l’arrivée ils correspondent bien à l’image que je m’étais faite de lui au départ.

Allan : Les Capelans sont un groupe bien à part dans ton système : entre religieux et juristes, ils sont un peu l’âme de ton monde, les garants en tout cas de sa bonne santé… Pourtant, ils sont doués de peu de pouvoirs au final ; tu voulais vraiment rendre Lorillou unique ?
Christophe : Les capelans sont des sages. Ils permettent à la société de fonctionner de manière équilibrée, d’évoluer dans le bon sens.
Mais comme tous les sages, ils se trouvent démunis lorsque quelqu’un utilise la violence contre eux. La conciliation et la modération sont essentielles sur le long terme, mais insuffisantes pour gérer les bouleversements extrémistes. Les pouvoirs dont disposent les capelans ne sont pas adaptés à la lutte contre un oppresseur.
Dans ces occasions, il faut des personnalités hors du commun qui prennent les rênes et qui s’affranchissent des règles habituelles pour ramener la communauté sur le droit chemin.
Lorillou est l’un de ces êtres à part et, vu sous cet angle, il est unique.

Allan : Au-delà de l’histoire en elle-même, nous ressentons que tu accordes beaucoup d’importance au respect de l’autre, homme ou animal… Les écrits de Fantasy sont-ils pour toi un bon vecteur pour faire passer des messages ?
Christophe : Je n’ai pas écrit ce roman pour faire passer des messages. Mais si cette histoire révèle certains aspects des valeurs qui me sont chères, et si ces valeurs vont plutôt dans le bon sens, alors tant mieux !
Concernant les animaux, je me suis plongé avec une certaine jubilation dans leur peau pour décrire les sensations qu’ils étaient capables d’éprouver grâce à leurs perceptions aiguisées. J’ai d’ailleurs dû supprimer quelques scènes, au fil des versions successives, afin de ne pas trop alourdir l’histoire.

Allan : Le deuxième message qui m’est parvenu est une apologie de la résistance…
Christophe : Il faut une force de caractère singulière pour oser s’insurger contre un régime tout puissant. Les Mandela, les de Gaulle, ne courent pas les rues, même s’ils ne sont pas forcément représentatifs des millions d’anonymes qui ont payé de leur vie la fidélité à leurs convictions les plus profondes, dans l’histoire du monde.
J’aime beaucoup le texte d’une chanson de Goldmann qui s’intitule Si j’étais né en 17 à Leidenstadt. Il s’interroge sur l’attitude qui serait la nôtre, s’il fallait aller au-delà des mots.

Allan : Alors quand pourrons-nous lire la suite ?
Christophe : Mon éditeur m’avait conseillé de ne pas attendre plus d’un an avant la sortie du second tome.
Mais j’écris seulement pendant une partie de mon temps libre, et il est rare…
J’espère quand même pouvoir publier la suite en 2007.

Allan : As-tu d’autres projets en cours ?
Christophe : Je mène en permanence plusieurs projets de front. Par exemple, j’achève en ce moment, avec quelques amis, la construction d’un bateau en bois, qui nous a demandé plus de trois ans de travail.
En matière littéraire, j’ai d’autres fers au feu, mais pas dans le genre fantasy.

Allan : Nous as-tu rendu visite ?
Christophe : Oui, je connais Fantastinet. Il m’arrive d’aller consulter des chroniques sur des livres ou des auteurs, lorsque je ne sais plus quoi acheter.
C’est un très bon site, à jour des actualités les plus récentes et dont les articles éclairent de façon pertinente le lecteur.

Allan : Que peut-on te souhaiter ?
Christophe : De lire prochainement la chronique de mon second tome sur ton site !

Allan : Le mot de la fin sera :
Christophe : Il ne faut pas mettre du vinaigre dans ses écrits, il faut y mettre du sel. C’est de Montesquieu, et cela me vient sans doute à l’esprit parce que c’est l’heure de passer à table !
À bientôt…

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