Interview de Cyril Pujos

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Allan : Bonjour Cyril, tout d’abord bienvenu sur Fantastinet. Pourrais-tu comme il est de coutume pour un auteur qui n’a pas encore été interviewé te présenter à nos visiteurs ?

Cyril : Bonjour, Allan. Et bonjour à tous.

Pour compléter le 4ème de couverture de mes bouquins (enseignant-chercheur, ingénieur, docteur es machin… bref que des trucs pompeux), je dirais que je suis un scientifique qui adore la magie, un rôliste tombé dans la fantasy depuis qu’il tout jeune et un écrivain dilettante qui publie uniquement pour le plaisir d’écrire des histoires (en espérant qu’elles plairont à quelques-uns).

Allan : Tu as publié chez Edi-Livre la trilogie d’Archeronde. Pourrais-tu mettre l’eau à la bouche à tes futurs lecteurs ?

Cyril : Et s’il n’y avait pas de soleil ? Et si le ciel changeait de couleur en fonction de l’heure qui passe ? Et si la terre avait la dimension d’une ville et que la ligne d’horizon était une barrière infranchissable sans la magie ? Et si…

L’Intermonde se situe à la frontière des univers. C’est un monde instable dans lequel ses habitants développent une forme de magie leur permettant de vivre. Une magie qui n’apparaît qu’à l’adolescence lorsque les hormones se réveillent. Et c’est justement pour ça que cette histoire s’intéresse à l’histoire de Théo, un ado qui se prépare à rentrer dans un prestigieux lycée privé pour y apprendre la magie. Et il déteste ça, car non seulement il va perdre ses amis de vue (Archeronde prend tous ses élèves en pensionnat pour s’assurer qu’ils se concentrent sur leurs études…), mais en plus son frère y a brillé des années auparavant. Avant de sombrer dans la folie meurtrière de la secte Magesang et d’être condamné à perpétuité à l’emprisonnement dans le monde des cauchemars.

Bien entendu, son frère disparaît de sa cellule quinze jours avant la rentrée, rappelant à tout l’Intermonde que Théo porte le même nom qu’un de ses plus célèbres criminels… Et la situation va rapidement s’aggraver puisque il se trouve dans la même classe que la fille des victimes de son frère.

Oui, l’année de seconde commence très mal pour Théo. Mais un autre mystère va bientôt captiver son attention : l’existence d’une mystérieuse organisation secrète au sein du lycée. Et la confrérie d’Archeronde va s’avérer le terrain d’une guerre qui va entraîner Théo dans une situation qui le dépasse. Heureusement il ne sera pas tout seul.

Les tomes 2 et 3, le Navigateur du Magespace et les Héritiers de la Chimère, racontent l’année de première et de terminale de Théo. La situation semble se compliquer d’année en année et Théo découvre de nouveaux secrets qui vont faire de lui la cible de Magesang. Bien entendu, aucun lycéen ne peut arrêter tout seul une secte terroriste usant de sortilèges secrets et impies. Et le personnage principal devra lutter jusqu’au bout avant que le lecteur ne sache s’il est vraiment un héros ou simplement la victime innocente du destin (c’est-à-dire moi dans le cas présent…).

J’oublie de préciser que comme tout lycéen qui se respecte, Théo doit faire avec une ribambelle de profs barjots ou sadiques, sans compter les filles…

Une petite originalité : la trilogie est entièrement rédigée à la première personne du présent. Le lecteur lit donc en direct ce qui arrive à Théo, ce qu’il pense, ce qu’il ressent. Il découvre ainsi l’Intermonde au fur et à mesure comme si c’était son habitat naturel au lieu de subir cinquante pages de fonctionnement de ce monde très hautement magique.

Allan : Edi-Livre fait partie de ces éditeurs qui permettent la publication tant en ligne qu’en format papier : puisque tu es le premier auteur « Edi-Livre » à être interviewé, peux-tu nous dire ton retour d’expérience avec eux ?

Cyril : Pour un auteur inconnu, trouver un éditeur peut s’avérer le parcours du combattant, surtout dans ce genre littéraire. Edilivre ne publie qu’à la commande : le risque est donc limité, ce qui signifie que cet éditeur peut plus facilement accepter un auteur qu’une grosse maison d’édition.

Il y a toutefois un comité de lecture qui valide l’acceptation ou non du manuscrit proposé. Une fois que c’est fait, Edilivre s’occupe à ses frais de la mise en page du livre. De ce côté-là, la police est très lisible, le papier et la couverture sont de bonne facture et les dimensions du livre sont agréables à l’utilisation. Le livre est également disponible en format numérique à un prix très faible, ce qui peut s’avérer intéressant. Enfin Edilivre s’assure de la possibilité de le commander sur Amazon, Alapage et d’autres sites de ce style.

Néanmoins il n’y a pas de retour sur le manuscrit : il est accepté ou non, mais personne ne dira « vous pourriez peut-être reprendre ce chapitre… Quelque chose ne va pas… ». Certains préféreront. Dans la même lignée, la correction orthographique est une option payante. J’avoue qu’il en reste quelques-unes après plusieurs lectures et relectures. Enfin le plus difficile pour vendre, c’est de faire la promotion du livre. Et c’est à l’auteur d’aller démarcher les librairies, ce qui n’est pas nécessairement facile.

Cependant, je dirais que c’est un bon compromis pour sortir ses premiers romans et se faire la main. L’auteur reste propriétaire des droits d’auteur et peut donc à tout moment (moyennant 3 mois de préavis) changer de maison d’édition s’il en a le désir et la possibilité. En attendant, le livre est édité et ça c’est la finition d’un projet d’écriture.

Allan : Certains des évènements / relations m’ont fait penser à Harry Potter : est-ce un héritage que tu acceptes ou que tu rejettes ?

Cyril : (Rires !)

Il serait très difficile et particulièrement de mauvaise foi de le rejeter. L’histoire d’un lycée qui apprend la magie en pensionnat dans un lycée, dont le frère s’est évadé d’une prison dont il est impossible de sortir ne peut que faire penser au Prisonnier d’Azkaban (3ème opus d’Harry Potter). En plus, il a deux amis : un garçon et une fille, comme tu le remarques toi-même dans ta critique du premier tome. Sans compter le sport de balle qui va rappeler à beaucoup le quidditch, malgré les différences flagrantes… Ah… Si je pouvais comparer ma trilogie à Harry Potter en termes de ventes…

Intéressons-nous donc plutôt aux différences : d’abord un univers complètement séparé de notre réalité (il n’y a pas ici de cohabitation moldus – sorciers), ensuite une magie sans baguette, plus scientifique aussi (mais sans être ennuyeuse pour autant… enfin j’espère). Ensuite viennent les personnages. Malgré des configurations communes, leurs rapports sont très différents des héros de J.K. Rowling. Stéphanie est attirée par la mauvaise réputation du frère de Théo. Quant à Émile, c’est le meilleur ami de Stéphanie alors qu’ils sont aussi différents que le jour et la nuit. Enfin Théo n’a rien d’un héros et est souvent à l’origine de catastrophes malgré ses bonnes intentions.

Je pourrais raconter le livre et démontrer toutes les différences, mais ce serait en pure perte. La seule chose qui compte, c’est que jusqu’ici toutes les personnes qui ont lu les deux reconnaissent comme toi les ressemblances, mais ne tardent pas à dire que c’est finalement très différent.

Allan : De nombreux personnages jalonnent les récits et tu m’indiquais lors de notre rencontre à la 25ème heure du livre (salon du livre « généraliste » se tenant au Mans tous les ans, le deuxième week-end d’octobre), que tu t’étais fait un petit « guide » des personnages. Est-ce quelque chose que tu veux partager un peu comme l’a fait Stephen King pour la Tour Sombre (Concordances 1 & 2) ?

Cyril : J’ai la fâcheuse habitude de multiplier les personnages, ceci pour plusieurs raisons : la principale, c’est que chacun de nous croise régulièrement plus de cinquante personnes. Ensuite, ce sont des sources d’intrigues extraordinaires : la meilleure amie de la fille sur qui tu flashes peut rapidement devenir ta pire ennemie si tu n’y prends pas garde. Enfin une personnalité se définit aussi à travers sa relation aux autres. Je fais d’ailleurs très attention à l’évolution de l’ensemble des personnages au cours des trois tomes et d’apparentes potiches peuvent se révéler plus subtiles qu’au premier regard.

Néanmoins pour en revenir à ta question, j’ai mis à la disposition des lecteurs sur mon propre site un récapitulatif non exhaustif des personnages des 2 premiers tomes, ainsi qu’un résumé de ces 2 livres. Ceci pour les gens qui arrivent au troisième tome 2 ans après avoir lu le premier et qui ne se souviennent plus de certains détails. Bien sûr, certains personnages restent dans l’ombre et les résumés ne donnent pas toutes les clefs, mais ça peut suffire à réveiller la mémoire. Donc tout ça, c’est sur http://accueil.archeronde.fr . Le site est loin d’être parfait, rarement tenu à jour (pas bien, mais pas le temps…) mais il contient un grand nombre d’infos sur ces livres.

Allan : Ce cycle est désormais fini mais laisses-tu une porte ouverte te permettant éventuellement d’y revenir plus tard ?

Cyril : Non.

(Rires !) Dans l’absolu, on peut toujours faire des choses, mais ce n’est pas mon intention. À mon avis, il faut savoir s’arrêter. J’ai donc fait une vraie fin dans mon 3ème pour éloigner cette tentation. Cette histoire est terminée. On passe à autre chose. Au pire, dans une période de grand désœuvrement, je pourrais éventuellement améliorer les faiblesses de style et sortir un 2ème édition, mais ce n’est pas dans mes projets immédiats.

Allan : Quel regard portes-tu en regardant un peu en arrière sur cette trilogie ?

Cyril : Beaucoup de tendresse en fait. Ces personnages m’ont accompagné pendant un bon bout de temps et ils m’ont permis de vivre des aventures passionnantes. Aujourd’hui ils existent dans de vrais bouquins et je me surprends moi-même à rire en relisant certains passages (narcissisme, quand tu nous tiens…). Je ne doute pas qu’on puisse faire mieux, mais je suis content d’en être arrivé là.

Allan : Maintenant, je sais que tu as un autre sujet sur le feu, tu peux nous en parler ?

Cyril : Avec plaisir, même s’il avance très lentement à mon goût. C’est une histoire qui se passe au sein de l’empire du Dragon, une culture millénaire inspirée (librement inspirée) d’un médiéval asiatique. Espoir est un jeune garçon né dans le clan guerrier des Immortels, destiné à devenir un ancestral, c’est-à-dire un combattant ayant conclu un pacte avec ses ancêtres pour puiser leur expérience et leur force en échange de sa vie. Après sa transformation, il est traité comme un dieu, un dieu violent et intolérant, faisant respecter la « justice » et « l’ordre céleste » par l’épée. Particulièrement doué, il est appelé à une grande destinée, malgré la corruption de l’époque qui favorise les courtisans aux dépens de la classe militaire. Mais c’est sans compter sur le destin (encore moi…). Dans l’ombre des sorciers œuvrent à la corruption de lu monde créé par les dragons, tandis que les courtisans intriguent pour le pouvoir, que les riches affament les pauvres et que des ennemis héréditaires se réveillent… Un projet sombre où le sang coule, les os craquent et l’âme se consume…

Allan : Nous nous sommes rencontrés pour la troisième fois si je ne me trompe à la 25ème heure, et tu étais à nouveau entouré d’ « anciens » du genre (il y avait notamment Pierre Bordage, Xavier Mauméjean, Laurent Genefort, …) : quel souvenir en gardes-tu ?

Cyril : Le salon du Mans (la 25ème heure) de notre rencontre était mon premier salon. J’en garde un excellent souvenir et plein de romans extraordinaires que j’ai achetés. J’ai eu la chance de côtoyer des auteurs de qualité, gentils, abordables, simples… Au-delà même des auteurs, il y avait une sacrée équipe de libraires et de bénévoles et les lecteurs… Ah ! Les lecteurs ! Quel plaisir que d’échanger, qu’ils prennent ou non mon livre. Déjà trois salons et je reviendrai avec plaisir tant que je serai invité.

Allan : Je te laisse le mot de la fin :

Cyril : À l’Homme qui rêve, il n’est de prison dont il ne puisse s’évader.

Rêvez, lisez et si vous voulez entrer à Archeronde, sachez que vous êtes les bienvenus.

Allan : Bonjour Cyril, tout d’abord bienvenu sur Fantastinet. Pourrais-tu comme il est de coutume pour un auteur qui n’a pas encore été interviewé te présenter à nos visiteurs ?

Cyril : Bonjour, Allan. Et bonjour à tous.

Pour compléter le 4ème de couverture de mes bouquins (enseignant-chercheur, ingénieur, docteur es machin… bref que des trucs pompeux), je dirais que je suis un scientifique qui adore la magie, un rôliste tombé dans la fantasy depuis qu’il tout jeune et un écrivain dilettante qui publie uniquement pour le plaisir d’écrire des histoires (en espérant qu’elles plairont à quelques-uns).

Allan : Tu as publié chez Edi-Livre la trilogie d’Archeronde. Pourrais-tu mettre l’eau à la bouche à tes futurs lecteurs ?

Cyril : Et s’il n’y avait pas de soleil ? Et si le ciel changeait de couleur en fonction de l’heure qui passe ? Et si la terre avait la dimension d’une ville et que la ligne d’horizon était une barrière infranchissable sans la magie ? Et si…

L’Intermonde se situe à la frontière des univers. C’est un monde instable dans lequel ses habitants développent une forme de magie leur permettant de vivre. Une magie qui n’apparaît qu’à l’adolescence lorsque les hormones se réveillent. Et c’est justement pour ça que cette histoire s’intéresse à l’histoire de Théo, un ado qui se prépare à rentrer dans un prestigieux lycée privé pour y apprendre la magie. Et il déteste ça, car non seulement il va perdre ses amis de vue (Archeronde prend tous ses élèves en pensionnat pour s’assurer qu’ils se concentrent sur leurs études…), mais en plus son frère y a brillé des années auparavant. Avant de sombrer dans la folie meurtrière de la secte Magesang et d’être condamné à perpétuité à l’emprisonnement dans le monde des cauchemars.

Bien entendu, son frère disparaît de sa cellule quinze jours avant la rentrée, rappelant à tout l’Intermonde que Théo porte le même nom qu’un de ses plus célèbres criminels… Et la situation va rapidement s’aggraver puisque il se trouve dans la même classe que la fille des victimes de son frère.

Oui, l’année de seconde commence très mal pour Théo. Mais un autre mystère va bientôt captiver son attention : l’existence d’une mystérieuse organisation secrète au sein du lycée. Et la confrérie d’Archeronde va s’avérer le terrain d’une guerre qui va entraîner Théo dans une situation qui le dépasse. Heureusement il ne sera pas tout seul.

Les tomes 2 et 3, le Navigateur du Magespace et les Héritiers de la Chimère, racontent l’année de première et de terminale de Théo. La situation semble se compliquer d’année en année et Théo découvre de nouveaux secrets qui vont faire de lui la cible de Magesang. Bien entendu, aucun lycéen ne peut arrêter tout seul une secte terroriste usant de sortilèges secrets et impies. Et le personnage principal devra lutter jusqu’au bout avant que le lecteur ne sache s’il est vraiment un héros ou simplement la victime innocente du destin (c’est-à-dire moi dans le cas présent…).

J’oublie de préciser que comme tout lycéen qui se respecte, Théo doit faire avec une ribambelle de profs barjots ou sadiques, sans compter les filles…

Une petite originalité : la trilogie est entièrement rédigée à la première personne du présent. Le lecteur lit donc en direct ce qui arrive à Théo, ce qu’il pense, ce qu’il ressent. Il découvre ainsi l’Intermonde au fur et à mesure comme si c’était son habitat naturel au lieu de subir cinquante pages de fonctionnement de ce monde très hautement magique.

Allan : Edi-Livre fait partie de ces éditeurs qui permettent la publication tant en ligne qu’en format papier : puisque tu es le premier auteur « Edi-Livre » à être interviewé, peux-tu nous dire ton retour d’expérience avec eux ?

Cyril : Pour un auteur inconnu, trouver un éditeur peut s’avérer le parcours du combattant, surtout dans ce genre littéraire. Edilivre ne publie qu’à la commande : le risque est donc limité, ce qui signifie que cet éditeur peut plus facilement accepter un auteur qu’une grosse maison d’édition.

Il y a toutefois un comité de lecture qui valide l’acceptation ou non du manuscrit proposé. Une fois que c’est fait, Edilivre s’occupe à ses frais de la mise en page du livre. De ce côté-là, la police est très lisible, le papier et la couverture sont de bonne facture et les dimensions du livre sont agréables à l’utilisation. Le livre est également disponible en format numérique à un prix très faible, ce qui peut s’avérer intéressant. Enfin Edilivre s’assure de la possibilité de le commander sur Amazon, Alapage et d’autres sites de ce style.

Néanmoins il n’y a pas de retour sur le manuscrit : il est accepté ou non, mais personne ne dira « vous pourriez peut-être reprendre ce chapitre… Quelque chose ne va pas… ». Certains préféreront. Dans la même lignée, la correction orthographique est une option payante. J’avoue qu’il en reste quelques-unes après plusieurs lectures et relectures. Enfin le plus difficile pour vendre, c’est de faire la promotion du livre. Et c’est à l’auteur d’aller démarcher les librairies, ce qui n’est pas nécessairement facile.

Cependant, je dirais que c’est un bon compromis pour sortir ses premiers romans et se faire la main. L’auteur reste propriétaire des droits d’auteur et peut donc à tout moment (moyennant 3 mois de préavis) changer de maison d’édition s’il en a le désir et la possibilité. En attendant, le livre est édité et ça c’est la finition d’un projet d’écriture.

Allan : Certains des évènements / relations m’ont fait penser à Harry Potter : est-ce un héritage que tu acceptes ou que tu rejettes ?

Cyril : (Rires !)

Il serait très difficile et particulièrement de mauvaise foi de le rejeter. L’histoire d’un lycée qui apprend la magie en pensionnat dans un lycée, dont le frère s’est évadé d’une prison dont il est impossible de sortir ne peut que faire penser au Prisonnier d’Azkaban (3ème opus d’Harry Potter). En plus, il a deux amis : un garçon et une fille, comme tu le remarques toi-même dans ta critique du premier tome. Sans compter le sport de balle qui va rappeler à beaucoup le quidditch, malgré les différences flagrantes… Ah… Si je pouvais comparer ma trilogie à Harry Potter en termes de ventes…

Intéressons-nous donc plutôt aux différences : d’abord un univers complètement séparé de notre réalité (il n’y a pas ici de cohabitation moldus – sorciers), ensuite une magie sans baguette, plus scientifique aussi (mais sans être ennuyeuse pour autant… enfin j’espère). Ensuite viennent les personnages. Malgré des configurations communes, leurs rapports sont très différents des héros de J.K. Rowling. Stéphanie est attirée par la mauvaise réputation du frère de Théo. Quant à Émile, c’est le meilleur ami de Stéphanie alors qu’ils sont aussi différents que le jour et la nuit. Enfin Théo n’a rien d’un héros et est souvent à l’origine de catastrophes malgré ses bonnes intentions.

Je pourrais raconter le livre et démontrer toutes les différences, mais ce serait en pure perte. La seule chose qui compte, c’est que jusqu’ici toutes les personnes qui ont lu les deux reconnaissent comme toi les ressemblances, mais ne tardent pas à dire que c’est finalement très différent.

Allan : De nombreux personnages jalonnent les récits et tu m’indiquais lors de notre rencontre à la 25ème heure du livre (salon du livre « généraliste » se tenant au Mans tous les ans, le deuxième week-end d’octobre), que tu t’étais fait un petit « guide » des personnages. Est-ce quelque chose que tu veux partager un peu comme l’a fait Stephen King pour la Tour Sombre (Concordances 1 & 2) ?

Cyril : J’ai la fâcheuse habitude de multiplier les personnages, ceci pour plusieurs raisons : la principale, c’est que chacun de nous croise régulièrement plus de cinquante personnes. Ensuite, ce sont des sources d’intrigues extraordinaires : la meilleure amie de la fille sur qui tu flashes peut rapidement devenir ta pire ennemie si tu n’y prends pas garde. Enfin une personnalité se définit aussi à travers sa relation aux autres. Je fais d’ailleurs très attention à l’évolution de l’ensemble des personnages au cours des trois tomes et d’apparentes potiches peuvent se révéler plus subtiles qu’au premier regard.

Néanmoins pour en revenir à ta question, j’ai mis à la disposition des lecteurs sur mon propre site un récapitulatif non exhaustif des personnages des 2 premiers tomes, ainsi qu’un résumé de ces 2 livres. Ceci pour les gens qui arrivent au troisième tome 2 ans après avoir lu le premier et qui ne se souviennent plus de certains détails. Bien sûr, certains personnages restent dans l’ombre et les résumés ne donnent pas toutes les clefs, mais ça peut suffire à réveiller la mémoire. Donc tout ça, c’est sur http://accueil.archeronde.fr . Le site est loin d’être parfait, rarement tenu à jour (pas bien, mais pas le temps…) mais il contient un grand nombre d’infos sur ces livres.

Allan : Ce cycle est désormais fini mais laisses-tu une porte ouverte te permettant éventuellement d’y revenir plus tard ?

Cyril : Non.

(Rires !) Dans l’absolu, on peut toujours faire des choses, mais ce n’est pas mon intention. À mon avis, il faut savoir s’arrêter. J’ai donc fait une vraie fin dans mon 3ème pour éloigner cette tentation. Cette histoire est terminée. On passe à autre chose. Au pire, dans une période de grand désœuvrement, je pourrais éventuellement améliorer les faiblesses de style et sortir un 2ème édition, mais ce n’est pas dans mes projets immédiats.

Allan : Quel regard portes-tu en regardant un peu en arrière sur cette trilogie ?

Cyril : Beaucoup de tendresse en fait. Ces personnages m’ont accompagné pendant un bon bout de temps et ils m’ont permis de vivre des aventures passionnantes. Aujourd’hui ils existent dans de vrais bouquins et je me surprends moi-même à rire en relisant certains passages (narcissisme, quand tu nous tiens…). Je ne doute pas qu’on puisse faire mieux, mais je suis content d’en être arrivé là.

Allan : Maintenant, je sais que tu as un autre sujet sur le feu, tu peux nous en parler ?

Avec plaisir, même s’il avance très lentement à mon goût. C’est une histoire qui se passe au sein de l’empire du Dragon, une culture millénaire inspirée (librement inspirée) d’un médiéval asiatique. Espoir est un jeune garçon né dans le clan guerrier des Immortels, destiné à devenir un ancestral, c’est-à-dire un combattant ayant conclu un pacte avec ses ancêtres pour puiser leur expérience et leur force en échange de sa vie. Après sa transformation, il est traité comme un dieu, un dieu violent et intolérant, faisant respecter la « justice » et « l’ordre céleste » par l’épée. Particulièrement doué, il est appelé à une grande destinée, malgré la corruption de l’époque qui favorise les courtisans aux dépens de la classe militaire. Mais c’est sans compter sur le destin (encore moi…). Dans l’ombre des sorciers œuvrent à la corruption de lu monde créé par les dragons, tandis que les courtisans intriguent pour le pouvoir, que les riches affament les pauvres et que des ennemis héréditaires se réveillent… Un projet sombre où le sang coule, les os craquent et l’âme se consume…

Allan : Nous nous sommes rencontrés pour la troisième fois si je ne me trompe à la 25ème heure, et tu étais à nouveau entouré d’ « anciens » du genre (il y avait notamment Pierre Bordage, Xavier Mauméjean, Laurent Genefort, …) : quel souvenir en gardes-tu ?

Cyril : Le salon du Mans (la 25ème heure) de notre rencontre était mon premier salon. J’en garde un excellent souvenir et plein de romans extraordinaires que j’ai achetés. J’ai eu la chance de côtoyer des auteurs de qualité, gentils, abordables, simples… Au-delà même des auteurs, il y avait une sacrée équipe de libraires et de bénévoles et les lecteurs… Ah ! Les lecteurs ! Quel plaisir que d’échanger, qu’ils prennent ou non mon livre. Déjà trois salons et je reviendrai avec plaisir tant que je serai invité.

Allan : Je te laisse le mot de la fin :

Cyril : À l’Homme qui rêve, il n’est de prison dont il ne puisse s’évader.

Rêvez, lisez et si vous voulez entrer à Archeronde, sachez que vous êtes les bienvenus.

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