Interview : Fabienne Leloup

Son Blog : http://louvedandy.org/

Réalisée par :mail
Date :juin 2004
Le premier roman de Fabienne Leloup, Soie Sauvage, met en scène une jeune adolescente dont le tatouage, représentant une déité très ancienne, va prendre vie et lui faire faire des choses pas très “nettes”… Nous nous allons pouvoir découvrir son auteure…

Allan : Pour commencer, je tenais à vous remercier très sincèrement d’avoir accepté de discuter un peu avec nous et j’aimerais que vous parliez un peu de vous et de ce que vous acceptez de dévoiler
Fabienne : C’est réciproque…

Allan : Dans notre premier échange de mail, vous reconnaissez n’avoir lu qu’une œuvre de fantasy à savoir Tolkien : vous n’accrochez pas au genre ?
Fabienne : Il n’y a pas de genre (sauf pour les éditeurs) mais des univers. Mes goûts me portent vers les mondes interdits, singuliers.

Allan : Vos références sont plutôt japonaises (Mishima, Tanizaki et Kawabata – dois-je avouer mon ignorance totale de leurs œuvres ?) : qu’est ce qui vous a attiré dans ces littératures particulièrement et en quoi vous ont-elles influencés ?
Fabienne : le mélange détonant de vérité, de “ réalisme ”, de poésie, de cérébralité et de spiritualité avec peu d’effets. Le style “ samouraï ” !

Allan : Quand vous dites que Cronenberg vous a aussi influencé pour le côté organique, pensez vous à un film en particulier (parce que j’ai en tête le très réussi Existenz… mais s’agit-il de cela ?) ?
Fabienne : Tous ses films dont “ Faux-semblants ” mais aussi “ Zoo ” de Greenaway, “ Lost Highway ” de Lynch, “ Santa Sangre ” de Jodorowki, “ La Femme tatouée ” d’un cinéaste japonais dont j’ai oublié le nom…

Allan : Le mois dernier est parue Soie Sauvage (Editions Nestiveqnen – Mai 2004) : S’agit-il d’une première parution ?
Fabienne : Oui

Allan : Parlons de la première “partie” : Soie Sauvage… N’avez- vous pas peur que votre personnage soit classé stéréotype du fait de sa personnalité consécutive à un manque d’affection ou pensez vous que cette personnalité est obligatoire pour succomber à l’appel des forces obscures ?
Fabienne : Je ne pense pas…j’ai senti mon personnage… c’est une ado-type. Elle correspond à beaucoup de filles dans la vie !

Allan : Cette Arachné a du vous demander énormément de recherche au niveau des comportements des araignées et de la mythologie ou je me trompe ?
Fabienne : Oui, je me documente toujours sur mes sujets car je veux que les lecteurs apprennent quelque chose ! J’ai fait la connaissance d’un tatoueur et de sa compagne (qui a un serpent comme dans le livre). En revanche, la mythologie fait partie de ma culture.

Allan : La relation que vous avez créée entre la déesse et l’enfant (je dis enfant car d’esprit, on a l’impression qu’elle le reste) est plus que physique, sexuel et comme je le disais c’est relativement à la mode et on pourrait vous accuser de surfer sur un thème qui marche … Je vous pose néanmoins la question car il me semble que l’écrit est justement plus ancien que la mode ?
Fabienne : Ceux qui me connaissent savent très bien que la mode (en littérature) est le cadet de mes soucis ! Quant à la modernité, c’est important pour un auteur d’être de son temps. Je m’intéresse à des sujets “ mode ” pour les traiter avec une écriture classique, poétique. Je vous renvoie aux critiques littéraires de Baudelaire.

Allan : Mort et Amour ont toujours été très proche dans la littérature, mais ne pensez vous pas que vous allez trop loin dans les descriptions, notamment entre Muriel et Barbara ?
Fabienne : Non,la réalité (allez voir une dissection à la fac de médecine !) est toujours au-delà… j’essaie d’aller au-delà des apparences et de rapporter des impressions. N’oubliez pas que le thème en filigranec’est le MAL via le tatouage vampirique (obsession lynchienne)

Allan : Ce qui est épatant dans votre récit est la façon dont on se retrouve bloqué (en tout cas, ce fut mon cas) : bien que pas très adepte du côté “rose” du livre, je n’ai pas pu décrocher, j’ai voulu connaître le dénouement, quel brio !! Etait-ce l’effet recherché ?
Fabienne : Effet ?Provoquer des visions… Ebranler le lecteur. C’est un roman métaphysique sur le Destin (existe-t-il ?) et le problème du Mal (qu’est-ce que c’est être possédé ?)

Allan : Les hommes sont quand même bien malmenés dans Soie Sauvage et Œuvres de chair… Brutalisé ou ignoré suivant les moments, ils ne sont que les jouets au main de femmes : Ce n’est pas un livre pour nous ?
Fabienne : Dans Soie Sauvage, je dis l’horreur liée à l’étouffement de la Mère. On ne peut pas généraliser. Il n’y a pas LES HOMMES, LES FEMMES…Les rapports entre les hommes et les femmes m’intéressent, en particulier la fantasmatique propre à chaque sexe. Si mes fantasmes ne sont pas ceux de Catherine Millet , n’oubliez pas non plus que certains hommes adorent servir des Wanda ! La complexité de l’âme me ravit… et l’âme que je sache n’a pas de sexe !(sauf dans la Kabbale)

Allan : Vous avez d’ailleurs coécrit Œuvres de chair avec Alain Dorémieux, qui vous a permis d’être publiée si je ne me trompe pas : quel effet cela fait-il d’écrire avec le premier qui a cru en vous et deuxième question : quel est votre procédé pour écrire à quatre mains ?
Fabienne : Il n’y a pas de procédé. Il y des affinités électives. Nous avons été fascinés l’un par l’autre.

Allan : Quels sont vos projets pour l’avenir ?
Fabienne : Finir mon second roman !

Allan : Avez vous visité Fantastinet et dans la positive qu’en pensez vous ?
Fabienne : Pas encore mais je salue toute entreprise onirique !

Allan : Le mot de la fin sera…
Fabienne : La littérature est une aventure spirituelle.

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