Interview : Henri Loevenbruck

VN:F [1.9.22_1171]
Moyenne : 0.0/10 (0 votes pris en compte)

Réalisée par :mail
Date :mars 2004
Sophie : Bonjour Henri Loevenbruck et merci d’avoir accepté une interview pour Fantastinet. Si vous le voulez bien, commençons par parler un peu de vous : pouvez-vous vous présenter en quelques lignes ?

Henri : Je suis écrivain, j’ai publié six romans, essentiellement de la Fantasy ou des thrillers, et je vis en région parisienne avec mon épouse et nos deux enfants. Que dire de plus ? Je suis un passionné de musique, de littérature et de cinéma et ma vie tourne autour de ces trois aspirations.

Sophie : J’ai lu sur vous que, dans les années 90, vous aviez fait quelques pas dans le journalisme et la musique. Avez-vous totalement arrêté ? Y reviendrez vous un jour ?

Henri : Non, je n’ai pas arrêté. Je continue d’écrire des articles de temps en temps, et j’ai en ce moment un projet de chronique humoristico-sexolo-philosophico-sociale dans un mensuel féminin. Quant à la musique, j’en joue presque tous les jours, et je fais de temps en temps un ou deux morceaux pour des courts-métrages. Mais je vis aujourd’hui de mes romans, et j’ai donc beaucoup moins de temps pour tout le reste… sans compter que j’ai aussi deux enfants ! Alors je fais bien moins de musique que dans les années 90.

Sophie : Vous avez été rédacteur en chef de « Science-fiction Magazine » (NDW : plus connu sous le nom de SFMag), magazine que vous avez créé avec votre ami Alain Névant. Aujourd’hui, quel rôle y avez vous ?

Henri : Absolument aucun. Après quelques années de folie furieuse, Flammarion Presse, Alain et moi avons décidé d’arrêter l’aventure de SF-Mag, nous avons revendu le magazine à un éditeur qui se trouve en Belgique et avec lequel nous n’avons absolument aucun rapport aujourd’hui, ce dont je ne me plains pas outre mesure. La dernière fois que j’ai vue par hasard le magazine que j’ai créé il y a presque dix ans, disons que je n’ai pas été très enthousiaste de voir ce qu’il était devenu, mais cela ne me regarde pas et c’est déjà bien qu’il existe toujours !

Sophie : Vous écrivez aussi des scénarios…

Henri : Oui, quelques courts-métrages ont été tournés, mais mes projets de long-métrages n’ont pas encore abouti, et je dois avouer que je m’en suis un peu détaché au profit de mes romans. Je suis plus à l’aise dans le monde de l’édition que dans celui du cinéma où tout vous échappe et où trop d’intervenants différents risquent de faire capoter votre projet. Toutefois, je sais qu’un jour ou l’autre je participerais à une aventure en long-métrage, c’est écrit dans mes veines, je ne peux pas lutter contre. D’ailleurs, j’ai fini d’écrire un nouveau court-métrage que je pense réaliser moi-même en septembre 2004.

Sophie : Parlons des livres. La Moïra, votre première trilogie… Pourquoi la Fantasy ?

Henri : C’est l’une des formes modernes du roman d’aventures, et c’est un genre que j’affectionne particulièrement pour sa capacité d’abstraire des problématiques de notre quotidien. En déplaçant nos problèmes dans un monde imaginaire, on peut les analyser sous un angle nouveau et les comprendre avec plus d’objectivité. Mettre en scène des guerres, des conflits politiques ou religieux, des conflits humains dans un monde qui n’est pas vraiment le nôtre, cela permet finalement de parler de notre monde en prenant du recul.

Sophie : Comment vous est venue l’histoire de la Moïra ? D’où vient votre inspiration ?

Henri : Des gens qui m’entourent, de la vie de tous les jours. La Moïra est une histoire d’êtres humains, avec leurs problèmes, leurs joies, leurs peines, leurs amours, leurs passions, leur bêtise, et tout cela, c’est dans notre monde que je le puise. Quant à la forme stricte de la Fantasy, l’inspiration vient bien sûr de nos grands-maîtres, Tolkien, Lewis Caroll, Alexandre Dumas.

Sophie : Votre passion pour les loups transpire au travers du premier volume (j’imagine ce que peut être la suite ! ). Faut-il y lire un message de votre part ?

Moïra tome 1 Henri : La problématique majeure de mes deux trilogies de Fantasy (La Moïra et Gallica) est la vie en communauté. La nécessité pour les habitants de cette planète d’apprendre à vivre ensemble. Athées et croyants. Hommes et Femmes. Hommes et Loups. L’histoire du loup en France est une histoire dramatique. Nos ancêtres ont massacré cet animal jusqu’au dernier, ont refusé d’apprendre à vivre avec lui, alors que les espagnols et les italiens nous ont prouvé que c’était tout à fait possible. Alors oui, la question du loup s’inscrit bien dans le message général que j’essaie de faire passer dans mes romans.

Sophie : La Moïra est une quête du bien contre le mal où l’on retrouve un anneau, une enfant entourée d’un nain, d’un druide et d’autres personnages prêts à l’aider. N’avez-vous pas peur que certains viennent à dire que c’est très, voire trop, proche du Seigneur des Anneaux ?

Henri : On me l’a dit souvent et cela ne me dérange pas, au contraire, cela m’enchante. Dans la forme, La Moïra est assez proche de Tolkien, certes ; mais sur le fond, pas du tout. Le personnage principal est une fille, alors qu’il n’y en a pas une seule dans la Communauté de l’anneau, qui est composée exclusivement d’hommes (même si des personnages féminins importants naviguent autour d’eux). Et si mon personnage principal est une fille, ce n’est pas par hasard. C’est aussi une façon de dénoncer le conservatisme un peu macho de la Fantasy moderne. Et en cela, je ne crois pas être trop proche de maître Tolkien. Et puis, c’était ma première trilogie. La seconde, Gallica, ne ressemble plus du tout aux univers tolkieniens. Comme tous les auteurs de Fantasy qui ont écrit après Tolkien, j’ai bien sûr été influencé par la richesse et la force de l’univers qu’il a mis en place, et qui est lui-même inspiré de la forme arthurienne (le magicien qui vient chercher le fermier et qui lui donne une épée en lui disant qu’il doit sauver le monde, ça ne vous rappelle rien ?). Mais je ne crois pas que ce soit un handicap, et je m’en suis débarrassé assez vite. Lisez la suite, vous verrez !

Sophie : Le premier tome de La Moïra se termine par une rencontre. Pouvez-vous nous dire, en quelques mots, la suite de l’histoire ?

Henri : Je ne veux pas vous gâcher le plaisir de la découvrir vous-même ! Disons qu’il y a beaucoup de retournements de situation dans le deuxième tome. Mais dépêchez-vous, j’ai quand même écrit trois autres livres depuis !

Sophie : Vous venez de faire paraître le premier volume d’une nouvelle trilogie intitulé Gallica : pouvez-vous nous en dire quelques mots ?

Henri : C’est une trilogie qui se déroule dans une France imaginaire, proche de celle qui existait au 12ème siècle. Elle se situe quelques années après La Moïra, et il y a d’ailleurs des personnages communs, mais elle est un peu plus proche du roman historique. On y retrouve toute une partie du folklore français et de notre histoire, romancée, avec les templiers, les cathares, les Compagnons du Devoir, les légendes bretonnes, la licorne. Mais c’est surtout l’histoire d’un jeune homme, Bohem, dont j’espère qu’il parviendra à faire ce qu’Aléa, l’héroïne de la première trilogie, n’a pas su complètement réaliser.

Sophie : Quels sont vos projets dans l’immédiat ?

Henri : Finir Gallica, écrire mon nouveau thriller, dont le titre de travail est L’Heure Blanche, réaliser mon court-métrage, m’occuper de mes enfants avec ma femme, dormir un peu.

Sophie : Je vous remercie beaucoup et vous dis à bientôt

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *