Interview : Jean-Marc Gilet

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Réalisée par :mail
Date :mars 2006
Fin 2005 paraissait Une main gantée d’étoiles aux Editions Amalthée, un excellent roman de SF, teinté de thriller et de voyage initiatique… Rencontre avec l’auteur…

Allan : Comment te présenterais-tu ?
Jean-Marc : J’avais à peine huit ans quand j’ai débuté le piano et ma passion pour la musique allant grandissante, j’ai suivi des études de musicologie. Ma licence en poche, j’ai ensuite passé le concours de professeur des écoles.
Je me suis initié à l’écriture à l’époque du lycée à travers la rédaction de scénarios pour les joueurs du club de jeux de rôles dont je m’occupais. Depuis lors, je n’ai jamais cessé d’imaginer des histoires. Des histoires, des pièces de théâtre ou des poésies que j’écris également à destination des enfants de ma classe.
Je suis prof à Chenonceaux, juste à côté du château. Il n’y a là qu’une classe et cela me permet de vivre mon métier d’une manière très différente de celle que l’on pratique la plupart du temps. Je me sens libre d’imaginer toutes sortes de projets, notamment autour de la BD, du théâtre, de la peinture, du sport et des échecs (l’école est même devenue championne régionale par équipe et participe aux phases finales du championnat de France).

Allan : Tu n’es pas uniquement auteur, tu es aussi enseignant et passionné de musique : comment arrives-tu à concilier ces trois aspects de ta vie ?
Jean-Marc : La réponse tient en un chiffre : 5 ! C’est le nombre d’années qu’il m’a fallu pour venir à bout d’Une main gantée d’étoiles.
Il est vrai aussi que les recherches historiques m’ont pris énormément de temps car je souhaitais être le plus exact possible dans la description des lieux et des époques mais surtout j’ai senti tout au long de la rédaction une évolution dans ma manière d’écrire, ce qui me conduisait à retravailler sans cesse certains passages.
Quant à la musique, elle n’occupe malheureusement pas autant de place que je le souhaiterais.

Allan : La recherche d’un éditeur s’est-elle révélée difficile ?
Jean-Marc : Après m’être renseigné sur le monde de l’édition, notamment celle de la littérature fantastique (où les auteurs français ne sont pas toujours très appréciés dans leur propre pays), j’ai d’abord cru que ce serait peine perdue. C’est pourquoi j’ai conçu, avec quelques relations et amis (un maquettiste, un imprimeur, une dessinatrice…), une petite édition à mes frais. Je voulais surtout avoir un « produit » fini entre les mains dont je pouvais être assez fier pour pouvoir passer à autre chose (un second roman). Le résultat final a été au-delà de nos espérances, c’est pourquoi j’ai envoyé ce « collector » à différents éditeurs, pensant qu’il sortirait peut-être du lot parmi les dizaines de manuscrits que certains reçoivent chaque semaine. Chez la plupart d’entre eux, comme Bragelonne ou Le Pré-aux-clercs, mon livre est d’ailleurs toujours en attente (le délai de réponse est bien souvent supérieur à 1 an) tandis que la réponse d’Amalthée n’a pas tardé.

Allan : Parlons de l’aspect musical de ton écrit : on réussit à percevoir de façon très nette la « musicalité » de ton texte… Il est très difficile de rendre un texte musical : t’est-il difficile de donner cette dimension à tes histoires ?
Jean-Marc : Je suis content que cela se perçoive quelque peu. En réalité, même si je n’ai jamais cherché délibérément à donner cette impression à la lecture, il convient de souligner que j’adore travailler avec un fond sonore et que la construction du scénario ne se fait qu’en musique. Celle-ci éveille en moi beaucoup d’images, habille toutes les situations et rythme l’écriture. Si j’ai un problème pour venir à bout d’un chapitre ou dénouer une intrigue, c’est sans doute que le choix musical n’est pas le bon.

Allan : Tu as opté pour les flash-back tout au long du livre : quel est pour toi l’intérêt de ces retours ?
Jean-Marc : J’adore les livres où le lecteur est pleinement actif, quand l’imagination tourne à plein régime, quand on a le sentiment d’être pris au piège, de relever une sorte de défi. On se perd, on se retrouve, on suit une ligne et finalement il s’avère que c’est une boucle. Le flash-back est une construction de l’esprit qui permet au lecteur d’entrer dans l’intimité du héros ou d’en apprendre davantage que lui. On se met alors à essayer d’anticiper les situations et à construire son propre scénario. Dans Une main gantée d’étoiles, il y a une difficulté supplémentaire dans la mesure où on ne sait pas forcément tout de suite à qui appartient ou à qui est relié vraiment le souvenir ou l’épisode historique qui s’intercale avec l’intrigue principale.

Allan : Tu nous fais voyager tout au long de l’aventure de légendes en religion… Voulais-tu montrer qu’au final toutes les croyances ne sont au fond pas si différentes ou trouvent des bases communes ?
Jean-Marc : Comme j’essaie de le montrer dans le livre, l’étude des différentes religions, des sciences ésotériques, des légendes et tout simplement de l’Histoire (notamment des premières civilisations et figures mythologiques) nous révèle un socle commun, une unité fondamentale à toutes les croyances. Des symboles et des images que l’on retrouve à travers toutes les époques et chez des peuples sans lien les uns avec les autres. Quels enseignements peut-on en tirer pour l’Homme, son devenir, sa nature profonde ? A partir de là, ce qui m’intéresse ce sont les parcours personnels, ce que chacun va réaliser ou rêver (sans que l’on se fasse dicter sa conduite, sa manière d’être ou de penser). J’aime l’idée de parcours initiatique. L’idée que l’on peut franchir des étapes vers autre chose. Un autre chose qu’il nous faut encore découvrir. C’est ce qui arrive à Kivrin, l’héroïne, dont la musique offre un accès vers une facette encore indistincte de notre réalité.

Allan : Maintenant que tu es lancé quelle sera la prochaine étape ? Quelles sont tes projets à court / moyen / long terme ?
Jean-Marc : Un second roman est en cours. J’ai à peu près terminé les recherches historiques et linguistiques qui m’étaient nécessaires et à présent je peaufine le scénario. L’intrigue sera en apparence, et seulement en apparence, plus simple car plus linéaire, avec moins de personnages et de va-et-vient entre eux et à travers le temps. En revanche, il faut s’attendre à quelques rebondissements savoureux et à davantage de complexité psychologique dans les rapports entre les quatre figures principales.

Allan : Nous as-tu rendu visite et si oui, que penses-tu de notre travail ?
Jean-Marc : Je n’ai pu avoir qu’un aperçu rapide mais dès que le réseau que j’utilise habituellement sera à nouveau opérationnel, ma liste de favoris va s’allonger… J’ai en effet beaucoup apprécié la richesse du site, la variété des auteurs proposés et les différentes entrées pour y accéder. Il doit y avoir derrière tout cela un nombre d’heures très conséquent alors toutes mes félicitations et bon courage pour la suite.

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