Interview : Oliver Johnson

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Réalisée par :mail
Date :septembre 2007
Vous allez pouvoir découvrir grace à nous un auteur que vous avez pu lire soit dans les livres dont vous êtes le héros soit dans la série les porteurs de lumières… vous aurez l’interview en vo dans les jours à venir

Allan : Pouvez-vous vous présenter à nos visiteurs ?
Oliver : je suis un éditeur commission chez l’éditeur Random House au Royaume-Uni. Mon travail consiste à évaluer les manuscrits, les recommander à la publication et les suivre à travers les processus de production. Bien que plus habitué à suivre une liste fantasy et SF, je me suis spécialisé ces derniers temps dans l’acquisition de policiers et thrillers : le plus grand auteur à succès auquel j’ai été associé est John Grisham. J’édite aussi quelques Non-fictions. Mon dernier travail d’éditeur a été l’autobiographie du guitariste de légende Eric Clapton
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Allan : J’ai vu que tu es auteur mais que tu travailles aussi pour un éditeur et donc, une question m’est venue : as-tu choisi ton travail parce que tu as toujours voulu écrire en vue d’être publié et ainsi c’était le meilleur moyen de voir les erreurs à ne pas faire ou bien c’est ton travail qui t’a poussé à te dire : “Pourquoi pas moi ?”
Oliver : c’est vrai, j’ai toujours eu l’ambition d’écrire des fictions. Après mon diplôme, j’ai commencé un doctorat en poésie métaphysique et j’avais besoin d’un travail à temps partiel pour subvenir à mes besoins. J’ai choisi de travailler dans une librairie et au fil du temps mon travail temporaire est devenu un travail permanent. Après un certain temps, je suis devenu agité et ai décide que je pourrais tout aussi bien tenté ma chance chez un éditeur et j’ai aussi été assez chanceux pour trouver mon premier travail à Transworld qui avait déjà publié une série de mes livres. Donc j’étais bien un auteur avant d’être un éditeur ! Je suis maintenant éditeur depuis 25 ans. Editer d’autres auteurs est instructif jusqu’à un certain degré. Vous pouvez toujours apprendre de la technique de bons auteurs. La psychologie de certains écrivains que j’ai connus est aussi source d’inspiration : par exemple, la façon dont James Ellroy “attaque” la composition de ces livres, sa fabuleuse économie, tension et façon de mener ses écrits.. Cependant, les bons écrivains mais aussi les mauvais ont des effets négatifs sur l’inspiration et c’est quand mieux si tu te trouves ta propre voix plutôt que de suivre celle des autres. La pire erreur serait de penser : “Je peux faire mieux qu’eux”. Ecrire est une compétence difficile qui doit être maîtrisé avec patience.

Allan : J’ainoté que tu as écrit des “Livres dont vous êtes le héros” (je ne connais pas le nom de cette collection en anglais) et comme beaucoup de garçon je pense, j’ai passé de long moments sur certains… J’ai toujours voul savoir comment l’auteur créé ces histoires…Peux-tu me l’expliquer ?
Oliver : Le nom anglais de la collection est Choose Your Own Adventure (NdW : que l’on pourrait traduire par “Choisis ta propre aventure”). Les plus connues furent les séries de fantasy guerrière de Steve Jackson et Ian Livingstone. J’ai écrit trois séries différentes et j’ai eu la chance d’être publié en France chez Gallimard Jeunesse pendant plusieurs années (NdW : Dragon d’or – 6 volumes ; L’épée de Légende – 5 volumes ; notamment). Ma méthode de composition était de penser à un un scénario général, une quête quelconque, et de là de tracer un arbres des développements possibles, créant des branches vers l’extérieur. Les branches de ce diagramme amèneront le lecteur sur des chemins possibles différents de l’histoire. Un pourra conduire votre héro à la victoire mais beaucoup d’autres pourront l’amener à l’échec. Tracer un roman impliques bien sûr une seule ligne d’histoire

Allan : si j’ai voulu réalisé une interview de toi, c’est au sujet de la trilogie des porteurs de lumière qui sera publiée en France en cinq volumes… Peux-tu décrire à nos visiteurs ce qu’est cette trilogie ?
Oliver : La trilogie décrit un monde comme notre Terre (même si ce pourrait être dans un lointain futur ou passé) où le soleil semble mourir. Ce désastre conduit la race humaine dans deux directions dans leur recherche de salut, un dans le culte du soleil, Reh, priant pour son retour, l’autre embrassant Iss, le Dieu de la Tombe, de la Non-mort, la fin de la vie dans la Mort. Thalassa, l’héroïne du livre est le véhicule pour la renaissance du soleil. Elle voyage vers le nord lointain, vers la cité perdue d’Iskiard, espérant trouver là-bas la clé pour renverser la domination du monde par les Non-Morts. C’est plein de vampires, de batailles épiques, de créatures mythiques, d’amour et de trahison tout au long du chemin.

Allan : Quand j’ai lu le premier volume (les forges des ténèbres – publié en deux volumes en France), j’ai immédiatement pensé à la structure des Livres dont vous êtes le Héros : le début de l’histoire est dominé par le “côté sombre” – représenté ici par le vampire – alors qu’il est plus fréquent de voir au début un monde qui pourrait basculer du mauvais côté… pourquoi avoir fait ce choix ? tes précédents livres sont ils responsables de ce choix ? (c’est plus fréquent de voir dans les livres dont vous êtes le héros, le héros dans une mauvaise situation au début de l’histoire).
Oliver : Pour moi, l’axe de l’histoire de tout récit d’Héroïc Fantasy est le rétablissement du “Bien” par-dessus le “Mal”. Cela prend racine dans l’inconscient collectif des mythes. C’est pourquoi tous mes livres évoluent de la nuit vers la lumière. Tous les mythes impliquent cette transformation.

Allan : Dans les Porteurs de Lumière, tu créé totalement une mythologie : t’es-tu appuyé sur des mythologies existantes ou as-tu tout créer de rien ?
Oliver : L’idée de faire mourir le Soleil est une idée familière des mythes, mais la série de livre un monde magique de Jack Vance a eu une influence certaine sur ma visualisation de ce qu’un tel monde pourrait être. La division théologique entre Vie/Mort, Soleil/Nuit… Est en partie emprunté à la mythologie égyptienne. Une autre influence est celle tu professeur MAR Barker, l’inventeur du jeu de rôle et de trois Tomes, The Empire of the Petal throne, dont la vision de la construction du monde est meilleure à mon avis que celle de Tolkien. L’idée du vampirisme comme une maladie/virus du sang est familière depuis le Dracula de Bram Stoker. Peut-être y a-t-il aussi un peu de mythologie Wagnerienne, par rapport à la façon dont les humains peuvent rattraper les erreurs des Dieux à travers le pouvoir de l’amour.

Allan : L’histoire est rien moins que le duel entre la lumière et l’obscurité… Ne pense tu pas que c’est finalement toujours la même bataille, seuls les personnages changeant ?
Oliver : Comme répondu précédemment, je pense que c’est l’histoire de tous les mythes et de toutes les littératures fantastiques. Mais il y a aussi sous jacent : l’histoire de comment l’humanité peut dépasser la prédestinée / destin à travers la souffrance et l’amour.

Allan : J’ai trouvé que le personnage d’Urthred était le plus complexe : même s’il est un prêtre de la lumière, j’ai le sentiment qu’il pourrait basculer du mauvais côté (je n’ai pour le moment lu que les trois premiers volumes français)… Ai-je raison ?
Oliver : Urthred est effrayé mentalement et physiquement et j’ai voulu le présenter comme quelqu’un qui doit (comme tous les autres personnages principaux) combattre durement contre l’aspiration dans le noir. Se laisser aller au mal doucement est la chose la plus facile, lutter contre est beaucoup plus dur. A l’origine, j’avais l’intention qu’Urthred soit un personnage du sombre, presque psychopathe mais j’ai réalisé que si j’avais fait cela, j’aurais eu besoin de plus de 3 romans pour le racheter aux yeux des lecteurs. Ainsi, comme il est là, il est solitaire, tenté par la violent mais aussi capable de rédemption, d’être humain, bien qu’étant lui-même à peine humain

Allan : Après cette trilogie, veux-tu poursuivre dans cet univers ou passer à autre chose ?
Oliver : Je pense que le monde des Porteurs de Lumière est bouclé et que l’histoire s’arrête là. Depuis que je l’ai achevée, j’ai arbitré un jeu de rôle se déroulant dans ce monde. Le scenario pourrait être publié comme un supplément à la nouvelle édition de la serie de jeu de rôle par Dave Morris et Moi, Les guerriers dragon. Mon prochain écrit me portera dans de nouveaux mondes.

Allan : En tant qu’éditeur, quel regard portes-tu sur les livres de fantasy qui semblent avoir beaucoup de succès actuellement ? Penses-tu que ce succès va durer ?
Oliver : Je n’ai pas lu beaucoup de fantasy dernièrement mais en regardant les listes des best-sellers, il semble n’y avoir que peu de percée d’écrivain dans des mondes de fantasy adulte. Bien sûr, le marché jeunesse a vu une explosion avec Rowling et Pullman. Je ne vois pas le marché jeunesse diminuer. Il est possible que l’horreur en tant que genre revienne. J’aime L’Histoire d’Elizabeth Kostova et regarde pour un début fantastique en 2009 : The Passage de Justin Cronin.

Allan : Si tu voulais dire une chose à dire aux écrivains voulant être publié ?
Oliver : Vivez dans vos mondes et écouter vos personnages. Comme le disait Somerset Maughan : “le personnage est tout”

Allan : Quel sera ton dernier mot ?
Oliver : Je voudrais remercier les français pour l’intérêt qu’il porte à mon travail : pas uniquement à la trilogie des Porteurs de Lumière mais aussi aux livres dont vous êtes le héros. Bien que je sois né à Paris, ma famille l’a quitté quand j’avais 2 ans, mais je me sens toujours de vraies affinités avec ce pays !

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