Interview : Sabrina Calvo

Réalisée par :mail
Date :mars 2005
A l’occasion de la sortie de Sunk et d’Acide Organique, aux Editions Moutons Electriques, nous avons eu la possibilité d’interviewer David Calvo : voici le résultat de l’entretien

Allan : Pour commencer, peux-tu nous faire une bio te concernant ?
Sabrina : Je suis née, je travaille, je vis.

Allan : Tu es l’autrice déjà de plusieurs romans qui se trouvent édités en format poche, ce qui montre le succès de tes écrits… Quel effet cela fait-il d’être considérée comme représentative d’un genre de littérature ?
Sabrina : Je me suis habituée au confort du ghetto. Je ne me sens pas représentative de quoi que ce soit. Quant au succès… les formats poches me permettent publier des choses inédites sans passer par le grand format, c’est bof pour ta crédibilité, mais c’est plus immédiat, et nettement moins cher pour le lecteur.

Allan : Arrives-tu à vivre uniquement de ton art ?
Sabrina : Je n’ai pas besoin d’un confort bourgeois, le peu que je gagne me permet de vivre très décemment dans une ville pas trop chère. Je fais aussi de la BD et des traductions, donc oui, je vis de l’écriture. L’art n’a rien à voir là-dedans.

Allan : Ce mois-ci l’actualité est double pour toi : publication d’Acide Organique et de Sunk en collaboration avec Fabrice Colin aux éditions des Moutons Electriques… Tu ne fais pas les choses à moitié !
Sabrina : Non.

Allan : On va commencer par ton livre en solo : peux tu nous parler de la genèse de cet Œuvre ?
Sabrina : J’avais l’idée d’un recueil de ce genre depuis longtemps, l’évocation d’une courbe mentale à travers onze petits bouts. J’ai réécrit trois nouvelles déjà publiées, et j’ai écris le reste sur une période de deux mois. Je voulais quelque chose de très immédiat, de très brut, un jet continu. J’écris dans l’urgence, et la matière dont je me suis servi pour écrire acide était ma propre expérience récente. Il ne s’agit ni de thérapie ni d’une catharsis, plutôt d’une transfiguration, pour utiliser un mot grossier.

Allan : Qu’est que les lecteurs pourront trouver ?
Sabrina : Ce qu’ils veulent.

Allan : Deuxième actualité te concernant : Tu as co-écrit Sunk avec ton ami Fabrice Colin : alors déjà, peux-tu nous dire comment tu vois ton co-auteur ?
Sabrina: Fabrice est un être humain extraordinaire et un écrivain de premier plan. J’ai de la chance d’être son cousin. Nous avons déjà vécu tant de choses, mais nous n’avons pas la même vie. Je suppose qu’écrire ensemble est un moyen de se retrouver.

Allan : Ce n’est pas la première fois que vous travaillez ensemble mais c’est votre premier roman ensemble : un projet qui vous trottait depuis longtemps dans la tête ?
Sabrina : Sept ans. On a pondu le concept dans un restaurant indien de la rue Mouffetard sur une serviette en papier. Quand André-François Ruaud nous a proposé d’écrire quelque chose, on a sauté sur l’occasion de le mettre sur la page. On sait très bien ce que ça vaut.

Allan : Cette Œuvre est de la fantasy humoristique : votre pari est en tous les cas réussi ; on se marre du début à la fin ! Mais où avez-vous été cherché ses dialogues ?
Sabrina : Je ne sais pas.

Allan : On aurait même l’impression que l’histoire n’est que secondaire…
Sabrina : Quelle histoire ?

Allan : Les deux frères – héros ont des personnalités radicalement différentes qui rend l’un très sympathiques et l’autre à baffer : mais pourquoi est-il si méchant ?
Sabrina : Parce qu’il est triste. Arnaud ne veut pas mourir, mais au fond de lui, il est déjà mort. Il veut entraîner la seule personne encore vivante avec lui, son frère. Arnaud ne veut pas mourir seul.

Allan : Mais alors : l’eau monte ou l’île descend ? Tu peux nous donner le scoop ?
Sabrina : Vue du ciel, la question me semble sans importance.

Allan : Quel est le but recherché en publiant sous deux noms ?
Sabrina : On est content de réussir à écrire à deux.

Allan : N’oublions pas Arnaud Crémet qui donne à ce livre une dimension supplémentaire, en faisant un petit bijou… Lui avez-vous imposé les illustrations lui demandant ce que vous vouliez où vous vouliez ou lui avez-vous laissé libre cours ?
Sabrina : Arnaud, qui a fait certaines de nos couvertures chez j’ai lu, avait bossé avec nous sur un projet BD pour Sunk. C’était un peu trop bizarre pour les éditeurs, alors on a opté pour quelque chose d’hybride. Arnaud nous a donné des dessins basés sur nos travaux, il a aussi mis beaucoup de choses à lui, qu’on a ensuite intégré au récit. Tout s’emboîtait très bien. Ça s’est fait naturellement.

Allan : Quelle méthode avez-vous employé pour réussir son écriture ?
Sabrina : On a bossé ensemble pendant cinq jours, à raison de trois chapitres par jour, écrit les uns après les autres sur une ligne narrative squelettique. On changeait tout quotidiennement pour ne pas se faire chier.

Allan : Avez-vous d’autres projets ensemble ?
Sabrina : Un roman, très différent des autres. Une BD aussi. On voudrait construire un igloo en polystyrène sur le champ de mars, pour y faire notre bureau, mais ça va être chaud pour avoir le câble.

Allan : Et toi, quelle va être ta proche actualité ?
Sabrina : Akhenaton, en septembre, une BD avec Azuelos pour Carabas. Après il y aura Laocoon chez J’ai Lu, et l’année prochaine, sûrement, mon bouquin sur Disneyland, un peu mon arlésienne. Et le tome 2 de Ak avec Krassinsky et Schwendimann, et pleins d’autres trucs super.

Allan : As-tu eu le temps de venir nous visiter ; si oui, que penses-tu de notre site ?
Sabrina : C’est toujours cool de voir les gens qui font des choses.

Allan : Que peut-on te souhaiter ?
Sabrina : Pas la mort

Allan : Le mot de la fin sera :
Sabrina : merci

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