Interview : Steven Brust

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Moyenne : 10.0/10 (1 vote pris en compte)

Réalisée par :mail
Date :janvier 2006
Une première pour Fantastinet !!! L’auteur américain Steven Brust (auteur de la série des Vlad Taltos dont le deuxième volume est paru ce mois-ci chez Mnemos) a accepté de nous accorder une interview pour parler de lui… Une première qui sera reconduite par ailleurs avec d’autres auteurs étrangers 😉 pour ceux qui voudraient, l’interview en anglais est dispo ici

Allan : avant de commencer à parler de ton travail, peux-tu te présenter à nos lecteurs qui t’ont découvert l’année dernière ?
Steven : Hmmm. Comment ça va ?

Allan : Comme tu es le premier auteur américain que j’interviewe, j’aimerais te demander si les littératures de l’imaginaire sont aussi perçu, comme en France, comme des sous-littératures ou des “littératures de gare.”
Steven : Je dis habituellement oui. Mais c’est un peu plus compliqué que ca. Il y a, je pense, beaucoup plus de lecteurs par habitants en France qu’aux Etats-Unis. Quelqu’un qui lit est au final assez inhabituel ici, alors lire (ou écrire) de la sous-littérature est un moindre mal

Allan : est-il facile de se faire publier ?
Steven : Je dirais oui. Ca doit l’être, j’ai réussi.

Allan : tu es considéré comme l’un des meilleurs auteurs de fantasy américains, et pourtant ton premier livre n’a été publié en France qu’en 2005 (alors que ta première publication américaine date de 1983) : peux-tu nous dire comment un écrivain peut traverser les frontières ?
Steven : tu sais, je ne le peux pas vraiment. J’essaie vraiment d’éviter de tout savoir sur les différents aspects des choses ; cela interfèrait sur mon travail. Cependant je tiens à préciser qu’il y a eu une traduction française de “Agyar” il y a quelques années.

Allan : Et quand je parle du décalage dans le temps, ca entraine aussi d’autres décalages : par exemple, peut-être as-tu fait référence à des évènements de l’époque : du coup, le risque de perdre une partie du texte ou de le rendre moindre compréhensif est très présent… Ce n’est pas quelque chose qui vous gêne lorsque la traduction tarde autant ?
Steven : Pour moi, si un travail de fiction est limité dans le temps, alors il est en soi faible. J’essaie vraiment d’éviter cet ecueil. Je ne sais pas si j’y arrive, mais j’essaie.

Allan : Quels sont les auteurs qui représentent le mieux à tes yeux la fantasy autant chez les anciens que chez les nouveaux ?
Steven : Oh, hmmm, aucune idée. je ne suis pas suffisamment les parutions pour avoir une opinion intéressante à ce sujet

Allan : Une question relative à notre chauvinisme 😉 : avez-vous déjà lu un auteur français ?
Steven : Bien sur, comme tous ceux qui connaissent mon travail le savent, j’adore Dumas. Je le classe parmi Mark Twain, Roger Zelazny et Patrick O’Brian dans mes quatre auteurs favoris.

Allan : Quel a été ta récation à la lecture du commentaire de Tad Williams ” Steven Brust ….”
Steven : J’ai pensé : “Ouah, Tad est vraiment sympa”

Allan : nous avons découvert en France le premier volume des aventures de Vlad Taltos, Jhereg (Yendi est prévu pour la mi-janvier) : la première question qui me vient à l’esprit est pourquoi avoir choisi comme personnage principal un assassin, ce n’était pas courant à l’époque (precion importante : La Compagnie Noire est postérieure à Jhereg)
Steven : As-tu lu le travail de Cook ? J’adore ! Pourquoi j’ai fait ca ? Parce que je pensais que c’était cool.
Ça m’amusait. Ca m’amuse toujours.

Allan : Vlad et son avatar sont très liés psychologiquement : doit-on y voir l’esprit “animal” du tueur ?
Steven : Je pense qu’on doit être aussi honnête que possible sur les conséquences, autant internes qu’externes. Je ne sais pas à quel point j’y suis arrivé, mais c’était mon but

Allan : l’histoire n’est pas autant basé sur les combats que c’est habituellement le cas dans la fantasy : as-tu volontairement remplacé l’habituel cote physique pour un aspect plus réfléchi
Steven : Ce qui me fascine, c’est ce qui se passe dans la tête des personnes dans les moments de crise. Ce qui m’enchante c’est l’humour et l’avant/après combat. Est-ce que ca répond à la question ?

Allan : La façon de faire tourner les différentes maisons à la tête de la politique n’est t’elle pas une référence au bouddhisme et à la roue de la fortune ?
Steven : Bien, il me semblait que c’était le plus raisonnable ??? Mais je ne l’ai pas fait consciemment.

Allan : il est assez difficile de parler de ton style dans la mesure où j’ai lu Jhereg en français : comment se passe une traduction : as-tu un droit de regard ? Ton agent supervise t-il lui-même les éditions étrangères ?
Steven : Hélas, non; je ne parle pas cette belle langue qu’est le français, donc j’espère juste la meilleure traduction.

Allan : je dois avouer que j’attends la suite avec impatience : accepterais tu de me dire quelles vont être les évolutions des personnages ? Et en particulier une question qui me tourne dans la tête depuis que j’ai lu la dernière page… Va-t-il réellement garder les deux Jhereg ?
Steven : Je peux te le dire, oui.

Allan : Steven, en avril parait “La Nuit du Prédateur” en France : quelle raison vous a poussé à écrire ensemble avec Megan Lindhom (NdW : alias Robin Hobb) ?
Steven : c’était drôle, aucune autre raison.

Allan : Pourquoi elle ?
Steven : C’est une écrivaine de talent et une joie de travailler avec elle

Allan : Quel est le secret pour réussir une écriture à quatre mains ?
Steven : Ecrire quelque chose que vous auriez aimé voir écrit par un autre, parce que vous voulez le lire. Ensuite, espèrer que les autres l’aime aussi.

Allan : Quels sont vos projets ? Dzur est il toujours prévu pour août ? (Dzur sera le 11ème volume de Vlad Taltos)
Steven : Je suis en train d’écrire un nouvel épisode de Vlad, et je suis aussi en cours de rédaction d’un roman pilote basé sur la série “Firefly” et sur le film “Serenity” (Pas certain de la traduction). Cependant, je ne pense pas que quelqu’un acceptera de le publier. Mais c’est très drole.

Allan : Quelle importance accordes-tu au demande – comme la notre – dans ton emploi du temps ? Les contacts avec les fans sont-ils essentiels ?
Steven : essentiel, non mais je les apprécie.

Allan : Que peut-on te souhaiter pour la suite ?
Steven : Rien ne me vient à l’esprit

Allan : une question habituelle : nous as-tu rendu visite et si oui, qu’est ce que tu en penses ?
Steven : Hélas, je ne parle pas français, je ne peux pas juger.

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