J’vous imaginais pas comme ça de Tom Holt

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DILVICH :

Malcom Fisher est un homme simple… enfin très simple, façon gentille de dire qu’il est en dessous de la moyenne des personnes dont l’on dirait qu’ils ont une personnalité.
Alors lorsqu’il écrase et tue un blaireau (en voiture bien sur, pas à pied), et que celui-ci lui parle, il est évident que quelque chose ne va pas. Cela va aller en empirant lorsque ce même blaireau, incarnation du dernier Géant de la mythologie nordique, lui apprend qu’il va devenir, séance tenante, le maître du monde. Le Vrai Maître. Seulement il y a d’autres prétendants pour ce poste, des dieux, des nains, de jeunes femmes frêles et chétives, mais adorables… Tout cela va se passer sous les yeux de deux corbeaux, Pensée et Mémoire, pour l’instant au service du plus terrible des adversaires de Malcom, le père des dieux, Odin.

J’vous imaginais pas comme ça est le premier livre de Tom Holt. Depuis il en a écrit 26 autres, dont une fausse autobiographie de Margaret Thatcher. Il est présenté comme l’outsider, en Grande-Bretagne, de Terry Pratchett, pour ceux qui connaissent.
En plus, la présence de Josh Kirby comme illustrateur ne fait que rajouter à l’ “ambiance”.

Je n’aime pas comparer des auteurs, mais là, comme Tom Holt marche sur les plates bandes de Terry Pratchett, et de façon éhontée 😉 , allons-y. Tom Holt ne fait pas du Terry Pratchett. Ce qui est déjà une bonne chose, ou plutôt qui aurait été dommage pour les deux auteurs. Son humour est moins grinçant et surtout, il a sa propre écriture. Il partage une même vision politico-socio-économique que Pratchett. Ce n’est pas aussi développé que dans un volume des Annales du disque monde, nous avons affaire à un roman unique. Comme pour son co-fantasy-fantaisiste, il utilise, sans pour autant être ni moraliste ni fatigant, son histoire pour faire une photographie du monde. Nous avons là un autre très bon cuisinier des mots, qui sait mitonner son plat, son histoire, ajoutant ses ingrédients, sociologie, économie, politique, sentiments sans l’alourdir, jetant avec aisance une pincée d’humour, plus pour le plaisir du palais, que pour relever une histoire déjà goûteuse.

On trouve aussi des rapports forts entre les personnages, et de jolies vulgarisations. Par exemple, la relecture de l’Opéra de Wagner par Malcom, qui ne peut être que différente lorsque l’on a les personnages réels sous la main, ou presque. Ou bien différentes définitions de l’humanité ou de l’amour données par des personnages nécessairement objectifs, puisque non humain (ha, c’est pas un argument.bon ben …).

Juste un petit passage, en ouvrant le livre au hasard…

Malcom s’adresse à un couple de canard. Entre autre pouvoir, il y a dans le pack “Maître du monde” celui de parler avec les oiseaux.
– Ce n’est pas ce que je voulais dire. Je voulais dire que parce que vous vous aimez, tout va bien. Cela suffit à faire marcher votre couple.
– Qu’y a-t-il de si surprenant ?
– Tout, dit Malcom. Enfin, c’est ce qu’il semble.
– Les humains ! s’exclama le mâle en riant. Et c’est vous qui gouvernez le monde. Pas étonnant que les rivières soient pleine de cadmium.”

ETIENNE

Effectivement, je suis tenté de comparer à Pratchett puisque celui-ci est l’Etalon de la light fantasy. Disons que si Pratchett fait un mètre, ce roman fait 15cm.

L’histoire a le mérite d’explorer une mythologie rarement rencontrée sauf chez Marvel et chez Gaiman (american gods): les héros nordiques. Ils existent encore tous et ne pensent qu’à retrouver un anneau magique qui va tomber dans les mains d’un gentil qui aura une incidence bénéfique sur le monde. Et voilà, c’est presque fini. Car l’histoire est franchement fine : vous rajoutez un peu d’amour et c’est complètement fini. Tout le reste n’est que du remplissage humoristique. Quand Pratchett fait une histoire ET de l’humour, Holt fait de l’humour. Ca détend certes, mais c’est insuffisant pour l’élever au rang de rival de Pratchett comme la 4eme de couv voudrait nous le faire croire (à quand un livre sur les 4eme de couv ?)

Bragelonne (2005)236 pages 17.00 € ISBN : 2-915549-30-3
Traduction : Marianne Feraud
Titre Original : Expecting someone taller (1987)

Couverture : Josh Birby

Malcom Fisher est un homme simple… enfin très simple, façon gentille de dire qu’il est en dessous de la moyenne des personnes dont l’on dirait qu’ils ont une personnalité.
Alors lorsqu’il écrase et tue un blaireau (en voiture bien sur, pas à pied), et que celui-ci lui parle, il est évident que quelque chose ne va pas. Cela va aller en empirant lorsque ce même blaireau, incarnation du dernier Géant de la mythologie nordique, lui apprend qu’il va devenir, séance tenante, le maître du monde. Le Vrai Maître. Seulement il y a d’autres prétendants pour ce poste, des dieux, des nains, de jeunes femmes frêles et chétives, mais adorables… Tout cela va se passer sous les yeux de deux corbeaux, Pensée et Mémoire, pour l’instant au service du plus terrible des adversaires de Malcom, le père des dieux, Odin.

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