Kaena, la proph

Kaena, jeune fille solitaire, aime dessiner près de la mer des nuages, loin de la sécurité du village. Suspendue sur une branche, elle est attaquée par un Sharken, une sorte de volatile géant carnivore qui n’hésite pas à la poursuivre à travers la forêt. Par le plus grand des hasards, elle tombe sur une branche où, tout en se blessant, elle trouve un objet taillé dans un matériau bizarre, le métal. Grâce à quoi elle réussira à repousser les assauts du prédateur.

De retour dans son village, elle doit encore une fois affronter l’hostilité des récolteurs de sève, qui exploitent la forêt pour y recueillir la précieuse sève, aliment de base des Sapien, le peuple de Kaena. Or, celle-ci se refuse à partager leur tâche, devenant ainsi une sorte de parasite qui profite du travail des autres sans travailler. Mais elle est la fille adoptive d’Elaïm, le grand prêtre, et personne n’ose trop la critiquer.

Mais suite à une secousse qui ébranle Axis et provoque de graves dégâts à leur village, aussi bien par la destruction d’une partie du village que par la chute de certains de ses habitants, elle voit le grand prêtre exhorter la population à supporter la colère des dieux, alors que lui même se réfugie dans son temple. Elle le suit et se dispute violemment avec lui, lui montrant sa découverte. Il se blesse en voulant toucher son bout de métal et l’accuse de tentative de meurtre. Elle est bannie de la cité et doit s’enfuir, abandonnée par tous, sauf par Zehos, son ami d’enfance. Elle doit désormais trouver refuge dans la mer des Nuages, loin du confort de la cité.


Ce livre est une novellisation du film Kaena, la prophétie, premier film d’animation européen entièrement en 3D. C’est à partir du scénario qu’a travaillé Pierre Bordage, ce qui peut expliquer certaines différences avec le film, qu’il n’a pas vu lors de l’écriture. Nous pardonnerons donc ces différences de point de vue entre les deux oeuvres.

Il est d’abord de mon devoir de constater que c’est la première fois que Pierre Bordage travaille pour une collection jeunesse, ce qui est plutôt remarquable après 10 ans d’écriture tournée vers les adultes. En effet, il est plutôt difficile de réduire une intrigue à 200 pages quand un auteur comme lui a développé des histoires sur des milliers de pages ( par exemple, il y a eu le cycle des prophéties ou de l’enjomineur récemment). C’est donc un exercice de style assez inhabituel auquel cet auteur s’est soumis, d’autant plus que le public visé est plus exigeant, car plus prompt à lâcher un livre qui n’est pas prenant dès le départ. Voyons comment il s’en sort.

Un début en fanfare, rien de moins, de l’action dans tous les sens, ça se bouscule, ça fait des bagarres, il y a du sang partout et une victoire à la fin. Bon, pas trop violent le combat quand même, juste assez pour nous mettre en bouche, pour nous accrocher en fait! Et ça part très vite après, plus le temps de souffler! Entre disputes, explorations, combats et discussions. Pierre Bordage réussit à enchaîner impeccablement les scènes en alternant l’intense et le ralenti, afin de nous exciter puis de nous reposer le temps de nous dire quelques informations sur le monde, mais pas assez pour nous refroidir. Pour vous dire, si vous avez du temps devant vous, lisez le d’une traite, il n’en est que meilleur. Ce n’est pas un livre qui se repose en plein milieu pour faire autre chose, c’est tout ou rien, pas de reflexion dessus, juste la lecture.

En effet, ici lire est un vrai plaisir, l’objectif est réussi, le lecteur jeune sera indubitablement accroché, toutest réuni pour ça. Des héros fouillés mais pas trop, un scénario simple sans être caricatural, de l’action ni trop violente ni trop enfantine, tout dans la modération, comme convenu pour la tranche d’âge visée. Une lecture sans prise de tête en somme, mais qui n’omet pas de laisser poindre un léger message écologique.

Néanmoins, on reprochera parfois quelques explications un peu trop pointues à mon goût. Pour ma part, alors même que je suis habitué à lire de la Hard SF, je dois vous avouer que j’ai eu du mal à comprendre immédiatement certains concepts, tant ils sont peu évidents à expliquer. L’auteur a beau faire, ça ne passe pas, un adolescent fera probablement l’impasse dessus, pas la peine de s’en encombrer, il suffit juste de retenir la conséquence, même si les effets sont plutôt bizarres et passent mal dans le texte!

Mais ce n’est qu’un défaut mineur qui ne viendra guère entâcher l’enthousiasme qu’on peut ressentir à la lecture de cette oeuvre, qui prouve une fois de plus que les éditions Mango ont belles et bien leur place dans les collections jeunesses. Le livre est équilibré, interessant et facile à lire, il trouvera naturellement sa place dans les rayons des bibliothèques d’adolescents.

Axis,le monde-arbre est en danger de mort. Sa sève s’épuise et c’est en vain que son peuple implore les dieux. Habitée par d’étranges visions, Kaena est persuadée qu’Axis l’appelle à son secours. Jeune fille au caractère rebelle, elle brave les tabous de sa tribu et l’autorité d’Elaïm, le grand prêtre. Elle se lance dans un périlleux voyage jusqu’aux racines d’Axis, aidée par une mystérieuse créature venue d’un autre monde. L’effrayante vérité que Kaena découvrira au bout de sa quête la laissera à jamais profondément changée.

Mango Autres Mondes (2003)200 pages 10.50 € ISBN : 2-7404-1635-0 Couverture : Xilam Films
Avis Ciné : pas encore vu…

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