L.G.M. de Roland C. Wagner

Sur le plateau du larzac, un agent de la DGSE essaye de s’infiltrer dans un camp d’altermondialistes surnommés les Verts, qui se sont formés autour du culte du Martien photographié en 1967 à la surface de Mars. L’agent est lui même un ancien Vert qui a abandonné sa foi pour prêter serment à la France, et s’il ne se débrouille pas trop mal dans sa mission, il constate aussi qu’il est un peu rouillé dans le rôle du vert fanatique. Heureusement, les occupants du camp ne cachent pas leur hôte martien, et il a très vite l’occasion de lui parler, voire de jouer au poker avec. C’est à ce moment qu’arrivent des mercenaires américains qui tentent de le tuer et de kidnapper l’extraterrestre. Commence alors une fuite éperdue vers les lignes françaises, ponctuée de nombreux échanges de tirs et explosions, auxquelles il ne survit que par miracle semble-t’il, bien que le martien n’y soit pas totalement étranger. Juste avant d’être sauvé, il est assomé par une explosion. A son réveil dans un hopital militaire, on lui annonce le martien a encore disparu, enlevé par de nouveaux ravisseurs. Sa mission est de le retrouver cette fois encore, alors que son emplacement actuel n’est pas connu. Mais même s’il ne le sait pas, le martien n’est pas en danger, mais ses ravisseurs eux sont proches de l’asile pyschiatrique.

Une chronique normalement constituée intégrerait quelques mots bien sentis et trop rares comme “jubilatoire” ainsi que de nombreux points d’exclamations.
Il faut dire que ce roman est particulièrement plaisant et proche des futurs mystères de Paris par son humour, légèrement grincant, non dénué de message politique. On passe un vrai moment de détente : l’extrait de “Martiens go home” de Fredric Brown situé en début de livre marque bien la principale influence de LGM. Les deux ont une écriture assez proches même si je ne peux m’empecher de reprocher à RC Wagner l’introduction quasi rituel d’un blabla scientifique (ici ça s’appelle la fonction d’onde) dont on aurait pu se passer allègrement.

Peut importe, ça reste jubilatoire !

Le 18 juin 1967, le monde retient son souffle : Arès-1 vient de toucher le sol martien dans la région de Chrysia Planitia. Si l’atterrissage est brutal, la sonde américaine a le temps de transmettre un unique cliché. Sur la photo, première représentation in situ d’un monde extraterrestre : le gros plan d’un Petit Homme vert tirant la langue à l’objectif… La nouvelle fait l’effet dune bombe l’humanité n’est plus seule dans l’univers ! Trente ans plus tard, en pleine guerre froide devenue brûlante, alors que le bloc Est affirme sa suprématie moniale, que les États-Unis se balkanisent et foncent toit dans le mur de la dictature sous la houlette du Petit Buisson, leur président sortant, Mars envoie un ambassadeur. Le monde entier s’arrache immédiatement cet hôte de marque, mais ce dernier disparaît. Enlèvement politique ? Assassinat ? Quel épouvantable complot se trame derrière cour ça ? Pour la DGSE, qui enquête sur la disparition du Martien, la concurrence est rude, pour le moins… Entre uchronie débridée, récit d’espionnage, pamphlet politique acerbe et hommage assumé au Martiens, go home !de Fredric y Brown, L. G.M. s’impose avant tout comme un roman jubilatoire truffé de références en tous genres.
Le Bélial (Fevrier 2006)311 pages 15.00 € ISBN : 2-843-44071-8 Couverture : Philippe Gady

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *