La Compagnie Noire de Glen Cook

La Compagnie Noire 1

Dilvich :
La compagnie noire est une famille. Une famille de soudards, de tueurs sans merci, obéissant uniquement à leur capitaine. Une famille dont fait partie la mort. La compagnie noire, une troupe de mercenaire dont on est fière de faire partie. L’élite des guerriers, pour ce qui est du combat. Pour le reste, ce n’est pas vraiment ça. Viol, meurtre, traîtrise… le but est de vaincre, non de mourir. La compagnie noire à des siècle d’existence, parcourrant de contrat en contrat les guerres, les massacres, les soulèvements, les coups de force. Mais il n’y a pas de lâche chez eux. Lorsque l’on demande à faire partie d’elle, le passé est oublié, et seule compte la fraternité de la famille. Si il n’y a qu’une notion à se rappeler à son sujet c’est celle là.

Dans cette famille, on trouve le médecin, toubib. Il est celui qui soigne, mais qui combat aussi. Plus important, il est l’annaliste de la compagnie. Enfin le dernier en date. Il consigne les faits et gestes de chacun, mémoire de chaque homme, de chaque bataille. C’est lui qui va nous relater ce passage de leur histoire.

Toubib est le médecin de campagne, Qu’un Œil, Tam tam, Gobelin et Silence sont les mages qui protègent la compagnie, quatre personnalités qui ne font pas tâche parmi ces tueurs. Qu’un-Œil et Gobelin passent leur temps en défi de magie, un des seul «amusement » des hommes de la compagnie, avec le Tonk, un jeu de carte dont on trouve les règles sur le site de la Baltimore Science Fiction society. Silence, comme son nom l’indique ne dit rien, ne se mêlant à la vie de la compagnie que pour le combat, Tam-tam est le frère de Qu’un-Œil, et son nom vient du petit tambour qui l’accompagne toujours, dans sa magie ou dans ses discours. Je ne ferais pas la description des personnages de la troupe, tous ayant leur importance, comme Elmo le lieutenant, Corbeau, dernièrement recruté, ou Chérie, une petite fille sauvée par Corbeau et le Toubib… ben quoi, ils ont un cŒur, même s’il faut creuser profond pour le trouver.

A cette époque, la compagnie est en contrat avec le syndic d’une ville en plein chaos. Un contrat auquel il va être mis fin par faute d’employeur. De cette situation, il se retrouveront engagé au service d’un certain Volesprit (Déjà, avec un nom pareil, et dans un monde ou la magie existe, ils auraient pu se méfier, quoi…), et partiront pour un autre continent, où la guerre fait rage entre une gouvernante appelé la Dame, appuyée de dix puissants guerriers mage, les Asservis. Volesprit est l’un d’eux, créature qui s’exprime avec de nombreuse voix différentes. Il est de notoriété publique que ce camp est celui du mal. Mais cela n’est pas un problème pour la compagnie noire. Elle ne se bat pas pour une idéologie, mais pour la famille et l’argent. Les opposants sont les gentils, une armée innombrable menée par le Cercle, qui veut destituer la méchante Dame. Ca parait simple, mais ça en est très, très loin.

Dilvich :
Du sang de la chique et du mollard… Bon ça fait un peu bourrin, comme début de critique, mais pour une fois que l’on a la vie d’une troupe de mercenaire en live, sans fioriture, j’en profite. Ce récit est un vrai plaisir. Pas de grande démonstration de bien ou de mal. La guerre dans tout son ordinaire. Les raisons ? Pas de raison d’y réfléchir sauf pour sauver sa peau. Le bien et le mal, c’est l’histoire qui en décidera. Ce qui importe dans la compagnie, c’est d’avoir sa place dans l’histoire de la compagnie. Le reste, c’est de la politique. Simple.
Mélange d’ambiance typiquement moyenâgeuse, et de fantasy avec une débauche de magie, toutes plus différentes les unes que les autres, l’ambiance est noires à souhait.
Le personnage du Toubib, central par son, rôle d’annaliste et de rapporteur le devient aussi, beaucoup trop à son goût d’ailleurs dans la guerre qui se déroule. Et pour finir, un combat qui ramène au rang de bataille de récréation les final de David Gemmel dans Druss, qui était déjà pas mal caustotte.

Il y a six autres volumes qui suivent. Dites, Madame l’Atlante, vous pourriez pas les faire moins chers vos livre, même s’ils sont beau tout plein. Ha oui, la traduction est de Patrick Couton, le même qui traduit Les annales de lu Disque – monde, de Terry Pratchett. Qualité assurée.

Gil :
On a parfois un peu de mal à se retrouver dans tous ces noms et à se rappeler la fonction de chacun mais c’est logique quand on suit la vie d’une troupe de mercenaires. De même, les nombreux dialogues, impliquant plusieurs participants, ne facilitent pas toujours la compréhension. Mais il faut se rappeler que l’histoire est retranscrite par Toubib, en charge des annales de la compagnie, et qu’il n’a pas été le témoin de toutes les actions.

Ce livre est très riche et on se sent vite impliqué dans la vie de ces mercenaires, qui combattent pour leur employeur qui, une fois n’est pas coutume, semble plutôt être dans le camp des «méchants ».

Depuis des siècles, les traditions et souvenirs de la compagnie noire sont consignés dans les présentes annales. Depuis des siècles, la troupe se loue au plus offrant et les batailles qu’elle a livrées on déjà rempli maints volumes. Jamais pourtant elle n’aura traversé de période aussi trouble. Entrée au service de la dame et de ses sorciers maléfiques, la compagnie participe à l’une des plus sanglantes campagnes de son histoire. Les combats incessants, la magie noire qui empuantit l’air, bientôt les hommes tombent comme des mouches, et ceux qui restent debout commencent à se demander s’ils ont choisi le bon camp. Ce sont des mercenaires, ils sont dépravés, violents et ignares, sans foi ni loi, mais même eux peuvent avoir peur, très peur…
J’ai Lu n°7371 Fantasy (Novembre 2004)379 pages 7.30 € ISBN : 2-290-33058-2
Traduction : Patrick Couton
Titre Original : The Black company (1984)

Couverture :
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Editions L’atalante 1998

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